Louise Colet
Poèmes de Louise Colet (47)
Classés par titre (A–Z).
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Bianca NeveQue j'aime à voir tomber, par un ciel attiédi, La neige en blancs flocons sur nos monts du Midi ! Avant qu'il soit souillé par les traces du pâtre, Le ciel se réfléchit dans ce miroir d'albâtre, Et…
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Boutade à la raisonFroide raison, pompeuse idole, Divinité, chère à l'orgueil, Tu n'as pas un mot qui console Les souffrances d'un cœur en deuil : Jamais, dans ton œil inflexible, On ne vit des pleurs de pitié ; Ta…
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Chant de consolationOh ! souffrir et pleurer, c'est ce qui régénère : L'homme n'est vraiment grand qu'alors qu'il a gémi ; Quelque soit ton malheur, mon âme le vénère ; Pour moi, l'infortuné fut toujours un ami. Si…
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Conseils à ***Pourquoi vous asservir au ridicule usage De ces mots sans pensée idiome moqueur, Qui, comme une beauté qui farde son visage, Eblouit un instant, et n'émeut pas le cœur ? Laissez tout ce clinquant à…
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Désenchantement« Insensée, à ces cœurs fardés d'hypocrisie, Qui profanent l'amour, que l'amour rassasie, Tu demandais en vain Cette source du ciel où l'on se désaltère ; Ils avaient mélangé les fanges de la terre,…
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EnthousiasmeVois-tu la jeune vierge à l'âme véhémente, Qui se meurt chaque jour du mal qui la tourmente ? La vois-tu, mendiant, comme un trésor divin. Un cœur qui la comprenne, et le cherchant en vain ! Oh ! qui…
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EnvoiTu le sais, le cœur seul a dicté ce poème ; Là, point de fictions, point d'art et point d'emblème En modulant ces vers, mon luth n'a pas menti ; Il peint fidèlement ce que j'ai ressenti : Les…
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EspèreAinsi, j'avais en vain suivi d'un œil avide, Mille rêves d'amour, de gloire et d'amitié : Toujours ils avaient fui ; mon âme restait vide ; Je me faisais pitié ! La douleur arrêtait ma course…
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HécatombeLa gloire de l'artiste est un feu qui consume ; A son foyer brûlant le flambeau qui s'allume Brille d'un vif éclat, mais tombe avant le soir : Il meurt, comme l'encens s'éteint dans l'encensoir,…
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Heureux qui voit la mortHeureux qui voit la mort et qui peut l'oublier ! Heureux qui n'a jamais senti son cœur plier, En voulant pénétrer le déchirant mystère, Que le cercueil dérobe aux enfants de la terre ! Moi, je…
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IllusionsSouvent je m'élançais dans ces champs sans limite, Où l'homme croit trouver le réel qu'il imite, Dans des songes heureux qui, par l'espoir conçus, Brillent sur nos beaux jours, puis s'éteignent déçus…
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Isola-BellaVierges, lorsqu'à vos cœurs l'amour se révéla, Par votre fiancé quand vous fûtes aimées, Le jour où son destin au vôtre se mêla. Ne rêvâtes-vous pas aux îles Borromées ? Et parmi les trois sœurs,…
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JalousieJeunes femmes, parfois, quand je vais me mêler A vos jeux... si je sens mon âme se troubler, Si soudain sur mon front une ride se creuse, Si ma pensée empreint sa trace douloureuse Sur mes traits,…
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Je crois à l'avenirOui, les illusions dont toujours je me berce En vain leurrent mon cœur d'un espoir décevant, Impassible et cruel le monde les disperse, Ainsi que des brins d'herbe emportés par le vent. Et moi, me…
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Je désire toujoursAvoir toujours gardé la candeur pour symbole, Croire à tout sentiment noble et pur, et souffrir ; Mendier un espoir comme un pauvre une obole, Le recevoir parfois, et longtemps s'en nourrir ! Puis,…
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L'abandonVous en souvenez-vous de ces heures passées L'une à côté de l'autre, où toutes nos pensées Sans crainte, sans soupçon, s'échangeaient entre nous ? L'amitié, disions-nous, est une douce chose ;…
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La demoiselleDans un jour de printemps, est-il rien de joli Comme la demoiselle, aux quatre ailes de gaze, Aux antennes de soie, au corps svelte et poli, Tour à tour émeraude, ou saphir ou topaze ? Elle vole dans…
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La mort de mon pèreJe crois revoir encore la couche d'agonie, Où mon père mourut vieillard aux cheveux blancs, Au front large et ridé, symbole de génie, Aux yeux étincelants. Comme un bûcher fumant, dont on éteint la…
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La promenadeOh ! ne me conduis plus dans ces fêtes frivoles Où les rêves du cœur ne sauraient se fixer ; Où de la vanité les brillantes idoles Obtiennent des succès qu'un jour doit effacer : Dis-moi, pourquoi…
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LassitudeIl est de ces longs jours d'indicible malaise Où l'on voudrait dormir du lourd sommeil des morts ; De ces heures d'angoisse où l'existence pèse Sur l'âme et sur le corps : Alors on cherche en vain…
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La voix d'une mèreEnfant qui seras femme, N'ouvre jamais ton âme Qu'aux modestes vertus ; Que ta charité sainte Berce et calme la plainte Des esprits abattus ! Que ta pure espérance Relève la souffrance, Que ton hymne…
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Le désertLe désert ! le désert dans son immensité, Avec sa grande voix, sa sauvage beauté ; Ses pics touchant les deux, ses savanes, ses ondes, Cataractes roulant sous des forêts profondes ; Ses mille bruits,…
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Le fruit de la penséeLe fruit de la pensée est amer pour ma bouche, Et la cendre en jaillit aussitôt que j'y touche ; Et cependant ma lèvre, alors qu'elle le fuit, Sent une ardente soif qui la brûle et l'altère, Et je…
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Le liseronAimez le Liseron, cette fleur qui s'attache Au gazon de la tombe, à l'agreste rocher ; Triste et modeste fleur qui dans l'ombre se cache Et frissonne au toucher ! Aimez son teint si pâle et son…
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Le malheurLe malheur m'a jeté son souffle desséchant : De mes doux sentiments la source s'est tarie, Et mon âme incomprise avant l'heure flétrie, En perdant tout espoir perd tout penser touchant, Mes yeux…
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Les bauxJ'aime les vieux manoirs, ruines féodales Qui des rocs escarpés dominent les dédales ; J'aime du haut des tours de leur sombre prison A voir se dérouler un immense horizon : J'aime, de leur chapelle…
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Les doutes de l'espritSouvent, dans mes accords, ardents, enthousiastes, Des grandes nations se déroulaient les fastes, Ou, détournant mes yeux de ce globe terni, Je déployais mon vol aux champs de l'infini !...…
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Les fleurs que j'aimeFleurs arrosées Par les rosées Du mois de mai, Que je vous aime ! Vous que parsème L'air embaumé ! Par vos guirlandes, Les champs, les landes Sont diaprés : La marguerite Modeste habite Au bord des…
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Les orphelins de PalermeLe jour vient de tomber, jour brûlant de l'été Qui laisse, en s'éteignant, un crépuscule rose Dont la lueur descend en reflet argenté Sur l'enfant chaste et nu, qui mollement repose. Insoucieux, il…
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L'hymenNe rêves-tu jamais à ces heures d'extase Qui précèdent l'hymen de deux jeunes époux ? Quand l'amour, de leur cœur, comme ronde d'un vase, Déborde en sentiments mystérieux et doux ! Dis, n'est-ce rien…
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LianeJeune levrette, au poil d'ébène, Au flanc mince, au col assoupli, Ton dos, où ma main se promène, A l'éclat de l'acier poli. Tu dresses tes noires oreilles Comme deux ailes de corbeau ; Tes dents…
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L'imprudenceEnfants, ne jouez pas si près de la rivière ; Pour vous mirer dans l'eau n'inclinez pas vos fronts, Votre pied imprudent peut glisser sur la pierre ; Vous êtes tout petits et les flots sont profonds…
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L'inspirationAh ! lorsque débordait ainsi la poésie, Torrent impétueux, brûlante frénésie, Dans mon âme vibraient d'indicibles accords ; Comme sous l'ouragan bat la vague marine, Sous la muse mon cœur battait…
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Ma poésieIl est dans le Midi des fleurs d'un rose pâle Dont le soleil d'hiver couronne l'amandier ; On dirait des flocons de neige virginale Rougis par les rayons d'un soleil printanier. Mais pour flétrir les…
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NéantVous, qui vivez heureux, vous ne sauriez comprendre L'empire que sur moi ces songes pouvaient prendre ; Mais lorsque je tombais de leur enchantement A la réalité qui toujours les dément, Si je…
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ParisQuand je vais triste et seule, et que, dans le ciel gris, Je suis quelque nuage errant sur les toitures, Et, comme ces draps noirs qu'on met aux sépultures, Couvrant des boulevards les arbres…
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PenserosaLe marbre le plus pur créé par Michel-Ange Est un jeune guerrier triste et beau comme un ange ; L'artiste l'a sculpté languissamment assis A l'angle du tombeau de l'un des Médicis ; Il rêve, il est…
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PétrarqueCe torrent, qui bondit, et jette Son écume de neige et d'or, Etait l'emblème du poète, Quand sa muse prenait l'essor. A ces bords sa gloire s'allie ; Son ombre, est le Dieu de ces eaux : Mais, le…
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Plus de versNon, plus de vers, jamais ; ce monde où tout s'altère, Ma muse, a fait pâlir ton front pudique et saint, Ton aile s'est brisée en touchant à la terre : Comme un oiseau blessé cache-toi dans mon sein.…
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PortraitC'est un de ces frétons de la littérature, Qui, d'auteurs en auteurs, butinent leur pâture, Formant péniblement, de ce qu'ils ont volé, Un volume indigeste, et de vers, et de prose, Où, sur le…
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Réponse à un poèteComme un astre luit sur la terre, Sans que sa lumière s'altère Aux feux obscurcis d'ici-bas ; Ou, comme ces vagues lointaines, Qui, jamais n'ont baigné les plaines Que l'homme foule sous ses pas :…
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RêveÔ mes auteurs chéris, vous qui, lorsque je pleure, Me consolez toujours, m'entourez à toute heure, Vos écrits ont calmé mes pensers dévorants, Et je vous aime tous, en amis, en parents !... Dans mes…
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Souviens-toi de moiPars, puisque la gloire t'appelle ! Mais lorsque tu t'enivres d'elle, Quand la louange autour de toi Se répand douce à ton oreille, Ah ! que mon image s'éveille D'autres femmes te seront chères.…
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StrophesN'a-t-on pas épuisé la coupe de la haine ! Est-il encore des noms qui n'aient été flétris ; Des malheurs respectés par la foule inhumaine, Et que n'ait pas frappés la verge du mépris ? Est-il un…
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Un cœur brisé« Ô souvenir de pleurs et de mélancolie ! Ceux que j'aurais aimés ne m'ont point accueillie, Ou bien, insoucieux, Ils vantaient ma beauté sans comprendre mon âme, Et ne soupçonnaient pas sous ces…
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Une amieSi vous l'aviez connue à sa quinzième année, Elle était belle alors, belle à vous rendre fou ! En voyant les attraits dont elle était ornée, Vous auriez devant elle incliné le genou ! Pour caresser…
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Une matinéeUne heure douce est rare ; il nous la faut compter Lorsque sur notre vie elle vient s'arrêter ; Ce matin, près de vous, cette heure m'est venue Le soleil se baignait dans une blanche nue, Et du…
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