Imité de Catulle
I QUEL délicieux repas Tu feras (Si les dieux te prêtent vie) Chez moi, pourvu toutefoi Qu'avec toi Tu portes, toute servie, Une table, avec bons vins, Mets divins, Sainte couronne de roses, Quel délicieux repas Tu feras... Moyennant toutes ces choses. C'est, vois-tu, mon doux ami, Qu'à demi Ma bourse n'est ruinée Et qu'au fond du sac de ton Apollon Fait sa toile l'araignée. Moi, je dirai les atours Des Amours Et des Grâces sadinettes Et ferai naître en ton coeur Le bonheur En te sonnant mes sornettes. Dame, je n'ai point de nard Mais mon art À ta narine altérée, Ami, fera monter un Doux parfum Que m'a donné Cythérée. Ce festin sera, gourmand, Si charmant Et cette odeur si divine Que, toute pudeur en bas, Tu voudras N'être plus qu'une narine. II O Sirnium, cap au gazon fleuri, Enfin, c'est toi, je te revois encore Et les rayons consolants de l'aurore M'ont révélé ton visage chéri. J'ai peine encore à croire l'évidence Que j'ai quitté les bords Bithyniens, Ces flots, ô cap Sirnium, sont les tiens, Je puis enfin te voir en assurance. Ah ! qu'il est bon au retour, le foyer, Et qu'il est doux, le vieux lit de noyer, Quand on s'y couche après un long voyage. Aussi, salut, cap Sirnium et toi, son Bleu miroir, lac qu'une forêt ombrage. Gai ! que la joie emplisse la maison.
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