Cent mille hommes
Cent mille hommes, criblés d'obus et de mitraille, Cent mille hommes, couchés sur un champ de bataille, Tombés pour leur pays par leur mort agrandi, Comme on tombe à Fleurus, comme on tombe à Lodi, Cent mille ardents soldats, héros et non victimes, Morts dans un tourbillon d'événements sublimes, D'où prend son vol la fière et blanche liberté, Sont un malheur moins grand pour la société, Sont pour l'humanité, qui sur le vrai se fonde, Une calamité moins haute et moins profonde, Un coup moins lamentable et moins infortuné Qu'un innocent, — Un seul innocent condamné, — Dont le sang, ruisselant sous un infâme glaive, Fume entre les pavés de la place de Grève, Qu'un juste assassiné dans la forêt des lois, Et dont l'âme a le droit d'aller dire à Dieu : Vois ! Le 24 mars 1870.
❧
Pour prolonger la lecture
Une sélection de poèmes choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
À la France
Révolte
Condition humaine
Liberté
À Alphonse Rabbe
Mort
Condition humaine
Liberté
À la Bidassoa
Guerre
Condition humaine
Espérance
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d’émotions, d’époque et de mouvement
❧