Les bohèmes
Pour quelle faute originelle, Bohèmes qui tendez les mains, Allez-vous ainsi, sans semelle, De vos pieds user les chemins. Nous, nous rêvons une industrie Pour les enfants qui nous sont nés ; Mais à l'orgue de barbarie Les vôtres sont prédestinés. La manivelle avec cadence Moud des airs et vous fait du pain ; Et cette Esméralda qui danse En elle sent danser la faim. Sur ses dents blanches le sourire Qu'accompagne le tambourin A peine éclos semble nous dire : Je suis le rire du chagrin. Quand dans ces pauvres filles d'Ève S'épanouit la fleur d'amour, Toujours en marche, leur doux rêve Cherche un cœur ou faire séjour. Elles prodiguent de la sorte Des baisers au jeune passant ; Mais ainsi que la feuille morte Vole et se perd l'amour naissant. Oh ! retournez à vos montagnes ; L'homme s'épure dans l'azur ; Époux aimés, chères compagnes, Vous y connaîtrez l'amour pur. Oui, guérissez ce mal étrange Qui vous pousse en chaque cité ; Au lieu de vivre dans la fange Mieux vaut un roc inhabité.
❧
Pour prolonger la lecture
Une sélection de poèmes choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Sur une morte
Mort
Mémoire
Condition humaine
Sur nos pas le profond enfer s'est refermé
Mort
Condition humaine
Tristesse
Rencontre
Solitude
Exil
Condition humaine
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d’émotions, d’époque et de mouvement
❧