Sonnet (III)
Donne-moy tes presens en ces jours que la brume Fait les plus courts de l'an, ou, de ton rameau teint Dans le ruisseau d'oubly, dessus mon front espreint, Endors mes pauvres yeux, mes gouttes et mon rhume. Misericorde, ô Dieu ! ô Dieu, ne me consume A faute de dormir ! plustost sois-je contreint De me voir par la peste ou par la fiévre esteint, Qui mon sang desseiché dans mes veines allume. Heureux, cent fois heureux, animaux qui dormez Demy an en vos trous, sous la terre enfermez, Sans manger du pavot qui tous les sens assomme. J'en ay mangé, j'ay beu de son just oublieux, En salade, cuit, cru et toutesfois le somme Ne vient par sa froideur s'asseoir dessus mes yeux.
❧
Pour prolonger la lecture
Une sélection de poèmes choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Amour, Amour, donne-moi paix ou trêve
Amour
Mort
Doute
Comme un chevreuil, quand le printemps destruit
Mort
Nature
Condition humaine
Vivons, Gordes, vivons, vivons, et pour le bruit
Mort
Temps
Tristesse
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d’émotions, d’époque et de mouvement
- Renaissance
- Renaissance
- Mort
- Temps
- Mémoire
- Nuit
❧