Premier monologue — Stoïcisme
« Détends l'arc, » t'ont dit Ésope Et le grondeur de Sinope ; Si ta tête est en syncope, C'est que l'arc fut trop tendu. Or qui trop fend est fendu, Qui trop dépense est vendu, Qui trop verse est répandu, Trop monte est redescendu. Trop est trop ; et qui s'achoppe, Faible ou fort, nain ou cyclope, A ce dicton, en myope Bronche... puis bronchant s'éclope. Dans l'Asie ou dans l'Europe L'excès n'est point défendu, Car lui-même il s'est pendu De tout temps ; c'est son droit ; tope ! D'un zèle malentendu Le châtiment est acerbe ; Mais si l'échec t'a rendu Plus attentif au proverbe, L'échec n'est que prétendu. Le coup de poing qui, sur l'herbe, Vient abattre ta superbe, A ta superbe étant dû, T'a bien dûment étendu. Mais ne sois point éperdu ; Prudemment baissant le verbe, Forme ta sagesse imberbe A grossir de tout sa gerbe, Et nul malheur n'est perdu !
❧
Pour prolonger la lecture
Une sélection de poèmes choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Un art négligé
Mémoire
Art
Condition humaine
Un fils
Mémoire
Solitude
Condition humaine
Petits amis qui sûtes nous prouver
Mort
Doute
Condition humaine
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d’émotions, d’époque et de mouvement
❧