À M. L'Oillart-D'Avrigny
Le poète immortel d'Achille et d'Andromaque, Jadis d'un ton harmonieux Chanta le prince errant de la petite Ithaque ; Grâce à tes vers ingénieux L'Ulysse des Français nous attache encor mieux. À travers les écueils, sur les gouffres de l'onde, Nous demandons aux mers sa poupe vagabonde ; Et, tremblants pour ses jours chéris, Craignons, en la cherchant, de trouver ses débris. Sa Pénélope, hélas ! dans le royaume sombre, Peut-être maintenant accompagne son ombre ; L'impatient désir de retrouver l'époux Qu'à ses embrassements ravit le sort jaloux, Lui fit voir sans terreur les voûtes infernales, Et du Styx les ondes fatales, Qui, mieux que ses remparts de fer, Défendent en grondant la porte de l'enfer. Aujourd'hui, dans les bois des champs Elysiens, Dont les paisibles citoyens Bravent le triple cri des gueules de Cerbère, Le couple heureux entend les vers du grand Homère. Et se console en relisant les tiens.
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