Lyreval Poésie française

La rose humide et vierge

À Madame ***.

Que l'aube embellit de ses pleurs,
N'est pas plus fraîche que les fleurs
Que votre pinceau fait éclore.

On vante la voix et les chants
De la plaintive Philomèle :
Vos airs ne sont pas moins touchants,
Et vous chantez aussi bien qu'elle.

Par vous est réhabilité
Cet art accusé d'imposture :
Mensonge plein de vérité,
Par vous il devient la nature.

Mais de ce triomphe entre nous
Ne tirez pas trop d'avantage :
La nature a fait mieux que vous,
Bonneuil ; vous êtes son ouvrage.

Écrit en 1790.

Antoine-Vincent Arnault