La Créole
Voici l'heure décolorée : La créole a quitté l'ombrelle Et bâille dans son hamac frêle Au bruit de la vague éplorée. Les chatoiements du clair de lune Vont et viennent sur sa peau brune : Cependant que sur l'âpre dune Les algues soufflent leur parfum. Plus d'un boa cherchant fortune Dans la forêt se traîne à jeun, Et les colibris, un par un, S'effacent dans le jour défunt. Gracieux fantôme indistinct, Elle dort d'un sommeil profond, Et la couleur de l'air se fond Avec la couleur de son teint.