Le soir au soleil je m'assieds
Le soir, au soleil je m'assieds Devant ma porte ; Le jardin, les arbres fruitiers, La brise forte Soufflent jusqu'à moi la rumeur Des tièdes feuilles Sans que mon immobile cœur En lui l'accueille. Je devine les coteaux mous Qui se prolongent, Sur l'étoffe de mes genoux Mes mains s'allongent Et je m'abîme à regarder Ces deux mains frêles Comme si mon corps tout entier Était en elles.