Pour couronner la blonde enfant
De toutes la plus chaste ensemble et la plus belle, Car sa gorge orgueilleuse a pour hôte un cœur pur, Que l'azur du bleuet au fauve épi se mêle. Quand le ciel d'août torride accable les moissons, Qu'au sein des blés houleux s'enfoncent les faucilles, Son labeur et sa force étonnent les garçons, Sa sévère beauté rend jalouses les filles. Le blé tombe ; elle va, courbant les reins. Son bras D'un geste calme fauche à pleins faisceaux les tiges. Elle avance ; derrière elle le chaume est ras : Les pauvres seuls pourront glaner sur ses vestiges. Son sillon large an bord de ciel illimité Se perd. Elle s'arrête et relève son buste ; Et sur l'horizon pâle où brûle tout l'été Le poète croit voir surgir Cérès auguste. Les jeunes moissonneurs sont pensifs, ne sachant Qui d'entre eux, au prochain automne, élu par elle, Dénouera cette gerbe intacte, honneur du champ, Où le bleuet d'azur aux blonds épis se mêle.
❧
Pour prolonger la lecture
Une sélection de poèmes choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Las de l'amer repos
Nature
Art
Condition humaine
À un poète
Nature
Mémoire
Condition humaine
À l'éternel amour
Amour
Nature
Condition humaine
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d’émotions, d’époque et de mouvement
❧