Les vierges au crépuscule
— Naïs, je ne vois plus la couleur de tes bagues... — Lydé, je ne vois plus les cygnes sur les vagues... — Naïs, n'entends-tu pas la flûte des bergers ? — Lydé, ne sens-tu pas l'odeur des orangers ? — D'où vient qu'en moi, Naïs, monte un frisson amer À regarder mourir le soleil sur la mer ? — D'où vient ainsi, Lydé, qu'en frémissant j'écoute Le bruit lointain des chars qui rentrent sur la route ? Et Naïs et Lydé, les vierges de quinze ans, Seules sur la terrasse aux parfums épuisants, Sentent leur cœur trop lourd fondre en larmes obscures Et, sous leurs fronts penchés mêlant leurs chevelures, D'une étreinte où la bouche à la bouche s'unit, Sanglotent doucement dans le soir infini...
❧
Pour prolonger la lecture
Une sélection de poèmes choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Vénus, étoile du soir
Amour
Nature
Condition humaine
Sieste
Nature
Beauté
Condition humaine
À la nue accablante
Mort
Nature
Condition humaine
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d’émotions, d’époque et de mouvement
❧