Henri-Frédéric Amiel
Poèmes de Henri-Frédéric Amiel (81)
Classés par titre (A–Z).
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À chaque jour suffit sa peineMais ôte, avant le soir venu, Le plus possible à l'inconnu, Car chaque jour sa tâche amène : Fais tout ce qu'aujourd'hui tu peux, (Bonne mesure est toujours pleine) Demain, le repos, si tu veux.
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À demain les affairesPour ne rien voir qui nous dérange, Détourner ou fermer les yeux, Ce procédé facétieux Est un remède assez étrange : On y gagne un jour de repos, Mais, tandis que l'on prend le change, Petits ennuis…
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A l'année qui vientÔ toi, spectre inconnu, que l'univers ignore, An nouveau, roi futur qui sommeilles encore Aux flancs profonds de l'avenir ! Du fond de ton néant, en tremblant, je t'appelle, Être mystérieux, vrai…
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À Madame ***(En lui renvoyant, au jour de l'an, un volume traduit par elle) Un traducteur peut n'être Qu'un traître, Il peut être un flatteur Menteur ; Mais si fidèle, il reste Modeste, N'est-il pas un ami ? —…
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Bon voyageAinsi, déjà lassées De mon toit familier, Ô mes douces pensées, Vous quittez, insensées. L'asile hospitalier ? Ainsi, graines légères, Vous désirez partir, Et, folles passagères, Aux rives…
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Ce que veut l'amitiéAmi, j'entends bien tes maximes, Tes avis, tes conseils, tes vœux, Et, dans nos entretiens intimes, J'ai même entendu tes aveux ; Et pour tout cela mon cœur t'aime Mais tout cela n'est pas toi-même,…
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Chanson d'EscaladeL'heure a sonné, les échos de Genève Ont dit : Savoie ! et, plus prompt que le vent, Ce cri, parti du pied du vieux Salève, Éveille au Nord un autre écho vivant. Du bleu Léman nous séparent cent…
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Contentement passe richesseBon pied, bon œil et bonne dent C'est toute ma fortune ; Des grâces dont chacun veut tant, Je n'ai demandé qu'une : Un cœur joyeux, un cœur sans fiel, Et, content, je bénis le ciel. Plus on a, plus…
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DédicaceCœurs pensifs, âmes inquiètes, Vous tous, qui, dans la vie, à pas mal affermis, Allez, errez, bronchez, je suis ce que vous êtes, Je vous connais : salut, amis ! Vous qui, recherchant en vous-mêmes…
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Dépendance dangereuseÔ philtre de la sympathie ! Comme le miel au doux rayon, Mis dans la bouche du lion, Ta douceur nous rend l'énergie, Tu rafraîchis le cœur souffrant ; Mais, si de toi dépend sa vie, L'homme alors ne…
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Donner et avoir« Donner, donner ! vite appauvrit ; Gardons-nous de toute largesse ; S'enrichir, voilà la sagesse Gagner pour soi, voilà l'esprit ! » — Vous le croyez, troupe gloutonne, Mais aux grands cœurs l'amour…
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Donner et avoirÀ nos enfants, à nos élèves, À nos amis, à tous pécheurs, Nous voudrions, fougueux prêcheurs, Donner les vertus de nos rêves ; Mais en vain notre voix tonna, Pressa, tança, prôna sans trêves : On ne…
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Droit et devoirSi nous n'entendons qu'à la loi, A la loi dure, à la loi stricte, Nous exerçons une vindicte ; Mais qui peut, s'il regarde en soi, Vouloir, sans reculer d'effroi, Que pour lui, pour tous, la loi…
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Droit et devoir (2)Du méchant et de sa malice, Des sots, de l'astuce et du vice Faire justice plaît au cœur ; Mais laissons à Dieu cet office : Pour nous il est beaucoup meilleur, Au bien, au mérite, au malheur, De…
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D'une pierre trois coupsTirer parti des circonstances, Précieux et rare talent ! Chacun se plaint et, nonchalant, Laisse passer et fuir ses chances. Qui toujours, sans hâte et sans transes, D'une pierre ferait trois coups,…
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En chasseVous qui craignez vent, pluie ou fièvres, Restez coi, mes mignons ! Au lit ! au chaud ! vous, cœurs de lièvres ; Fusil en main et rire aux lèvres, Nous, joyeux gars, marchons ! Temps frais, ciel pur,…
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EnvoiA Monsieur Albert Richard, en lui adressant une chanson dans l'Album Genevois, recueil littéraire, où il avait inséré une fable. Je sais un enclos aimable : L'aigle y souffre le pinson, L'arbre s'y…
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Il pianto— Ah ! c'est à détester la vie ! Toujours, partout, se sentir seul ! A la solitude asservie, Mon âme file son linceul. Dix fois ! ma main l'a mise nue, Dix fois, bien qu'elle en ait frémi ! Mon âme…
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La belle filleÔ belle sérieuse, Dans l'œil ou dans le front, Ni la brune oublieuse, Ni la blonde rieuse N'ont ton charme profond. Comme la brune folle, Tu souris au plaisir ; Mais, moins qu'elle frivole, Plus…
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La bonne critiqueFroide ou sèche, acerbe ou pédante, La critique alors est sans fruit ; Et le plus souvent elle nuit En se faisant décourageante. Moquerie est chose indigente : Bien critiquer, n'est pas fronder,…
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La bouderieDans notre humaine comédie Viens donc jouer ton rôle, ami. On n'est en règle qu'à demi Quand soi-même on se congédie : Que l'on soit vainqueur ou vaincu, L'important, c'est d'avoir vécu ; Bouder, à…
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La chose amèreL'horreur dont ne peut se défendre Un cœur fier, n'est pas de souffrir, Ni de lutter, ni de mourir, Ni d'aimer sans se faire entendre ; On s'ennoblit par ces douleurs ; Mais devant soi-même descendre…
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La DianeBats tambour ! Bats tambour ! C'est pour moi le dernier jour : Quand sonnera la trompette, Camarades, c'est ma fête, Adieu, vieux, et demi-tour ! Drôl' de jeu ! Drôl' de jeu Que la vie !... on y rit…
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La double croissancePlus l'esprit croît en étendue, Plus, menacé dans son ardeur De quelque chute inattendue, Il a besoin de profondeur. Qui s'épand, risque davantage De se perdre ou de s'étourdir : Plus un arbre étend…
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La fille blondeAu temps des senteurs Et de l'alouette, Fille joliette, Aux vives couleurs, En fraîche toilette, Qui t'en vas seulette, Narguant les railleurs, Un matin de fête, A travers l'herbette, Faire ta…
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La fille bruneI Vierge au pied leste, Au chant mutin, A la main preste, A l'œil lutin, Au front hautain, Au royal geste, Sois plus modeste, Songe au destin, Vierge si preste, Songe à demain ! II La feuille tombe,…
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La goutte de rosée— « Petite perle cristalline, Tremblante fille du matin, Au bout de la feuille de thym Que fais-tu là sur la colline ? « Avant la fleur, avant l'oiseau, Avant le réveil de l'aurore, Quand le vallon…
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La meilleure finesseL'homme fin comprend la finesse, Mais non pas la simplicité : Veux-tu dépister son adresse ? Demeure dans ta vérité. Nul œil ne peut, comme une sonde, Plonger dans une âme profonde Qu'à force…
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La négligencePlus dangereux que bien des vices : D'abord sur moins que rien tu glisses ; Puis sur ceci, cela ; bientôt Sur tout, égards, devoirs, sagesse... De chute en chute, la faiblesse Bien bas fait tomber de…
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La passion de l'inutileNous prodiguons au superflu Le temps qui manque au nécessaire ; Et le travail qu'il faudrait faire Par notre zèle est seul exclu. Pourquoi donc ? Est-ce humeur légère, Hasard, paresse, absurdité ? Je…
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La perleJadis des célestes lambris Tombée à la vague profonde, Entre les joyaux de ce monde Brille une perle de grand prix. C'est la plus belle et la plus rare Qui jamais éblouit les yeux ; Mais, hélas ! un…
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La petite glaneuseSois bien sage, dors, petit frère ; A la vitre baisse le jour ; Sans pleurer, attends mon retour Dans ta couchette solitaire. Partons ; lui, du moins, n'a pas faim ; La moisson, bien sûr, fut superbe…
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La rêverieAu paysage que révèle Le matinal rayon du jour, La brume, gaze du contour, Ajoute une grâce nouvelle : La rêverie est, pour l'esprit, Cette vapeur qui rend plus belle La pensée et qui l'accomplit.
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La vie intérieureAux deux extrémités du jour, lorsque la nuit Étend ou retire ses voiles, Quand le rayon douteux qui revient ou s'enfuit Laisse au ciel briller les étoiles, Alors, comme dans l'ombre un vaillant…
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La violetteDouce violette, Vierge humble et discrète, Fille de nos bois, Dis-moi dans quels songes Ainsi tu te plonges Sans joie et sans voix ? — Sans voix, non sans joie, Car Dieu m'en envoie : J'écoute un…
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La visite des angesLA MÈRE. Canari, Doux chéri, Chante un peu moins fort, Sur ta gaîté fais quelque effort. Mon pauvre enfant, comme il est blême ! Déjà cinq nuits je l'ai veillé, Hélas ! il a peu sommeillé... Mais,…
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Le bonheurLe bonheur est fait d'énergie, De persévérance et de foi : Si tu veux l'attirer à toi, Sans te lasser, travaille et prie. « Aide toi le ciel t'aidera » Qui du sort par trop se défie Moins qu'un autre…
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Le capital primitifMultipliant ses aptitudes On peut en faire des talents ; On creuse, on étend ses études ; On forme, on réforme ses plans ; Mais nul babil, nulle souplesse Ne peut dissimuler longtemps Le fonds…
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L'écureuilLa lune au ciel brille ; Chut ! dans la charmille Écureuil trotte sans bruit... Pouf ! d’un fusil le feu luit. Demi-mort, dans l’ombre Du feuillage sombre, Chut ! s’est blotti le mignon... Lune,…
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L'écussonIl était une tour, avec porte. L'attique Laissait voir, dans la mousse, un écusson gothique. La tour était massive, et la main d'un Samson, Taillé dans un seul bloc, dut poser l'écusson. L'écu verdi…
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Le déchiffrement des espritsL'homme vain dit ce qu'il veut faire, L'homme fort dit ce qu'il a fait ; Inconnu, si tu veux me plaire, Révèle-moi ce qui te plaît. Choisis toi-même la manière Dont tu veux être déchiffré : En tout…
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Le feu folletA travers champs, prés et marais ; Mais vite hélas ! tu disparais, Caprice errant, flamme gentille ! Sans la volonté, le talent Comme toi, feu follet, scintille Flambe et meurt, en s'éparpillant.
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Le livre en trois languesEn Décembre, au concert, souvenir d'agonie ! J'entendis, comment rendre un pareil souvenir ? La douleur ineffable et gronder et gémir : D'un grand maître germain c'était la symphonie. La vie…
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L'embarras des richessesNous te quittons, ô vieil abri de chaume, Oui, mes enfants, rendez grâce à genoux ; La faim n'est plus, nous avons un royaume ; Un ciel plein d'or vient de s'ouvrir sur nous. Nous, si joyeux quand…
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Le moyen de se connaîtreL'idole qui règne sur nous Voudrait y régner sans partage : Aussi nos travers sont jaloux, Chacun d'eux hait sa propre image. Désires-tu donc aujourd'hui Savoir ton défaut ? C'est celui Qui, parmi…
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Le moyen pour réussirTravailler, même avec courage, Mais sans méthode, est temps perdu. Pour faire un travail étendu Apprends à diviser l'ouvrage : Qui, pour abattre une forêt, L'entaillerait toute avec rage, À tout…
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Le nuage grandissantDans le cœur et sur le visage Tout défaut grandit avec l'âge Et devient laideur sans retour ; Le petit point noir de l'enfance, Nuage dans l'adolescence, Assombrit tout le ciel un jour. Contre cette…
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Le papillonI De fleur en fleur, papillon, Et de tige en tige, Beau d'or et de vermillon, Fin d'aigrette et d'aiguillon, Étourdi, voltige ! Dans la corolle, au matin, Comme une épousée Sous ses rideaux de satin,…
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Le plaisir le plus purHeureux qui sans effort admire ! Cœur humble à la fois et joyeux, Soupirant sans être envieux, Il est joyeux quoiqu'il soupire ; Divin plaisir que d'admirer, Plus doux que l'orgueil de la vie, Plus…
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L'épreuve du talentOui, l'Art est grand ! Ses bois sacrés Te sont ouverts ; courage, adepte ! Comme néophyte il t'accepte, Tu peux franchir tous ses degrés. Sa grandeur n'est point dans la pompe ; Il ennoblit chêne et…
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Le progrès de l'étudeToujours des mots ! — Je veux les choses ; Toujours des faits ! — Je veux les causes ; Toujours les corps ! — Je veux l'esprit ; Toujours l'esprit ! — Montrez-moi l'âme, L'âme qui pleure ou l'âme qui…
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Les émigrants SuissesDebout, enfants, bâtons en main, Et vous, femmes, courage ! Nos pleurs sécheront en chemin ; Mieux vaut aujourd'hui que demain ; Allons ! cœur au voyage ! Vallons, enclos, humbles maisons. Clochers…
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Les esprits revêchesConnais-tu ces épis sans grâce, Qui, dans une manche glissés, Par leurs poils revêches hissés, Grimpent d'autant plus qu'on les chasse ? Tels sont, contredisant toujours Et contrecarrant quoi qu'on…
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Les habilesQui veut rester fier et debout Offense les âmes serviles ; Il faut s'abaisser jusqu'au bout Pour réussir aux œuvres viles. J'admirais fort l'habileté ; Plus tard, je m'en suis dégoûté,
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Les incompletsTu sens profondément et le bon et le beau, Et la haine et l'amour, la nature et la vie ; Et si l'art devant toi les reproduit, ravie Ton âme resplendit comme un soleil nouveau ; — Mais si, clavier…
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Les saisons au villageMonts sublimes ! Si l'Hiver glace vos âmes Qui blanchissent dans l'azur, De vos flancs descend l'air pur, L'eau jaillit de vos abîmes. Alouettes ! Du Printemps les pâquerettes Ont brillé parmi le…
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L'estimeIl est doux d'obtenir l'estime ; Il est mieux de la mériter. Attends, sans la solliciter, Cette heure d'allégresse intime ; Et jusqu'à la mort, s'il le faut, Bravement, non pas en victime,…
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L'éternel ProtéeFlamme Qui tout brûle et dissout ; Lame Qui tout tranche et découd ; Rame Qui fait vague et remoût ; Volcan qui toujours bout ; Voix qui chante à tout coup Gamme ; Œil qui tout juge et tout Blâme ;…
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L'homme de désirPar crainte, erreur ou poésie Nous compliquons tout à plaisir ; Les éclairs de la jalousie, Les prismes de la fantaisie Font tout mal voir et mal saisir : Tout est plus simple dans la vie
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L'imitationJaloux bien à tort, chacun cède A l'erreur commune ici-bas : N'estimant que ce qu'il n'a pas, Il méconnaît ce qu'il possède. On croit beaucoup trop au voisin ; A le copier, on s'excède : Rester soi…
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L'insouciance acquiseC'est un trésor que la gaîté : Elle ressemble à l'espérance. Au cœur, s'il en fut peu doté, Reste un secours, l'insouciance : Bannir les regrets et la peur, Vivre au présent, bonne science, Qui…
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L'ormeau de PlainpalaisIl est tombé, l'arbre au vaste feuillage, Il est tombé le vieux roi du coteau ! Ô mes amis ! qu'un regret, qu'un hommage, Suive du moins, suive l'antique ormeau ! Pleurez, il vit nos gloires, nos…
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Martin vitJe voudrais oublier ! et, dispersant mon âme Comme un troupeau de daims qu'on disperse au hallier, Dans les jardins d'oubli découvrir un dictame ! Je voudrais oublier. Pour chasser mon souci…
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Mesure de la pénétration— Tu veux me comprendre ? C'est bien ; Mais le peux-tu ? C'est autre chose : Peux-tu me saisir dans ma cause, Et de mon cœur faire le tien ? Retrouves-tu, par clairvoyance, En ton sein mon expérience…
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Notre chef-d'œuvreCe qu'on rêva toute sa vie Rarement on peut l'accomplir ; Ta meilleure et plus haute envie, Dans l'ombre du cœur doit vieillir : Travaille, attends, combats, espère, Avant qu'ait pris forme sur terre…
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NovembreBeaux jours, vous n'avez qu'un temps, Et souvent qu'une heure ! Quand gémissent les autans, Il faut que tout meure. — Calme-toi, cœur agité ; Fleurs, oiseaux, joie et santé, S'en vont ! — Dieu…
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Petit toitIl est, bien loin de l'Italie, Un lieu cher à mon souvenir ; C'est là qu'a commencé ma vie Et c'est là que je veux mourir. Petit sur la carte du monde, Dans mon destin il est bien grand ; Perle, j'ai…
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Pourquoi chanter ?Quand notre âme est pleine, Nous chantons, enfants ! La joie ou la peine Ont besoin des chants. Le chant, lit de mousse, Berce les chagrins ; La joie est plus douce Au son des refrains. Le coucou…
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Premier monologue — Stoïcisme« Détends l'arc, » t'ont dit Ésope Et le grondeur de Sinope ; Si ta tête est en syncope, C'est que l'arc fut trop tendu. Or qui trop fend est fendu, Qui trop dépense est vendu, Qui trop verse est…
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Second monologue — RésignationSouffre ! qu'importe Si, dans ton cœur, Cette douleur Un bien apporte ? Divines fleurs Sont les douleurs ; Ces fleurs divines Ont des épines ; Pour les cueillir, Il faut souffrir. — Point de soupir !…
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Printemps du NordLinotte Qui frigotte, Dis, que veux-tu de moi ? Ta note, Qui tremblote, Me met tout en émoi. Journée Illuminée, Soleil riant d'avril, En quel songe Se plonge Mon cœur, et que veut-il ? Sur la haie,…
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Réflexion tardiveLa nuit s'en va, gare au réveil ! Pour vous je crains, ô Poésies ! Par le jour vous serez saisies : Malheur à la phalène au lever du soleil ! Son rayon t'est mortel, ô phalène élancée ; Pour toi,…
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Ruse du cœurSans briser l'idole qu'on aime, S'accuser ou se repentir, C'est le moyen de pervertir Notre conscience elle-même : Mal faire en disant Peccavi ! Oh ! l'habile et fin stratagème Du cœur rusé, du cœur…
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Sans le savoirSans le vouloir, sans le voir même, D'un cœur éveillant le poème, On peut, hélas ! faire souffrir, Faire vivre et faire mourir Ce cœur qui dans l'ombre nous aime. Tel, dans le sol que l'homme sème,…
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Si tu m'aimesJe sens voler sur tes traces, Ô belle aux yeux languissants, Tout émus et frémissants, Si tu passes, Mon cœur, mon âme et mes sens. Vierge aux manières modestes, Près de toi je suis troublé ;…
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Souvenir de NaplesC'était un frais matin. Découpé dans l'azur En regard de Sorrente, au bord du golfe pur, Se balançait un laurier-rose ; Et sous la branche en fleurs un nid caché rêvait, Où deux petits oiseaux,…
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Treize ansTreize ans ! et sur ton front aucun baiser de mère Ne viendra, pauvre enfant, invoquer le bonheur ; Treize ans ! et dans ce jour nul regard de ton père Ne fera d'allégresse épanouir ton cœur.…
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Un art négligéPour voir, pour juger, pour sentir Sachons nous mettre au point de vue : Ainsi l'on peut faire sortir De tout quelque grâce imprévue. Sottise, erreur, tort ou bévue, Que de mal nous eût épargné Cet…
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Une nuit sur la plageSur le sombre Océan tombait la nuit tranquille ; Les étoiles perlaient au ciel silencieux ; Le flot montait sans bruit sur le sable de l'île... Ô nuit, quel souffle alors vint me mouiller les yeux ?…
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Un grain de sagesseTout paraît simple à la jeunesse, Tout est facile pour l'espoir ; Que nous avons de peine à voir Nos bornes et notre faiblesse ! Rien n'est impossible à vingt ans... Combien faut-il de cheveux blancs…
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Un Noël d'AllemagneEnfants et fleurs, vous, grâce de la vie, Calices purs d'innocence et d'amour, Voici Noël ! Noël tous nous convie, Mais vous surtout êtes rois en ce jour. Au ciel, enfants, dérobez son sourire,…
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