Albert Samain
Poèmes de Albert Samain (86)
Classés par titre (A–Z).
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À Marceline Desbordes-ValmoreL'amour, dont l'autre nom sur terre est la douleur, De ton sein fit jaillir une source écumante, Et ta voix était triste et ton âme charmante, Et de toi la pitié divine eût fait sa sœur. Ivresse ou…
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Amphise et MelittaAssis au bord du lac où baignent leurs pieds nus, Amphise et Melitta, depuis qu'ils sont venus, Immobiles, les doigts unis les lèvres closes, S'enivrent du beau soir d'or limpide et de roses, Et…
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ArpègeL'âme d'une flûte soupire Au fond du pare mélodieux ; Limpide est l'ombre où l'on respire Ton poème silencieux, Nuit de langueur, nuit de mensonge, Qui poses d'un geste ondoyant Dans ta chevelure de…
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AutomneLe vent tourbillonnant, qui rabat les volets, Là-bas tord la forêt comme une chevelure. Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets. L'Automne qui…
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Axilis au ruisseauAxilis, allongé sur l'herbe de la rive, Suit d'un œil nonchalant le clair ruisseau d'eau vive Qui court, léger d'aurore, au milieu des prés verts. Le bois s'éveille à peine, et les champs sont…
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Blotti comme un oiseauBlotti comme un oiseau frileux au fond du nid, Les yeux sur ton profil, je songe à l'infini... Immobile sur les coussins brodés, j'évoque L'enchantement ancien, la radieuse époque, Et les rêves au…
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Ce soir, ta chair maladeCe soir, ta chair malade a des langueurs inertes ; Entre tes doigts fiévreux meurent tes beaux glaïeuls ; Ce soir, l'orage couve, et l'odeur des tilleuls Fait pâlir par instants tes lèvres…
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Chanson d'étéLe soleil brûlant Les fleurs qu'en allant Tu cueilles, Viens fuir son ardeur Sous la profondeur Des feuilles. Cherchons les sentiers À demi frayés Où flotte, Comme dans la mer, Un demi-jour vert De…
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Chanson violetteEt ce soir-là, je ne sais, Ma douce, à quoi tu pensais, Toute triste, Et voilée en ta pâleur, Au bord de l'étang couleur D'améthyste. Tes yeux ne me voyaient point ; Ils étaient enfuis loin, loin De…
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ClydieSur le vieux banc qu'ombrage un vert rideau de vigne Clydie aux bandeaux purs, Clydie au col de cygne Dévide, pour broder des oiseaux et des fleurs, Un écheveau de soie aux brillantes couleurs.…
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Comme une grande fleurComme une grande fleur trop lourde qui défaille, Parfois, toute en mes bras, tu renverses ta taille Et plonges dans mes yeux tes beaux yeux verts ardents, Avec un long sourire où miroitent tes…
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Comme un père en ses brasComme un père en ses bras tient une enfant bercée Et doucement la serre, et, loin des curieux, S'arrête au coin d'un mur pour lui baiser les yeux, Je te porte couvée au secret de mon âme, Ô toi que…
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ConfinsDans l'ombre tiède, où toute emphase s'atténue, Sur les coussins, parmi la flore des lampas, L'effeuillement des heures d'or qu'on n'entend pas Vibrer ainsi qu'un son d'archet qui diminue. S'affiner…
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Damœtas et MethymneDamœtas le poète et Methymne le sage, Dans l'agreste douceur d'un calme paysage Où brille une eau courante, où paissent des troupeaux, Assis près de la ruche, alternent leurs propos. Methymne…
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Dans le parc aux lointainsDans le parc aux lointains voilés de brume, sous Les grands arbres d'où tombe avec un bruit très doux L'adieu des feuilles d'or parmi la solitude, Sous le ciel pâlissant comme de lassitude, Nous…
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DestinsÔ femme, chair tragique, exquisément amère, Femme, notre mépris sublime et notre Dieu, Ô monstre de douceur, et cavale de feu, Qui galopes plus vite encor que la Chimère. Femme, qui nous attends dans…
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Devant la mer, un soirDevant la mer, un soir, un beau soir d'Italie, Nous rêvions... toi, câline et d'amour amollie, Tu regardais, bercée au cœur de ton amant, Le ciel qui s'allumait d'astres splendidement. Les souffles…
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DilectionJ'adore l'indécis, les sons, les couleurs frêles, Tout ce qui tremble, ondule, et frissonne, et chatoie : Les cheveux et les yeux, l'eau, les feuilles, la soie, Et la spiritualité des formes grêles ;…
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ElégieL'heure comme nous rêve accoudée aux remparts. Penchés vers l'occident, nous laissons nos regards Sur le port et la ville, où le peuple circule, Comme de grands oiseaux tourner au crépuscule. Des…
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En printempsEn printemps, quand le blond vitrier Ariel Nettoie à neuf la vitre éclatante du ciel, Quand aux carrefours noirs qu'éclairent les toilettes En monceaux odorants croulent les violettes Et le lilas…
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ErmioneLe ciel suave était jonché de pâles roses... Tes yeux tendres au fond de ton large chapeau Rêvaient : tu flottais toute aux plis d'un grand manteau, Et ton coeur, qu'inclinaient d'inexprimables…
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Even-tideDans la lente douceur d'un soir des derniers jours La ville haletante exhale ses fumées. Frère de nonchaloir, le fleuve aux eaux lamées Roule un flot de légende au pied des vieilles tours. Le peuple,…
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ExtaseMon cœur dans le silence a soudain tressailli, Comme une onde que trouble une brise inquiète ; Puis la paix des beaux soirs doucement s'est refaite, Et c'est un calme ciel qu'à présent je reflète En…
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Extrême-OrientI. Le fleuve au vent du soir fait chanter ses roseaux. Seul je m'en suis allé. — J'ai dénoué l'amarre, Puis je me suis couché dans ma jonque bizarre, Sans bruit, de peur de faire envoler les oiseaux.…
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Hermione et les bergersPalès fait gazouiller la flûte sous ses doigts, Mélène sous sa lèvre anime le hautbois, Et chacun à son tour que la lutte stimule Module un chant qui monte au fond du crépuscule ; Hermione aux longs…
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HiverLe ciel pleure ses larmes blanches Sur les jours roses trépassés ; Et les amours nus et gercés Avec leurs ailerons cassés Se sauvent, frileux, sous les branches. Ils sont finis les soirs tombants,…
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HyacinthePour la voir aussitôt m'apparaître, fidèle Je n'ai qu'à prononcer son nom mélodieux, Comme si quelque instinct miséricordieux D'avance lui disait l'heure où j'ai besoin d'elle. Je la trouve toujours,…
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IldaPâle comme un matin de septembre en Norvège, Elle avait la douceur magnétique du nord ; Tout s'apaisait près d'elle en un tacite accord, Comme le bruit des pas s'étouffe dans la neige. Son visage,…
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Il est d'étranges soirsIl est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme, Où dans l'air énervé flotte du repentir, Où sur la vague lente et lourde d'un soupir Le cœur le plus secret aux lèvres vient mourir. Il est…
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IncantationÔ nuit magicienne, ô douce, ô solitaire, Le paysage avec sa flûte de roseau T'accueille ; et tes pieds nus posés sur le coteau Font tressaillir le cœur fatigué de la terre. Laissant fuir de ses…
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InvitationMon cœur est un beau lac solitaire qui tremble, Hanté d'oiseaux furtifs et de rameaux frôleurs, Où le vol argenté des sylphes bleus s'assemble En un soir diaphane où défaillent des fleurs. La lune y…
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KeepsakeSa robe était de tulle avec des roses pâles, Et rose pâle était sa lèvre, et ses yeux froids, Froids et bleus comme l'eau qui rêve au fond des bois. La mer Tyrrhénienne aux langueurs amicales.…
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La bulleBathylle, dans la cour où glousse la volaille, Sur l'écuelle penché, souffle dans une paille ; L'eau savonneuse mousse et bouillonne à grand bruit, Et déborde. L'enfant qui s'épuise sans fruit Sent…
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La coupeAu temps des Immortels, fils de la vie en fête, Où la Lyre élevait les assises des tours, Un artisan sacré modela mes contours Sur le sein d'une vierge, entre ses sœurs parfaite, Des siècles je…
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La grenouilleEn ramassant un fruit dans l'herbe qu'elle fouille, Chloris vient d'entrevoir la petite grenouille Qui, peureuse, et craignant justement pour son sort, Dans l'ombre se détend soudain comme un…
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La prière du convalescentLes jardins odorants balancent leurs panaches. L'eau miroite au soleil, et le ciel est heureux. Mon cœur, tu peux rentrer dans l'ombre où tu te caches ; Ton impuissance insulte au monde vigoureux.…
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LarmesLarmes aux fleurs suspendues, Aux mousses des rochers creux ; Larmes d'automne épandues, Dans les grands bois douloureux ; Larmes des cloches latines, Carmélites, Feuillantines... Voix des beffrois…
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La sagessePolybe, le vieillard aux secrets merveilleux, Que cent ans de sagesse ont fait semblable aux dieux, Assis près de Clydès le pâtre sur la mousse, Écoute, en lui parlant, descendre la nuit douce, Et…
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La Toison d'orNoire dans la nuit bleue, Agrô vogue, rapide. Les Chefs, au crépuscule évoquant la maison, Tristes se sont couché, et dorment. Seul, Jason, Debout, veille et poursuit son grand rêve intrépide. La…
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La Tourterelle d'AmymoneAmymone en ses bras a pris sa tourterelle, Et, la serrant toujours plus doucement contre elle, Se plaît à voir l'oiseau, docile à son désir, Entre ses jeunes seins roucouler de plaisir. Même elle…
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Le bonheurPour apaiser l'enfant qui, ce soir, n'est pas sage, Églé, cédant enfin, dégrafe son corsage, D'où sort, globe de neige, un sein gonflé de lait. L'enfant, calmé soudain, a vu ce qu'il voulait, Et de…
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Le boucherArdagôn le boucher, à la rouge encolure, Un grand couteau luisant passé dans sa ceinture, Pousse hors de l'étable et conduit au hangar Le bœuf sur qui la vache attache un long regard. Les enfants du…
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Le cortège d'AmphitriteLe cortège léger glisse aux plaines liquides ; Une rose lueur teinte le flot changeant ; C'est la jeune Amphitrite, en sa conque d'argent, Qui passe sur la mer avec ses Néréides. L'archipel a surgi…
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Le laboureurMars préside aux travaux de la jeune saison ; À peine l'aube errante au bord de l'horizon Teinte de pâle argent la mare solitaire, Le laboureur, fidèle ouvrier de la terre, Penché sur la charrue,…
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Le marchéSur la petite place, au lever de l'aurore, Le marché rit joyeux, bruyant, multicolore, Pêle-mêle étalant sur ses tréteaux boiteux Ses fromages, ses fruits, son miel, ses paniers d'œufs, Et, sur la…
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Le petit PalémonLe petit Palémon, grand de huit ans à peine, Maintient en vain le bouc qui résiste et l'entraîne, Et le force à courir à travers le jardin, Et brusquement recule et s'élance soudain. Ils luttent…
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Le repas préparéMa fille, laisse là ton aiguille et ta laine ; Le maître va rentrer ; sur la table de chêne Avec la nappe neuve aux plis étincelants Mets la faïence claire et les verres brillants. Dans la coupe…
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Les colombesPartout la mer unique étreint l'horizon nu, L'horizon désastreux où la vieille arche flotte ; Au pied du mât penchant l'Espérance grelotte, Croisant ses bras transis sur son cœur ingénu. Depuis mille…
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Les constellationsClydie, au crépuscule assise dans les fleurs, Regarde, à l'orient, de ses beaux yeux rêveurs Les constellations, claires géométries, Au velours bleu du soir fixer leurs pierreries. Mélanthe les…
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Le sommeil de CanopeAccoudés sur la table et déjà noyés d'ombre, Du haut de la terrasse à pic sur la mer sombre, Les amants, écoutant l'éternelle rumeur, Se taisent, recueillis devant le soir qui meurt. Alcis songe,…
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Les sirènesLes Sirènes chantaient... Là-bas, vers les îlots, Une harpe d'amour soupirait, infinie ; Les flots voluptueux ruisselaient d'harmonie Et des larmes montaient aux yeux des matelots. Les Sirènes…
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Les vierges au crépuscule— Naïs, je ne vois plus la couleur de tes bagues... — Lydé, je ne vois plus les cygnes sur les vagues... — Naïs, n'entends-tu pas la flûte des bergers ? — Lydé, ne sens-tu pas l'odeur des orangers ?…
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L'hermaphroditeVers l'archipel limpide, où se mirent les Iles, L'Hermaphrodite nu, le front ceint de jasmin, Épuise ses yeux verts en un rêve sans fin ; Et sa souplesse torse empruntée aux reptiles, Sa cambrure…
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L'indifférentDans le parc vaporeux où l'heure s'énamoure, Les robes de satin et les sveltes manteaux Se mêlent, reflétés au ciel calme des eaux, Et c'est la fin d'un soir infini qu'on savoure. Les éventails sont…
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MidiAu zénith aveuglant brûle un globe de flamme, Le ciel entier frémit criblé de flèches d'or. Immobile et ridée à peine la mer dort, La mer dort au soleil comme une belle femme. Ça et là, dans le creux…
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MnasyleLe troupeau maigre épars aux roches du rivage Broute le noir genièvre et la menthe sauvage... Au large la mer luit comme un métal ardent. Soudain le bouc lascif se dresse et, titubant, Sur la chèvre…
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Mon âme est une infanteDont l'exil se reflète, éternel et royal, Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial, Ainsi qu'une galère oubliée en la rade. Aux pieds de son fauteuil, allongés noblement, Deux lévriers d'Écosse…
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MusiquePuisqu'il n'est point de mots qui puissent contenir, Ce soir, mon âme triste en vouloir de se taire, Qu'un archet pur s'élève et chante, solitaire, Pour mon rêve jaloux de ne se définir. Ô coupe de…
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Musique sur l'eauOh ! Écoute la symphonie ; Rien n'est doux comme une agonie Dans la musique indéfinie Qu'exhale un lointain vaporeux ; D'une langueur la nuit s'enivre, Et notre cœur qu'elle délivre Du monotone…
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Myrtil et PalémoneMyrtil et Palémone, enfants chers aux bergers, Se poursuivent dans l'herbe épaisse des vergers, Et font fuir devant eux, en de bruyantes joies, La file solennelle et stupide des oies. Or Myrtil a…
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Nuit blancheCette nuit, tu prendras soin que dans chaque vase Frissonne, humide encore, une gerbe de fleurs. Nul flambeau dans la chambre — où tes chères pâleurs Se noieront comme un rêve en des vapeurs de gaze.…
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Nyza chanteLa famille nombreuse, et par les dieux comblée, Tout autour de la table est encor rassemblée : Elyone au long col, Lydie aux seins naissants, Nyza dont la voix triste a de si purs accents, Myrte…
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Octobre est douxOctobre est doux. — L'hiver pèlerin s'achemine Au ciel où la dernière hirondelle s'étonne. Rêvons... le feu s'allume et la bise chantonne. Rêvons... le feu s'endort sous sa cendre d'hermine.…
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OrgueilJ'ai secoué du rêve avec ma chevelure. Aux foules où j'allais, un long frisson vivant Me suivait, comme un bruit de feuilles dans le vent ; Et ma beauté jetait des feux comme une armure. Au large…
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Promenade à l'étangLe calme des jardins profonds s'idéalise. L'âme du soir s'annonce à la tour de l'église ; Écoute, l'heure est bleue et le ciel s'angélise. À voir ce lac mystique où l'azur s'est fondu, Dirait-on pas,…
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RhodanteDans l'après midi chaude où dorment les oiseaux Au fond de l'antre empli d'un clair murmure d'eaux Rhodante, nue, a fui les champs où luit la flamme ; Et sa ceinture gît sur ses voiles de femme.…
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SilenceLe silence descend en nous, Tes yeux mi-voilés sont plus doux ; Laisse mon cœur sur tes genoux. Sous ta chevelure épandue De ta robe un peu descendue Sort une blanche épaule nue. La parole a des…
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Soirs (I)Calmes aux quais déserts s'endorment les bateaux. Les besognes du jour rude sont terminées, Et le bleu Crépuscule aux mains efféminées Éteint le fleuve ardent qui roulait des métaux. Les ateliers…
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Soirs (II)Le Séraphin des soirs passe le long des fleurs... La Dame-aux-Songes chante à l'orgue de l'église ; Et le ciel, où la fin du jour se subtilise, Prolonge une agonie exquise de couleurs. Le Séraphin…
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Soirs (III)Le ciel comme un lac d'or pâle s'évanouit, On dirait que la plaine, au loin déserte, pense ; Et dans l'air élargi de vide et de silence S'épanche la grande âme triste de la nuit. Pendant que çà et là…
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Ton souvenir est comme un livreQu'on lit sans cesse, et qui jamais n'est refermé, Un livre où l'on vit mieux sa vie, et qui vous hante D'un rêve nostalgique, où l'âme se tourmente. Je voudrais, convoitant l'impossible en mes vœux,…
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Vague et noyéeVague et noyée au fond du brouillard hiémal, Mon âme est un manoir dont les vitres sont closes, Ce soir, l'ennui visqueux suinte au long des choses, Et je titube au mur obscur de l'animal. Ma pensée…
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Ville morteVague, perdue au fond des sables monotones, La ville d'autrefois, sans tours et sans remparts, Dort le sommeil dernier des vieilles Babylones, Sous le suaire blanc de ses marbres épars. Jadis elle…
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VioleMon cœur, tremblant des lendemains, Est comme un oiseau dans tes mains Qui s'effarouche et qui frissonne. Il est si timide qu'il faut Ne lui parler que pas trop haut Pour que sans crainte il…
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XanthisAu vent frais du matin frissonne l'herbe fine ; Une vapeur légère aux flancs de la colline Flotte ; et dans les taillis d'arbre en arbre croisés Brillent, encore intacts, de longs fils irisés. Près…
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BacchanteJ’aime invinciblement. J’aime implacablement. Je sais qu’il est des coeurs de neige et de rosée ; Moi, l’amour sous son pied me tient nue et brisée ; Et je porte mes sens comme un mal infamant. Ma…
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Dans le parc …Dans le parc aux lointains voilés de brume, sous Les grands arbres d’où tombe avec un bruit très doux L’adieu des feuilles d’or parmi la solitude, Sous le ciel pâlissant comme de lassitude, Nous…
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ForêtsVastes Forêts, Forêts magnifiques et fortes, Quel infaillible instinct nous ramène toujours Vers vos vieux troncs drapés de mousses de velours Et vos étroits sentiers feutrés de feuilles mortes ? Le…
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IdéalHors la ville de fer et de pierre massive, À l’aurore, le choeur des beaux adolescents S’en est allé, pieds nus, dans l’herbe humide et vive, Le coeur pur, la chair vierge et les yeux innocents.…
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La chimèreLa chimère a passé dans la ville où tout dort, Et l’homme en tressaillant a bondi de sa couche Pour suivre le beau monstre à la démarche louche Qui porte un ciel menteur dans ses larges yeux d’or.…
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La cuisineDans la cuisine où flotte une senteur de thym, Au retour du marché, comme un soir de butin, S’entassent pêle-mêle avec les lourdes viandes Les poireaux, les radis, les oignons en guirlandes, Les…
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Le berceauDans la chambre paisible où tout bas la veilleuse Palpite comme une âme humble et mystérieuse, Le père, en étouffant ses pas, s’est approché Du petit lit candide où l’enfant est couché ; Et sur cette…
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Matin sur le portLe soleil, par degrés, de la brume émergeant, Dore la vieille tour et le haut des mâtures ; Et, jetant son filet sur les vagues obscures, Fait scintiller la mer dans ses mailles d’argent. Voici…
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Nocturne provincialLa petite ville sans bruit Dort profondément dans la nuit. Aux vieux réverbères à branches Agonise un gaz indigent ; Mais soudain la lune émergeant Fait tout au long des maisons blanches Resplendir…
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RetraiteRemonte, lent rameur, le cours de tes années, Et, les yeux clos, suspends ta rame par endroits… La brise qui s’élève aux jardins d’autrefois Courbe suavement les âmes inclinées. Cherche en ton coeur,…
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VersaillesI Ô Versailles, par cette après-midi fanée, Pourquoi ton souvenir m’obsède-t-il ainsi ? Les ardeurs de l’été s’éloignent, et voici Que s’incline vers nous la saison surannée. Je veux revoir au long…
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