In memoriam (III)
Au pied des monts voici ma colline abritée, Mes figuiers, ma maison, Le vallon toujours vert et la mer argentée Qui m'ouvre l'horizon. Pour la première fois sur cette heureuse plage, Le cœur tout éperdu, Quand j'abordai, c'était après un grand naufrage, Où j'avais tout perdu. Déjà, depuis ce temps de deuil et de détresse, J'ai vu bien des saisons Courir sur ces coteaux que la brise caresse, Et parer leurs buissons. Si rien n'a refleuri, ni le présent sans charmes, Ni l'avenir brisé, Du moins mon pauvre cœur, fatigué de mes larmes, Mon cœur s'est apaisé ; Et je puis, sous ce ciel que l'oranger parfume Et qui sourit toujours, Rêver aux temps aimés, et voir sans amertume Naître et mourir les jours. Nice, 19 mai 1852.
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