Louise-Victorine Ackermann
Poèmes de Louise-Victorine Ackermann (45)
Classés par titre (A–Z).
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À Alfred de MussetUn poète est parti ; sur sa tombe fermée Pas un chant, pas un mot dans cette langue aimée Dont la douceur divine ici-bas l'enivrait. Seul, un pauvre arbre triste à la pâle verdure, Le saule qu'il…
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Adieux à la poésieMes pleurs sont à moi, nul au monde Ne les a comptés ni reçus ; Pas un œil étranger qui sonde Les désespoirs que j'ai conçus. L'être qui souffre est un mystère Parmi ses frères ici-bas ; Il faut…
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À la Comète de 1861Bel astre voyageur, hôte qui nous arrives Des profondeurs du ciel et qu'on n'attendait pas, Où vas-tu ? Quel dessein pousse vers nous tes pas ? Toi qui vogues au large en cette mer sans rives, Sur ta…
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À une artistePuisque les plus heureux ont des douleurs sans nombre, Puisque le sol est froid, puisque les cieux sont lourds, Puisque l'homme ici-bas promène son cœur sombre Parmi les vains regrets et les courtes…
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Aux femmesS'il arrivait un jour, en quelque lieu sur terre, Qu'une entre vous vraiment comprit sa tâche austère ; Si, dans le sentier rude avançant lentement, Cette âme s'arrêtait à quelque dévoûment ; Si…
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ContesAh ! si la Muse était tant soit peu fée, Chanter, vraiment, serait emploi des dieux ; Point ne pourrait le plus petit Orphée La bouche ouvrir, qu'on ne vît de tous lieux Courir les gens. Oui, nous…
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DaphnéLorsque le dieu du jour, plein d'amoureuse audace, Dédaignant tout à coup l'Olympe et ses plaisirs, Sans char, la lyre en main, s'élançait sur la trace De la nymphe de ses désirs, Celle-ci, jusqu'au…
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De la lumièreQuand le vieux Gœthe un jour cria : « De la lumière ! » Contre l'obscurité luttant avec effort, Ah ! lui du moins déjà sentait sur sa paupière Peser le voile de la mort. Nous, pour le proférer ce…
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Deux vers d'AlcéeQuel était ton désir et ta crainte secrète ? Quoi ! le vœu de ton cœur, ta Muse trop discrète Rougit-elle de l'exprimer ? Alcée, on reconnaît l'amour à ce langage. Sapho feint vainement que ton…
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Élan mystiqueAlors j'avais quinze ans. Au sein des nuits sans voiles, Je m'arrêtais pour voir voyager les étoiles Et contemplais trembler, à l'horizon lointain, Des flots où leur clarté jouait jusqu'au matin. Un…
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EndymionEndymion s'endort sur le mont solitaire, Lui que Phœbé la nuit visite avec mystère, Qu'elle adore en secret, un enfant, un pasteur. Il est timide et fier, il est discret comme elle ; Un charme grave…
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HébéLes yeux baissés, rougissante et candide, Vers leur banquet quand Hébé s'avançait, Les Dieux charmés tendaient leur coupe vide, Et de nectar l'enfant la remplissait. Nous tous aussi, quand passe la…
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In memoriam (I)J'aime à changer de cieux, de climat, de lumière. Oiseau d'une saison, je fuis avec l'été, Et mon vol inconstant va du rivage austère Au rivage enchanté. Mais qu'à jamais le vent bien loin du bord…
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In memoriam (II)Ciel pur dont la douceur et l'éclat sont les charmes, Monts blanchis, golfe calme aux contours gracieux, Votre splendeur m'attriste, et souvent à mes yeux Votre divin sourire a fait monter les…
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In memoriam (III)Au pied des monts voici ma colline abritée, Mes figuiers, ma maison, Le vallon toujours vert et la mer argentée Qui m'ouvre l'horizon. Pour la première fois sur cette heureuse plage, Le cœur tout…
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L'abeilleQuand l'abeille, au printemps, confiante et charmée, Sort de la ruche et prend son vol au sein des airs, Tout l'invite et lui rit sur sa route embaumée. L'églantier berce au vent ses boutons…
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La Belle au Bois dormantUne princesse, au fond des bois, A dormi cent ans autrefois, Oui, cent beaux ans, tout d'une traite. L'enfant, dans sa fraîche retraite, Laissait courir le temps léger. Tout sommeillait à l'entour…
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La coupe du roi de ThuléAu vieux roi de Thulé sa maîtresse Adèle Avait fait en mourant don d'une coupe d'or, Unique souvenir qu'elle lui laissait d'elle, Cher et dernier trésor. Dans ce vase, présent d'une main adorée, Le…
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La guerreI Du fer, du feu, du sang ! C'est elle ! c'est la Guerre Debout, le bras levé, superbe en sa colère, Animant le combat d'un geste souverain. Aux éclats de sa voix s'ébranlent les armées ; Autour…
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La jeunesseProdigue de trésors et d'ivresse idolâtre, La Jeunesse a toujours fait comme Cléopâtre : Un pur et simple vin est trop froid pour son cœur ; Elle y jette un joyau, dans sa fougue imprudente. À peine…
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La lampe d'HéroDe son bonheur furtif lorsque malgré l'orage L'amant d'Héro courait s'enivrer loin du jour, Et dans la nuit tentait de gagner à la nage Le bord où l'attendait l'Amour, Une lampe envoyait, vigilante…
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La lyre d'OrphéeQuand Orphée autrefois, frappé par les Bacchantes, Près de l'Hèbre tomba, sur les vagues sanglantes On vit longtemps encor sa lyre surnager. Le fleuve au loin chantait sous le fardeau léger. Le gai…
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L'amour et la mort(À M. Louis de Ronchaud). I Regardez-les passer, ces couples éphémères ! Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment, Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières, Font le même serment :…
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La nature à l'hommeDans tout l'enivrement d'un orgueil sans mesure, Ébloui des lueurs de ton esprit borné, Homme, tu m'as crié : « Repose-toi, Nature ! Ton œuvre est close : je suis né ! » Quoi ! lorsqu'elle a l'espace…
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La roseÀ Madame M. Quand la rose s'entr'ouvre, heureuse d'être belle, De son premier regard elle enchante autour d'elle Et le bosquet natal et les airs et le jour. Dès l'aube elle sourit ; la brise avec…
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Le criLorsque le passager, sur un vaisseau qui sombre, Entend autour de lui les vagues retentir, Qu'a perte de regard la mer immense et sombre Se soulève pour l'engloutir, Sans espoir de salut et quand le…
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Le délugeTu l'as dit : C'en est fait ; ni fuite ni refuge Devant l'assaut prochain et furibond des flots. Ils avancent toujours. C'est sur ce mot, Déluge, Poète de malheur, que ton livre s'est clos. Mais…
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Le départIl est donc vrai ? Je garde en quittant la patrie, Ô profonde douleur ! un cœur indifférent. Pas de regard aimé, pas d'image chérie, Dont mon œil au départ se détache en pleurant. Ainsi partent tous…
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Le fantômeD'un souffle printanier l'air tout à coup s'embaume. Dans notre obscur lointain un spectre s'est dressé, Et nous reconnaissons notre propre fantôme Dans cette ombre qui sort des brumes du passé. Nous…
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Le nuageLevez les yeux ! C'est moi qui passe sur vos têtes, Diaphane et léger, libre dans le ciel pur ; L'aile ouverte, attendant le souffle des tempêtes, Je plonge et nage en plein azur. Comme un mirage…
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Le positivismeIl s'ouvre par delà toute science humaine Un vide dont la Foi fut prompte à s'emparer. De cet abîme obscur elle a fait son domaine ; En s'y précipitant elle a cru l'éclairer. Eh bien ! nous…
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Les malheureuxLa trompette a sonné. Des tombes entr'ouvertes Les pâles habitants ont tout à coup frémi. Ils se lèvent, laissant ces demeures désertes Où dans l'ombre et la paix leur poussière a dormi. Quelques…
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L'hommeJeté par le hasard sur un vieux globe infime, A l'abandon, perdu comme en un océan, Je surnage un moment et flotte à fleur d'abîme, Épave du néant. Et pourtant, c'est à moi, quand sur des mers sans…
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L'homme à la natureEh bien ! reprends-le donc ce peu de fange obscure Qui pour quelques instants s'anima sous ta main ; Dans ton dédain superbe, implacable Nature, Brise à jamais le moule humain. De ces tristes débris…
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L'hyménée et l'amourSur le seuil des enfers Eurydice éplorée S'évaporait légère, et cette ombre adorée À son époux en vain dans un suprême effort Avait tendu les bras. Vers la nuit éternelle, Par delà les flots noirs le…
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L'idéalI Idéal ! Idéal ! sur tes traces divines, Combien déjà se sont égarés et perdus ! Les meilleurs d'entre nous sont ceux que tu fascines ; Ils se rendent à toi sans s'être défendus. Ce n'est point…
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Mon livreJe ne vous offre plus pour toutes mélodies Que des cris de révolte et des rimes hardies. Oui ! Mais en m'écoutant si vous alliez pâlir ? Si, surpris des éclats de ma verve imprudente, Vous maudissiez…
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Ô NatureÔ Nature ! bientôt, sous le nom d'industrie, Tu vas tout envahir, tu vas tout absorber. Le poète navré s'indigne et se récrie : « Quoi ! sous ce joug brutal il faudra nous courber ? Non, tant que la…
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Paroles d'un amantAu courant de l'amour lorsque je m'abandonne, Dans le torrent divin quand je plonge enivré, Et presse éperdument sur mon sein qui frissonne Un être idolâtré. Je sais que je n'étreins qu'une forme…
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PascalÀ Ernest Havet. ........................................... xx DERNIER MOT. Un dernier mot, Pascal ! À ton tour de m'entendre Pousser aussi ma plainte et mon cri de fureur. Je vais faire d'horreur…
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ProméthéeFrappe encor, Jupiter, accable-moi, mutile L'ennemi terrassé que tu sais impuissant ! Écraser n'est pas vaincre, et ta foudre inutile S'éteindra dans mon sang, Avant d'avoir dompté l'héroïque pensée…
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PygmalionDu chef-d'œuvre toujours un cœur fut le berceau. L'art, au fond, n'est qu'amour. Pour provoquer la vie, Soit qu'on ait la palette en main ou le ciseau, Il faut une âme ardente et qu'un charme a…
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RenoncementDepuis que sous les cieux un doux rayon colore Ma jeunesse en sa fleur, ouverte aux feux du jour, Si mon cœur a rêvé, si mon cœur rêve encore Le choix irrévocable et l'éternel amour, C'est qu'aux…
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SatanNous voilà donc encore une fois en présence, Lui le tyran divin, moi le vieux révolté. Or je suis la Justice, il n'est que la Puissance ; À qui va, de nous deux, rester l'Humanité ? Ah ! tu comptais…
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Un autre cœurSerait-ce un autre cœur que la Nature donne À ceux qu'elle préfère et destine à vieillir, Un cœur calme et glacé que toute ivresse étonne, Qui ne saurait aimer et ne veut pas souffrir ? Ah ! qu'il…
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