Nérée Beauchemin
Poèmes de Nérée Beauchemin (64)
Classés par titre (A–Z).
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À celle que j'aimeDans ta mémoire immortelle, Comme dans le reposoir D'une divine chapelle, Pour celui qui t'est fidèle, Garde l'amour et l'espoir. Garde l'amour qui m'enivre, L'amour qui nous fait rêver ; Garde…
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À CoquelinTu ne nous connais pas, mais elle est bien connue Ta vogue et celle des Hading et des Patry. Donc, au rival de Got, salut ! et bienvenue Aux sœurs de Jane Essler et de Rose Chéri ! Tu ne nous connais…
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À Denis GérinCher ami, le trépas est-il bien aussi sombre Qu'un vain peuple le pense ? Et l'onde aux sombres bords, Est-elle un ténébreux abîme, un gouffre d'ombre Où s'efface à jamais le souvenir des morts ? Tu…
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À la claire fontainePierre, mon ami Pierre, À la guerre est allé Pour un bouton de rose Que je lui refusai. (Berçeuse ancienne) Il est une claire fontaine Où, dans un chêne, nuit et jour Le rossignol, à gorge pleine,…
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Anne-MarieLa petite suce son pouce, Et, pour l'endormir, la maman Chante d'une voix lente et douce Quelque chose de bien charmant. Le lied parle d'une princesse Qui dort, depuis bientôt cent ans, Dans un bois…
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BeethovenEst-ce l'harmonieux orchestre que l'aurore Réveille sous la verte ogive des buissons ? Que dis-je ? Les oiseaux ne chantent pas encore, Et l'avril sur les bois fait courir ses frissons. Maître…
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Be thy grave ever greenRobert Walsh . Paix et repos à toi ! Paix au front qui se pose Au morne et noir chevet des tombeaux éplorés. Paix et visions d'or, doux sommeil, rêve rose À tes mânes sacrés ! Au cœur du bon ami, que…
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ChrysanthèmesIls disent qu'au ciel on retrouve Ces chers petits morts tant pleurés. Ah ! savent-ils bien ce qu'éprouve Le cœur des parents éplorés. Ils sont étonnés qu'on se plaigne. Savent-ils bien notre douleur…
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Claire fontaineUn rossignol jamais lassé, N'es-tu pas le charmant symbole D'un cher passé ? Source de fraîche mélodie, Qui fait fleurir, sous nos frimas, Ce rosier blanc de Normandie, Qui ne meurt pas ! À ce bouton…
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Crépuscule rustiqueLa profondeur du ciel occidental s'est teinte D'un jaune paille mûre et feuillage rouillé, Et, tant que la lueur claire n'est pas éteinte, Le regard qui se lève est tout émerveillé. Les nuances d'or…
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ÉpithalameÀ M. et Mme Alide Lacerte . Quand on s'aime on se marie : Il prend fin, l'enchantement D'une vague rêverie. Quand on s'aime on se marie : La vie à deux, c'est charmant. Longtemps on hésite, on n'ose…
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Fleurs d'auroreComme au printemps de l'autre année, Au mois des fleurs, après les froids, Par quelque belle matinée, Nous irons encore sous bois. Nous y verrons les mêmes choses, Le même glorieux réveil, Et les…
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Fleurs d'hiverAu poète qui m'applaudit . Ton applaudissement, divin poète, inspire L'humble songeur dont l'âme impétueuse aspire Au lyrisme infini des cieux. Il m'exalte déjà, ce bravo qui m'honore. Ma strophe bat…
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FranceOui, mon pays est encor France : La fougue, la verve, l'accent, L'âme, l'esprit, le coeur, le sang, Tout nous en donne l'assurance : La France reste toujours France. Aujourd'hui, tout comme naguères,…
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GibouléeDe grands brouillards couleur de suie, Chassés par un vent sans pareil, Passent à plein vol : neige et pluie Tombent, brillantes de soleil. Sur les toits, globule à globule, Pétillent grésil et…
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Grand deuilDans le clair-obscur de la pièce close, Où brûle une cire au reflet tremblant, Rigide, et grandi par la mort, repose Le corps d'un enfant habillé de blanc. Sous la mousseline, on voit les mains…
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HantiseJe rêve les rythmes, les phrases Qui montent dans un vol de feu, À travers le ciel des extases, Vers le beau, vers le vrai, vers Dieu. Mon oreille éperdue essaie De saisir l'infini concert : Le son…
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La branche d'alisier chantantJe l'ai tout à fait désapprise La berceuse au rythme flottant, Qu'effeuille, par les soirs de brise, Du rameau qu'un souffle balance, La miraculeuse chanson, Au souvenir de mon enfance, A communiqué…
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La chapelle des miraclesPour couvrir d'ornements divers Les nefs, les chœurs, les tabernacles, Les murs, les voûtes, les pinacles Cherchez par l'immense univers Les plus brillantes draperies Et les moires et les soiries…
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La cloche de LouisbourgCette vieille cloche d'église Qu'une gloire en larmes encor Blasonne, brode et fleurdelise, Rutile à nos yeux comme l'or. On lit le nom de la marraine, En traits fleuronnés, sur l'airain, Un nom de…
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La maison solitaireSeule, en un coin de terre où plane la tristesse Et le mélancolique et vague ennui des soirs, La vieille maison blanche, aux grands contrevents noirs, Pleure-t-elle ses gens, son hôte, son hôtesse ?…
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La maison videPetite maison basse, au grand chapeau pointu, Qui, d'hiver en hiver, semble s'être enfoncée Dans la terre sans fleurs, autour d'elle amassée. Petite maison grise, au grand chapeau pointu, Au lointain…
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La merLoin des grands rochers noirs que baise la marée, La mer calme, la mer au murmure endormeur, Au large, tout là-bas, lente s'est retirée, Et son sanglot d'amour dans l'air du soir se meurt. La mer…
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La museBluet aux regards d'améthyste, Bluet aux yeux de ciel, dis-nous Ce qui te fait être si triste ? - J'ai vu ses yeux, j'en suis jaloux. Et toi, simple églantine rose, Payse aux lèvres de carmin,…
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La petite CanadienneElle est bonne, franche, et telle Que l'amoureux de chez nous Ne courtise et n'aime qu'elle. Et, de vrai, c'est la plus belle, Avec ses Jolis yeux doux. Beauté d'idylle naïve, Elle a l'air, le teint…
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L'avril boréalEst-ce l'avril ? Sur la colline Rossignole une voix câline, De l'aube au soir. Est-ce le chant de la linotte ? Est-ce une flûte ? est-ce la note Du merle noir ? Malgré la bruine et la grêle, Le…
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Le berLa campagne, comme autrefois, Avec le bahut, et le coffre, Et l'armoire à vitrail, nous offre Le ber à quenouilles de bois. Dans le coeur d'un merisier rouge, L'aïeul a taillé les morceaux ; Et la…
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Le dernier gîteJe te reviens, ô paroisse natale. Patrie intime où mon coeur est resté ; Avant d'entrer dans la nuit glaciale, Je viens frapper à ton seuil enchanté. Pays d'amour, en vain j'ai fait la route Pour…
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Le fleuveDepuis l'âge orageux des aurores premières Où tout un ciel pleuvait sur un monde naissant, Suivi d'un infini cortège de rivières, Au large, à plein chenal, en triomphe, il descend. Superbe, délivré…
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Le lacEn forêt. À M. W. Parker . Au creux des humides savanes, Ceint des herbes et des lianes Qui foisonnent dans les roseaux, Calme, à l'abri de la rafale, Le lac en plein soleil étale Le miroir de ses…
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L'érableL'érable au torse dur et fort, Ébrèche le fer qui l'assaille, Et, malgré mainte et mainte entaille, Résiste aux plus grands coups du Nord. L'hiver, dont le cours s'éternise, De givre et de neige a…
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Les clochettesLe carillon multicolore Des clochettes au timbre clair Tinte, étincelle, tinte encore Et tintinnabule dans l'air. C'est plaisir, quand la neige crie, D'ouïr, mêlée au bruit banal Du vent, l'allègre…
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Les corbeauxLes noirs corbeaux au noir plumage, Que chassa le vent automnal, Revenus de leur long voyage, Croassent dans le ciel vernal. Les taillis, les buissons moroses Attendent leurs joyeux oiseaux : Mais,…
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Le ViatiqueLa cloche, lente, à voix éteinte, Tinte au clocher paroissial, Et l'écho tremblant de sa plainte Tinte et meurt dans l'air glacial. L'airain sonne en branle. On écoute. Pour qui le glas a-t-il tinté…
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Le vieux parlerSi je le parle, à coeur de jour, Au pays, avec les miens, comme Au grand siècle tout gentilhomme Le parlait aux abbés de cour, C'est... Ains seulement par amour. Ce français vieillot qu'on dédaigne,…
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L'hirondelle pieuseUn soir, je vis une hirondelle Descendre du haut du ciel bleu Et s'élancer à tire d'aile Sous les absides du saint lieu. Et depuis, dans les vapeurs blanches De l'encens, à vol doux, léger, On voit,…
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L'idylle doréeAu vent joyeux de la bonne nouvelle L'étable s'ouvre ; et sa merveille est telle Que les naïfs bergers en sont troublés. Illuminant la crèche sombre encore, L'Enfant paraît en un orbe d'aurore, Plus…
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LumièrePerdu dans les brouillards du sophisme et du doute, Le monde, dans un noir tournoîment emporté, S'effarait, quand soudain retentit sur la route La voix de l'immanente infaillibilité. Et l'on vit,…
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Ma FranceFrançais je suis, je m'en vante, Et très haut, très clair, très fort, Je le redis et le chante. Oui, je suis Français d'abord. Mais, n'ayez soupçon ni doute, Pour le loyal que je suis, La France, où…
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Ma lointaine aïeulePar un temps de demoiselle, Sur la frêle caravelle, Mon aïeule maternelle, Pour l'autre côté de l'Eau, Prit la mer à Saint-Malo. Son chapelet dans sa poche, Quelques sous dans la sacoche, Elle…
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MiragesDans le repli d'une anse fraîche Où tremble le moelleux reflet D'un clair ciel rose et violet, Sommeille le bateau de pêche. Sur l'eau qui s'est agatisée, Dès le jour, encore endormi, Un vent léger…
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MissiveÀ M. et Mme Louis Fréchette . Le poète, À la grâce comme au talent, Souhaite Un long cycle de jours de l'an. Le ciel veuille Que nul âpre souffle inhumain N'effeuille Les fleurs qui sèment leur…
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Notre terreTerre, dont les âpres rivages Et les promontoires géants Refoulent les vagues sauvages Que soulèvent deux océans ; Terre qui, chaque avril, émerges, Toute radieuse, à travers La cendre de tes forêts…
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Patrie intimeJe veux vivre seul avec toi Les jours de la vie âpre et douce, Dans l'assurance de la Foi, Jusqu'à la suprême secousse. Je me suis fait une raison De me plier à la mesure Du petit cercle d'horizon…
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PrimerosesCes délicieuses fleurs roses, Grandes ouvertes ou mi-closes, Me soufflent de tant douces choses Et fleurent si frais et si doux, Que, bien sûr, et corolle et tige, Recèlent par quelque prodige,…
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QuébecComme un factionnaire immobile au port d'arme, Dans ces murs où l'on croit ouïr se prolonger Le grave écho lointain d'un qui vive d'alarme, À ses gloires Québec semble encore songer. L'humble paix…
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Roses d'automneAux branches que l'air rouille et que le gel mordore, Comme par un prodige inouï du soleil, Avec plus de langueur et plus de charme encore, Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil. Dans sa…
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La bonne FranceDoulce France, France jolie, France d’amour et d’idéal, Qui, dans ton épique folie, As fait tant de bien pour le mal. Tant de fois tu fus déchirée Par les crocs sanglants du vainqueur ; Mais ce…
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L’hiver du rossignolSur les toits la grêle crépite. Il neige, il pleut, en même temps : Premières larmes du printemps, Derniers pleurs de l’hiver en fuite. Parmi les longs cris qu’en son vol La première corneille jette,…
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La GlaneuseDans l’encadrement clair de la grand’porte ouverte, Que le géranium tout odorant fleurit De son aigrette rouge et de sa feuille verte, La glaneuse robuste apparaît, et sourit. Debout, le buste droit,…
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La RédemptricePetite enfant, parmi nos larmes, Dis-moi, pourquoi viens-tu t’offrir? Parmi nos misères, tes charmes Vont-ils fleurir? Toi plus chère que tout chose, Rose qu’un souffle peut flétrir, Ton tendre…
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La sauge écarlateÔ belle sauge, quel émoi Épanouit, gonfle, dilate Le cœur de ta fleur écarlate ? Sauge vermeille, dis-le-moi. Quel soleil, toi qui, si petite, Souriais à peine, à travers Le voile à jour des gazons…
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Le branle du SanctusDans l’air religieux des dimanches, ondulent Ces accords, graves comme un angélus du soir, Que les cloches de bronze, au rythme d’encensoir, Au sanctus de la messe, en sourdine, modulent. Sanctus!…
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Le rameau bénitProfonde poésie et symbole sublime De ces rameaux sacrés dont le vert éternel Évoque, en nos parvis, l’hosanna solennel, Le triomphe royal des palmes de Solyme ! Palmes qui couronnez l’hiver de nos…
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Le LaboureurRedonne tes bras à la Terre. Que, par l’apport de tes travaux, Elle accomplisse le mystère, Le prodige des blés nouveaux. Aux lointains conseils de l’Ancêtre, Aux ordres clairs de ton pays, Au…
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Les lysLa terre, qui les fait survivre, s’est fleurie De ces grands lys de neige, au cœur tout rutilant, Dont la fleur fait songer à la fleur d’armoirie, Qui fleurdelisait d’or l’azur du drapeau blanc. Les…
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Mère glorieuseViens entre les bras de ta mère, Viens, tes beaux grands yeux dans les siens, À son épaule, à ta manière, Nouer tes doigts de rose. Viens! Viens! Que ta bouche sur sa bouche Dépose un baiser…
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Perce-neigeRadieuses apothéoses Du soleil d’or et du ciel bleu, Fraîche gloire des printemps roses, Pourquoi donc durez-vous si peu ? Pourquoi donc êtes-vous si brèves, Aubes de l’enfance ? Beaux jours, Si…
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Rayons d’octobre (II)À peine les faucheurs ont engrangé les gerbes Que déjà les chevaux à l’araire attelés Sillonnent à travers les chardons et les herbes La friche où juin fera rouler la mer des blés. Fécondité des…
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Rayons d’octobre (I)Octobre glorieux sourit à la nature. On dirait que l’été ranime les buissons. Un vent frais, que l’odeur des bois fanés sature, Sur l’herbe et sur les eaux fait courir ses frissons. Le nuage a semé…
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Une SainteChère défunte, pure image Au miroir des neiges d’antan, Petite vieille au doux visage! Petite vieille au coeur battant Des allégresses du courage, Petite vieille au coeur d’enfant! Auguste mère de ma…
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Rayons d’octobre (III)Écoutez : c’est le bruit de la joyeuse airée Qui, dans le poudroîment d’une lumière d’or, Aussi vive au travail que preste à la bourrée, Bat en chantant les blés du riche messidor. Quel gala ! pour…
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Rayons d’octobre (IV)Maintenant, plus d’azur clair, plus de tiède haleine, Plus de concerts dans l’arbre aux lueurs du matin : L’oeil ne découvre plus les pourpres de la plaine Ni les flocons moelleux du nuage argentin.…
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Vieille maisonNe fut-il pas bâti par quelque duchesse Anne Ce logis d’ancien noble et de petit seigneur Qui nous offre, fleuri de grâce paysanne, Le portique amical de son perron d’honneur! Le mur n’est pas creusé…
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