Les guèbres et l'astronome
Fable VIII, Livre II. xx L'astre du jour rentrait dans sa carrière ; Les Guèbres l'adoraient. Quelle divinité, Disaient-ils à genoux, au sein de la poussière, Oserait avec toi disputer de beauté ? Ton domaine est l'immensité ! Ta durée est l'éternité ! Et ta présence la lumière ! Rien de parfait que toi dans la nature entière. Parfait ! dit un docteur à mes dévots surpris, Quoique aussi bien qu'un autre il baissât la paupière ; Parfait ! y pensez-vous ? parfait ! Pauvres esprits ! Apprenez donc combien votre erreur est grossière ; Sachez qu'en plus d'un point le soleil est taché. Non, ce n'est pas tout or que ce roi des planètes. À vos yeux, j'en conviens, ce mystère est caché ; Mais il est clair pour nos lunettes. C'est peut-être y mal voir qu'y voir mieux qu'il ne faut. Censeurs trop scrupuleux, ma fable est votre histoire. Dans Delille, un Clément a vu plus d'un défaut ; Mais grâce à tout défaut qui se perd dans sa gloire.
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