La lyre d'Orphée
Quand Orphée autrefois, frappé par les Bacchantes, Près de l'Hèbre tomba, sur les vagues sanglantes On vit longtemps encor sa lyre surnager. Le fleuve au loin chantait sous le fardeau léger. Le gai zéphyr s'émut; ses ailes amoureuses Baisaient les cordes d'or, et les vagues heureuses Comme pour l'arrêter, d'un effort doux et vain S'empressaient à l'entour de l'instrument divin. Les récifs, les îlots, le sable à son passage S'est revêtu de fleurs, et cet âpre rivage Voit soudain, pour toujours délivré des autans, Au toucher de la lyre accourir le Printemps. Ah ! que nous sommes loin de ces temps de merveilles ! Les ondes, les rochers, les vents n'ont plus d'oreilles, Les cœurs même, les cœurs refusent de s'ouvrir, Et la lyre en passant ne fait plus rien fleurir.
❧
Pour prolonger la lecture
Une sélection de poèmes choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Je m'en suis venu seul
Nature
Solitude
Condition humaine
La muse
Nature
Beauté
Condition humaine
Le sommeil du printemps
Temps
Mémoire
Condition humaine
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d’émotions, d’époque et de mouvement
❧