Lyreval Poésie française

Taciturnes, le front baissé, nous tisonnons

La mourante lueur du feu baigne les noms
Que notre main distraite a tracés dans les cendres ;

Son rouge éclat palpite au fond des glaces, teint
Nos visages, tes cils encore, puis s'éteint.
Le crépuscule mêle alors nos âmes tendres ;

Je noue à ton col svelte et nu mes bras tremblants,
Et je baise tes yeux fermés, tes yeux brûlants,
Dont les paupières d'ombre ont la douceur des cendres.

Charles Guérin