Antoine de Latour
Poèmes de Antoine de Latour (59)
Classés par titre (A–Z).
-
AdieuTu pars !... deux jours hélas, et tu n'es plus pour nous Qu'un de ces souvenirs solitaires et doux Dont le cœur s'empare en silence. Pourquoi donc venais-tu si tu devais nous fuir ? Hélas ! mes jours…
-
Adieu à l'enfanceQuand l'aube vient toucher mon chevet solitaire, Mon œil, sans soulever sa pesante paupière, Sent vaguement le jour poindre sur l'horizon, Et la nuit, en fuyant, emporte sur son aile Les songes sur…
-
A un astronomeAmi, si dans le ciel, sur ces pages d'azur Dont votre œil lit d'en bas les sublimes merveilles, Vous savez une étoile où, pour ses longues veilles, La couche du poète est un chevet moins dur, Un…
-
A un enfantLaisse en tes yeux si purs et si beaux d'innocence Tristes plonger mes yeux, Car j'ai besoin de voir aux regards de l'enfance Se réfléchir les cieux. L'aspect doux et serein de ta naïve joie Calmera…
-
Au printemps qui ne vient pasOù donc est le printemps ? Endormi sous la nue Le soleil ne luit pas ou brille sans chaleur, Et dans les champs, la neige, aux arbres suspendue, Tient la sève captive et dévore la fleur. Tout…
-
CombatsD'où nous viennent parfois ces heures de détresse Où l'homme s'abandonne et retourne à son mal, Où la main qui brisa l'idole enchanteresse En cherche les débris autour du piédestal ? N'est-ce rien, ô…
-
dégoûtIl est des jours ingrats où tout est triste et noir, Où de ce qu'on attend rien n'arrive à son heure, Où la lyre se tait sous la main qui l'effleure, Où l'autel ment au prêtre et l'amour à l'espoir ;…
-
Dernier effortEncore quelques efforts, encore un seul peut-être, Et vous serez, amis, contents de ma vertu ; J'ai, depuis bien des jours, vaillamment combattu, Encore un jour de lutte, et je serai le maître. Que…
-
Dix ans d'absenceDix ans se sont passés, dix ans ! je l'ai revue Grande, elle que jadis enfant j'avais connue, Non plus vive et légère et souriant toujours, Mais grave et qui semblait déjà compter les jours Sa bouche…
-
DouleurVoici le temps passé de cette sombre lutte ; Vivant, mais épuisé, mais meurtri par la chute, A la taille de l'homme enfin redressons-nous ! Si l'avenir nous garde encore quelque disgrâce, Demeurons…
-
La chanson d'adieuJe cherche au firmament une étoile nouvelle, Celle qui me fut chère a disparu des cieux ; Je ne la maudis pas, sa clarté me fut belle, Et son dernier rayon est encore dans mes yeux. Peut-être un…
-
La convalescence d'un enfant— Réveillez-vous, ma sœur, votre enfant vous appelle ; Ses yeux se sont ouverts, et sa bouche a parlé ; Un Ange l'emportait vers la vie éternelle, Mais il a vu vos pleurs, et ses pleurs ont coulé.…
-
La critique d'une femmeVos éloges sont doux, ils pénètrent mon âme, Mais, timide chanteur, j'aime aussi vos leçons ; Si quelque mot vous blesse ou quelques rudes sons, Dites, vous obéir me sera doux, Madame ! Et le soir,…
-
La familleSalut, bords où j'aimai ! Beaux arbres dont l'ombrage Me couvrit tant de fois, Quand j'allais, loin de tous emportant son image, L'adorer dans les bois ! Je vous revois sans trouble et sans…
-
La fleur des poètesChacun, comme un trésor, garde au fond de son ame Le parfum préféré de quelque chère fleur, Et dans tous nos pensers, sur le plus sombre drame Ce souvenir lointain épanche sa fraîcheur. Au lilas,…
-
La lampe du poèteAbaissons nos yeux sur la ville : Comme son front luit et scintille Un soir d'hiver quand le jour fuit ! La jeune fille qui s'apprête Se promet tout bas la conquête Des adolescents que la fête Invite…
-
La leçon maternelleA Saint-Cloud, sous le bois, tout rouge de colère, Un enfant poursuivait sa bonne en la frappant ; Une dame passait qui dit, le voyant faire : — « Ah ! c'est mal, et toujours du mal on se repent. »…
-
L'âme du purgatoireAvant d'aller au paradis Dont vos chants m'ouvrent les parvis, Je viens vous bénir, ô poète ! Depuis que votre Muse en pleurs Prêta sa lyre à mes douleurs, Mon ami prie et me regrette... Hélas !…
-
L'amitiéOh ! le charmant tableau, la suave peinture Que celle où vers saint Jean, Jésus, le Dieu martyr, Tend ses deux petits bras ! à cette image pure Les mères dans leurs yeux sentent des pleurs venir.…
-
La moisson des rosesC'était durant les mois où le soir et l'aurore Ont de si doux moments ; Votre âme en vos regards ne faisait que d'éclore, Vous n'aviez pas seize ans. Un jour, parmi les fleurs vous étiez descendue,…
-
La neigeJ'aime la neige éblouissante Qui couronne les vieilles tours, Et sur les arbres qu'elle argente : Courbe la feuille jaunissante, Dernier souvenir des beaux jours. Ses blancs flocons avec mystère…
-
L'angeIl est, au pied du Christ, à côté de sa mère, Un ange, le plus beau des habitants du ciel, Un frère adolescent de ceux que Raphaël Entre ses bras divins apporta sur la terre. Un léger trouble…
-
La Pensée et la RêverieViens, recueillons, ami, ce double écho d'un monde Où l'âme tour à tour s'éclaire et se féconde, Rêverie et pensée, oracles immortels ! La pensée ! Oh ! salut, sœur des jours éternels, Toi par qui…
-
La place videVous avez près de vous une mère adorée, Esprit jeune et charmant, indulgente raison, Et que dans votre cœur, comme dans sa maison, La douleur et le temps ont faite plus sacrée, Mais dans votre…
-
L'arche invisibleOù va cette arche à qui les ondes Ouvrent leur sein obéissant ? Au vaste naufrage des mondes Elle dérobe l'innocent. De cette merveilleuse tombe Va sortir, après la colombe, Le genre humain…
-
L'aumôneLouise, le matin, à l'heure du réveil, Lorsque par un baiser votre mère adorée Vous invite à bénir dans la langue sacrée Le Dieu qui des enfants enchante le sommeil, Pensez-vous quelquefois que sur…
-
L'automneChaque jour, en tombant sur la terre glacée, Des feuilles de nos bois la dernière moisson Emporte de mon cœur la plus chère pensée, Quelque sonnet qui suit le pâle tourbillon. Et feuilles et sonnets,…
-
La vieille d'un mariageIl dormait, si l'on dort en ces nuits enflammées Où l'âme se repait d'un si divin espoir, Et devant lui, dans l'ombre, un magique miroir Évoquait tout le chœur des femmes trop aimées. Le regret…
-
La voix de la museA ma mère Lorsque j'ai mis le pied dans le sombre chemin, Une voix du passé me suit et me rappelle, Voix faible en commençant, mais qui porte avec elle L'ineffable regret du rivage lointain. C'est la…
-
Le bonheurDu creux de la montagne où Dieu l'avait cachée, Une fleur est tombée, et je bénis la main Qui, recueillant sa tige à demi détachée, Devant vos pas, ami, l'apporte de si loin. Vous savez maintenant où…
-
Le chemin de ferQuand l'homme avec le fer sur le champ des aïeux De ses nouveaux chemins aura tissu la trame, Et pour mettre à ses pieds les deux ailes de l'âme, Aura doué ses chars de magiques essieux, Au bas de…
-
L'écranLe soir, quand votre front s'incline sur la plage Où s'écrit, jour à jour, plus d'un rêve charmant, Devant votre foyer élevez prudemment Cet écran dont mon cœur vous adresse l'hommage. Quel que soit…
-
Le jeuOh ! ne jouez jamais, laissez l'homme courir De l'or et du hasard cette chance vulgaire ; Les anges dans le ciel, les femmes sur la terre N'ont reçu du Seigneur des mains que pour bénir. Le jeu sauve…
-
Le jour des mortsVoici le jour des morts, l'âme croit les entendre ; Mais au lieu d'un jour sombre et d'un ciel attriste, Une heure de printemps se lève sur leur cendre, Comme un signe de paix et d'immortalité. Vers…
-
Le livre perduSi vous l'avez trouvé, rapportez-moi mon livre, L'hôte consolateur de mon obscur foyer, Un de ces doux amis qui nous aident à vivre, Et nous font oublier. Comme un sage modeste en son âme sereine…
-
Le pays natalL'automne a ses heures oisives Pleines des choses d'autrefois, Les yeux ont des larmes furtives Qu'ils n'osent confier qu'aux bois. Là, chaque plume que l'orage Détache du nid de l'oiseau M'apporte…
-
Le repos est plus loinQuand mon doigt, au hasard, tournait la blanche page Du livre où votre cœur se recueille et s'endort, Et qui mêle sans cesse à son doux chant de mort Le souvenir plus doux de votre premier âge, Je ne…
-
Le réveil de la museMuse, réveille-toi, voici les fleurs écloses ! C'est la saison des chants, c'est la saison des roses : Je souffre à t'entendre parfois Te plaindre à mon foyer, amante délaissée, Quand l'étude sévère…
-
Les autographesOn dit que le poète en son œuvre chantante N'épuise pas toujours le souffle inspirateur, Qu'en se laissant courir sa main insouciante Revêt les moindres mots de force ou de douceur. De ces mots au…
-
Les autographes (2)Ce jour est un beau jour, et je bénis cette heure, Car des hôtes divins qui m'étaient inconnus Sous mon toit solitaire aujourd'hui sont venus, Et c'est vous dont le doigt leur montra ma demeure.…
-
Le siècleA une femme poète. I Vos lèvres ont un chant pur et grave comme elles... Il atteint donc aussi les jeunes et les belles Ce glaive de tristesse et d'intime douleur Qui frappe, de nos jours, les plus…
-
Les petits enfantsLe jour se lève triste, et chaque heure, en silence, Tombe dans le passé pour ne plus revenir ; L'hiver a sur les bois jeté son deuil immense, Et jusques au printemps la terre va languir. Notre âme…
-
Les regrets de la jeune femmeLes poètes ont vu dans le monde infernal Des âmes qui des dieux attendaient le signal Pour vivre de la vie humaine, Acteurs muets encore, mais qui devaient un jour, En des drames nouveaux apparaître…
-
L'heure de l'inspirationAimez-vous ce moment où la brise repose Avec le bruit du jour par degrés endormi Dû l'insecte léger ne reconnaît la rose Qu’aux parfums qu'elle exhale, entr'ouverte à demi ? Aimez-vous ce moment où,…
-
L'hiverCe qu'il faut au bonheur, lorsque souffle la bise, C'est une porte close, un livre, et dans un coin Une lampe qui brûle, et qui tout bas me dise Que, si l'ennui venait, la muse n'est pas loin. Il…
-
L'idéal du poètePour créer sa Vénus, le statuaire antique Aux vierges de son temps prenait ses traits divers, A l'une le sourire ou la grâce pudique, A l'autre le regard plein de tendres éclairs. Ainsi va le poète,…
-
Notre-Dame de ParisCe poème vivant, seconde Notre-Dame, Qui doit se voir encore debout à l'horizon, Quand l'autre qui l'inspire et dont il prend le nom, Aura dans la poussière exhalé sa grande âme ; Ce colosse qu'un…
-
RegretQuand la flamme au foyer pâlissait vers le soir, C'était jadis pour moi votre heure de clémence ; Nous nous taisions tous deux, mais un rêve d'espoir Arrivait à mon âme à travers ce silence ; Sur mon…
-
RencontreDans ce monde parfois on trouve en son chemin Un être au front charmant dont la voix séduisante Fait naitre au cœur (hélas ! voilà le cœur humain !) Ce trouble précurseur qui se mêle à l'attente. On…
-
RésignationMaintenant que ma vie est une vaine cendre Que le souffle du vent dissipe jour à jour ; Maintenant que mon cœur se laisse encore surprendre Aux tièdes voluptés de quelque fol amour ; Maintenant que…
-
RetourÔ muse, avais-je dit, que me font tes merveilles ? Elles n'enchantent plus la scène où nous passons. Pour consoler du jour le ciel a fait les veilles, Laisse-moi le plaisir et garde tes chansons ! Et…
-
Sigalon« — Viens, laisse-là ces morts, lui disait Michel-Ange, » Et son doigt dédaigneux montrait le Jugement ; « Sur ces murs où tout passe, en ce monde où tout change, L'œuvre s'use, et le nom ne survit…
-
SouvenirQue voulez-vous de moi, sylphe de ma colline ? A mes tristes combats venez-vous m'arracher ? Ah ! ce n'est plus l'enfant que votre main divine Berçait déjà rêveur, au pied de son rocher. Depuis que…
-
Souvenir de maiUn matin que, troublé de sa mélancolie, Mon cœur péniblement portait le poids du jour, Je suivais le chemin, méditant la folie A qui nous avons fait ce beau nom de l'amour. Et je me demandais si…
-
Sur un livre renvoyéVous m'avez renvoyé ce livre sans le lire, Et sans être écouté son chant m'est revenu ; Il est beau cependant, et j'aurais bien voulu Le voir aimé de vous, et vous l'entendre dire. Mais simple que je…
-
Une fleurHier, lorsqu'au matin sonnait la dixième heure, J'allais, et je ne sais comment il arriva Que je me retrouvai devant votre demeure, Je ne sais où j'allais, mais je me trouvai là. Et de tristes…
-
Une larmeQuand sous les lèvres de ta mère Ton front, ô jeune fille, est venu se placer, J'ai vu languissamment tes longs cils s'abaisser, Et même j'ai cru voir une larme glisser Et luire au bord de ta…
-
Un soirLaissez-moi retrouver, là-haut, sur la colline, Dans les sentiers qu'hier nous avons parcourus, L'enivrant souvenir de cette heure divine Qui ne reviendra plus ; Heure délicieuse, où, sur l'herbe…
-
Un soir d'automneUne source à mes pieds roule son eau limpide, Et mêle son murmure à celui de mes vers, Tandis qu'autour de moi tombe la feuille humide Du saule qui déjà sent le froid des hivers. A l'autre bord du…
Affichage de 1 à 20 sur 59 poèmes