Pierre Corneille
Poèmes de Pierre Corneille (40)
Classés par titre (A–Z).
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À la marquiseMarquise, si mon visage A quelques traits un peu vieux, Souvenez-vous qu'à mon âge Vous ne vaudrez guère mieux. Le temps aux plus belles choses Se plaît à faire un affront, Et saura faner vos roses…
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À la marquise de B. A. T(Sur le départ de Madame la marquise.) Allez, belle marquise, allez en d'autres lieux Semer les doux périls qui naissent de vos yeux. Vous trouverez partout les âmes toutes prêtes A recevoir vos lois…
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À Mademoiselle SermentMadrigal. Mes deux mains a l'envi disputent de leur gloire, Et dans leurs sentiments jaloux Je ne sais ce que j'en dois croire. Philis, je m'en rapporte à vous, Réglez mon amour par le vôtre : Vous…
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À M. de Scudéry(Sur sa comédie du trompeur puni.) Ton Cléonte, par son trépas, Jette un puissant appas À la supercherie Vu l'éclat infini Qu'il reçoit de ta plume après sa tromperie, Chacun voudra tromper pour être…
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À Monseigneur de GuiseCroissez, jeune héros ; notre douleur profonde N'a que ce doux espoir qui la puisse affaiblir. Croissez, et hâtez-vous de faire voir au monde Que le plus noble sang peut encor s'ennoblir. Croissez…
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À Monsieur D. L. TEnfin échappé du danger Où mon sort me voulut plonger, L'expérience indubitable Me fait tenir pour véritable Que l'on commence d'être heureux Quand on cesse d'être amoureux, Lorsque notre âme s'est…
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ChagrinUsez moins avec moi du droit de tout charmer ; Vous me perdrez bientôt si vous n'y prenez garde. J'aime bien a vous voir, quoi qu'enfin j'y hasarde ; Mais je n'aime pas bien qu'on me force d'aimer.…
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Amourettes de jeune hommeJ'ai fait autrefois de la bête, J'avais des Philis à la tête, J'épiais les occasions, J'épiloguais mes passions, Je paraphrasais un visage. Je me mettais à tout usage, Debout, tête nue, à genoux,…
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Au Roi(Sur la conquête de la Franche-Comté.) Quelle rapidité, de conquête en conquête, En dépit des hivers guident tes étendards ? Et quel dieu dans tes yeux tient cette foudre prête Qui fait tomber les…
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Au Roi (I)(Sur la prise de Maastricht.) Grand roi, Maastricht est pris, et pris en treize jours : Ce miracle était sûr à ta haute conduite, Et n'a rien d'étonnant que cette heureuse suite Qui de tes grands…
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ChansonSi je perds bien des maîtresses, J'en fais encor plus souvent, Et mes vœux et mes promesses Ne sont que feintes caresses, Et mes vœux et mes promesses Ne sont jamais que du vent. Quand je vois un…
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Chanson (I)Toi qui près d'un beau visage Ne veux que feindre l'amour, Tu pourrais bien quelque jour Éprouver à ton dommage Que souvent la fiction Se change en affection. Tu dupes son innocence, Mais enfin ta…
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Deux sonnetsDeux sonnets partagent la ville, Et semblent vouloir à leur tour Rallumer la guerre civile. Le plus sot et le plus habile En mettent leur avis au jour, Et ce qu'on a pour eux d'amour A plus d'un…
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ÉpigrammesTraduites du latin d'Audoenus (Owen). Liv. I, . Ép. 30. Jeanne, toute la journée, Dit que le joug d'hyménée Est le plus âpre de tous ; Mais la pauvre créature, Tout le long de la nuit, jure Qu'il…
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Épitaphe(Sur la mort de Mademoiselle Élisabeth Ranquet, Femme de M. Du Chevreul, Écuyer, Seigneur d'Esturnville.) Ne verse point de pleurs sur cette sépulture, Passant : ce lit funèbre est un lit précieux,…
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EspéranceD'un accueil si flatteur, et qui veut que j'espère, Vous payez ma visite alors que je vous vois, Que souvent à l'erreur j'abandonne ma foi, Et croîs seul avoir droit d'aspirer à vous plaire. Mais si…
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Eve et MarieHomme, qui que tu sois, regarde Eve et Marie, Et comparant ta mère à celle du Sauveur, Vois laquelle des deux en est le plus chérie, Et du Père Eternel gagne mieux la faveur. L'une à peine respire et…
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Excuse à AristeCe n'est donc pas assez ; et de la part des muses, Ariste, c'est en vers qu'il vous faut des excuses ; Et la mienne pour vous n'en plaint pas la façon : Cent vers lui coûtent moins que deux mots de…
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InquiétudeJe vous estime, Iris, et crois pouvoir sans crime Permettre à mon respect un aveu si charmant : Il est vrai qu'à chaque moment Je songe que je vous estime. Cette agréable idée, où ma raison s'abîme,…
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JalousieN'aimez plus tant, Phylis, à vous voir adorée : Le plus ardent amour n'a pas grande durée ; Les nœuds les plus serrés sont le plus tôt rompus ; A force d'aimer trop, souvent on n'aime plus, Et ces…
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Je ne puis aimerStance. Que vous sert-il de me charmer ? Où je ne vois rien à prétendre ; Je sens naître et mourir ma flamme à votre aspect, Et si pour la beauté j'ai toujours l'âme tendre, Jamais pour la vertu je…
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La fleur d'orangeMadrigal. Du palais d'émeraude où la riche nature M'a fait naître et régner avecque majesté, Je viens pour adorer la divine beauté Dont le soleil n'est rien qu'une faible peinture. Si je n'ai point…
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La mort du Roi Louis XIIISous ce marbre repose un monarque sans vice, Dont la seule bonté déplut aux bons François, Et qui pour tout péché ne fit qu'un mauvais choix Dont il fut trop longtemps innocemment complice.…
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La pesteStance. J'ai vu la peste en raccourci : Et s'il faut en parler sans feindre, Puisque la peste est faite ainsi, Peste, que la peste est à craindre ! De cœurs qui n'en sauraient guérir Elle est partout…
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La tulipeMadrigal Au soleil. Bel astre à qui je dois mon être et ma beauté, Ajoute l'immortalité A l'éclat non pareil dont je suis embellie ; Empêche que le temps n'efface mes couleurs : Pour trône donne-moi…
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Le presbytère d'HénouvilleVois à loisir ce lieu champêtre ; Les jours y coulent sans ennuis : Tâche, si tu peux, de connaître Tant d'herbes, de fleurs, et de fruits. Ces animaux que tu poursuis, Ces oiseaux que tu vois…
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L'immortelle blancheMadrigal. Donnez-moi vos couleurs, tulipes, anémones ; Œillets, roses, jasmins, donnez-moi vos odeurs ; Des contraires saisons le froid ni les ardeurs Ne respectent que les couronnes Que l'on compose…
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Ode(Au Révérend Père Delidel de la Compagnie de Jésus, sur son traité de la Théologie des Saints.) Toi qui nous apprends de la Grâce Quelle est la force et la douceur, Comme elle descend dans un cœur,…
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Perdu au jeuJe chéris ma défaite, et mon destin m'est doux, Beauté, charme puissant des yeux et des oreilles : Et je n'ai point regret qu'une heure auprès de vous Me coûte en votre absence et des soins et des…
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Que la vérité parleCe texte est une traduction de Pierre Corneille d'une œuvre anonyme de piété chrétienne de la fin du XIV e ou début du XV e s. (Que la vérité parle au dedans du coeur sans aucun bruit de paroles.)…
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Regrets d'amourStance. Caliste, lorsque je vous vois, Dirai-je que je vous admire ? C'est vous dire bien peu pour moi, Et peut-être c'est trop vous dire. Je m'expliquerais un peu mieux Pour un moindre rang que le…
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Rondeau - Je pense à vousJe pense à vous voir tant d'attraits, Qu'Amour vous a formée exprès Pour faire que sa fête on chôme, Car vous en avez une somme Bien dangereuse à voir de près. Vous êtes belle plus que très, Et vous…
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Sur le cardinal de RichelieuQu'on parle mal ou bien du fameux cardinal, Ma prose ni mes vers n'en diront jamais rien : Il m'a fait trop de bien pour en dire du mal ; Il m'a fait trop de mal pour en dire du bien.
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Sur une absenceStance. Depuis qu'un malheureux adieu Rendit vers vous ma flamme criminelle, Tout l'univers, prenant votre querelle, Contre moi conspire en ce lieu. Ayant osé me séparer Du beau soleil qui luit seul…
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Vos beaux yeuxChanson. N'adressent pas bien leurs coups, Tête chauve et barbe grise Ne sont pas viande pour vous ; Quand j'aurais l'heure de vous plaire, Ce serait perdre du temps ; Iris, que pourriez-vous faire…
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Rondeaux, de Pierre CorneilleCe recueil de poésie vous propose 1 rondeau de Pierre Corneille , poète et dramaturge français né le 6 juin 1606 à Rouen et mort le 1 er octobre 1684 à Paris.
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Au RoyEst-il vrai, grand Monarque, et puis-je me vanter Que tu prennes plaisir à me ressusciter ; Qu’au bout de quarante ans Cinna, Pompée, Horace, Reviennent à la mode et retrouvent leur place, Et que…
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Epitaphe sur la mort de damoiselle Elisabeth RanquetNe verse point de pleurs sur cette sépulture, Passant ; ce lit funèbre est un lit précieux, Où gît d’un corps tout pur la cendre toute pure ; Mais le zèle du coeur vit encore en ces lieux. Avant que…
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Sur la mort du Roi Louis XIIISous ce marbre repose un monarque sans vice, Dont la seule bonté déplut aux bons François, Et qui pour tout péché ne fit qu’un mauvais choix Dont il fut trop longtemps innocemment complice.…
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Stances à MarquiseMarquise, si mon visage A quelques traits un peu vieux, Souvenez-vous qu’à mon âge Vous ne vaudrez guère mieux. Le temps aux plus belles choses Se plaît à faire un affront, Et saura faner vos roses…
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