Ode
(Au Révérend Père Delidel de la Compagnie de Jésus, sur son traité de la Théologie des Saints.) Toi qui nous apprends de la Grâce Quelle est la force et la douceur, Comme elle descend dans un cœur, Comme elle agit, comme elle passe, Docte Ecrivain, dont l'œil perçant, Va jusqu'au sein du Tout-puissant Pénétrer ce profond abîme, Que les hommes te vont devoir ! Et que le prix en est ineffable et sublime, De ces biens que par-là tu mets en leur pouvoir ! Oui, tant que durera ta course, Tu peux, mortel, à pleines mains ; Puiser des bonheurs souverains En cette inépuisable source. Un guide si bien éclairé, Te conduit d'un pas assuré Au vivant Soleil qui l'éclaire ; Suis, mais avec zèle, avec foi, Suis, dis-je, tu verras tout ce qu'il te faut faire, Et si tu ne le fais, il ne tiendra qu'à toi. Tu pèches, mais un Dieu pardonne, Et pour mériter ce pardon, II te sait ce précieux don, II n'en est avare à personne. Reçois avec humilité, Conserve avec fidélité, Ce grand appui de ta faiblesse. Avec lui ton vouloir peut tout, Sans lui tu n'es qu'ordure, impuissance, bassesse, Fais-en un bon usage, et la gloire est au bout. C'en est la digne récompense ; Mais aussi, tu le dois savoir, Cet usage est en ton pouvoir, II dépend de ta vigilance : Tu peux t'endormir, t'arrêter, Tu peux même le rejeter Ce don, sans qui ta perte est sûre, Et n'en tireras aucun fruit, Si tu défères plus aux sens, à la nature ; Qu'aux mouvement sacrés qu'en ton âme il produit. J'en connaît par toi l'efficace, Savant et pieux Ecrivain, Qui jadis de ta propre main M'as élevé sur le Parnasse ; C'était trop peu pour ta bonté Que ma jeunesse eût profité Des leçons que tu m'as données ; Tu portes plus loin ton amour, Et tu veux qu'aujourd'hui mes dernières années De tes instructions profitent à leur tour. Je suis ton disciple, et peut-être Que l'heureux éclat de mes vers Éblouit assez l'univers, Pour faire peu de honte au Maître. Par une plus sainte leçon Tu m'apprends de quelle façon Au vice on doit faire la guerre. Puissé-je en user encore mieux, Et comme je te dois ma gloire sur la terre ! Puissé-je te devoir un jour celle des cieux !
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