La grand'route
A midi, la grand'route, éclatante, flamboie Sous l'éclat des rayons que sa blancheur renvoie, Et, miroir aveuglant, force à clore les yeux. Tous les jours, sous le feu qui ruisselle des cieux, Même à midi, l'on voit cheminer sur ces routes Le facteur du canton suant à grosses gouttes, Un mouchoir blanc flottant sous son chapeau qui luit, Ayant boîte en sautoir, canne, et derrière lui Son chien qui, le nez bas, soufflant, serrant la queue, S'arrête quelquefois sous l'ombre rare et bleue Des pâles oliviers alignés sur le bord Que la poussière au gré du vent pâlit encor. Il voit d'un œil mi-clos, rangés en droites lignes, Les oliviers au loin s'étendre dans les vignes, Et, le long des fossés, des murs blancs où parfois S'ouvre un portail poudreux à la grille de bois, Ayant des deux côtés deux supports que surmonte Un aloès jauni dans son vase de fonte.
❧
Pour prolonger la lecture
Une sélection de poèmes choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Les petits arbres
Nature
Ville
Condition humaine
Lettre à ma sœur
Solitude
Ville
Condition humaine
Les magnanarelles
Nature
Ville
Condition humaine
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d’émotions, d’époque et de mouvement
❧