Paul-Jean Toulet
Poèmes de Paul-Jean Toulet (93)
Classés par titre (A–Z).
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Aimez-vous le passéEt rêver d'histoires Évocatoires Aux contours effacés ? Les vieilles chambres Veuves de pas Qui sentent tout bas L'iris et l'ambre ; La pâleur des portraits, Les reliques usées Que des morts ont…
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Ainsi, ce chemin de nuageContrerime XLIII. Vous ne le prendrez point, D'où j'ai vu me sourire au loin Votre brillant mirage ? Le soir d'or sur les étangs bleus D'une étrange savane, Où pleut la fleur de frangipane,…
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À l'Alcazar neuf, où don JaymeContrerime XLII. Gratte un air maugrabin, Carmen dansant dans son lubin : Ce n'est pas ce que j'aime. Mais, à Triana, la liqueur D'une grappe où l'aurore Laissa des pleurs si froids encore Qu'ils…
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Alcôve noireCes premiers froids que l'on réchauffe d'un sarment, — Et des platanes d'or le long gémissement, — Et l'alcôve au lit noir qui datait d'Henri IV, Où ton corps, au hasard de l'ombre dévêtu,…
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À Londres je connus BellaContrerime LV. Princesse moins lointaine Que son mari le capitaine Qui n'était jamais là. Et peut-être aimait-il la mangue ; Mais Bella, les Français Tels qu'on le parle : c'est assez Pour qui ne…
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AmarissimesContrerime XX. Est-ce moi qui pleurais ainsi - Ou des veaux qu'on empoigne - D'écouter ton pas qui s'éloigne, Beauté, mon cher souci ? Et (je t'en fis, à pneumatique, Part, - sans aucun bagou) Ces…
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Au détour de la rue étroiteContrerime LVI. S'ouvre l'ombre et la cour Où Diane en plâtre, et qui court N'a que la jambe droite. Là-bas sur sa flûte de Pan, Un Ossalois nous lance Ces airs aigus comme une lance Qui percent le…
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Avril, dont l'odeur nous augureContrerime I. Le renaissant plaisir, Tu découvres de mon désir La secrète figure. Ah, verse le myrte à Myrtil, L'iris à Desdémone : Pour moi d'une rose anémone S'ouvre le noir pistil.
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Bayonne ! Un pas sous les ArceauxContrerime XLI. Que faut-il davantage Pour y mettre son héritage Ou son coeur en morceaux ? Où sont-ils, tout remplis d'alarmes, Vos yeux dans la noirceur, Et votre insupportable soeur, Hélas ; et…
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BoulogneContrerime XXII. Boulogne, où nous nous querellâmes Aux pleurs d'un soir trop chaud Dans la boue ; et toi, le pied haut, Foulant aussi nos âmes. La nuit fut ; ni, rentrés chez moi, Tes fureurs plus…
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Carthame chatoyant, cinabreContrerime XXIII. Colcothar, orpiment, Vous dont j'ai goûté l'ornement Sur la rive cantabre : Orpiment, dont l'éclat soyeux Le soleil qui reflète ; Cocothar, tendre violette Eclose dans ses yeux ;…
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Ce fut par un soir de l'automneContrerime XXXIV. A sa dernière fleur Que l'on nous prit pour Mgr L'Evêque de Bayonne, Sur la route de Jurançon. J'étais en poste, avecque Faustine, et l'émoi d'être évêque Lui sécha sa chanson.…
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Ces roses pour moi destinéesContrerime IV. Par le choix de sa main, Aux premiers feux du lendemain, Elles étaient fanées. Avec les heures, un à un, Dans la vasque de cuivre, Leur calice tinte et délivre Une âme à leur parfum…
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C'était dans les vapeurs du nardContrerime LII. C'était, dans les vapeurs du nard, Un cri, des jeux infâmes, Et ces yeux fatals qu'ont les femmes Du cruel Fragonard. Parfois, pour ranimer l'orgie, Brillait un sang nouveau. Bacchus,…
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C'était longtemps avant la guerreContrerime XI. Sur la banquette en moleskine Du sombre corridor, Aux flonflons d'Offenbach s'endort Une blanche Arlequine. ... Zo' qui saute entre deux MMrs, Nul falzar ne dérobe Le double trésor…
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C'était sur un chemin crayeuxContrerime LVIII. Trois châtes de Provence Qui s'en allaient d'un pas qui danse Le soleil dans les yeux. Une enseigne, au bord de la route, - Azur et jaune d'oeuf, - Annonçait : Vin de Châteauneuf,…
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Cet huissier, qui jetait, l'étéContrerime XXVII. Toute autre odeur que l'ambre, Avait le nom d'un pot de chambre Et la fétidité. L'autre, et noir, que, sous les lanternes, On vit à ses leçons Avarier les beaux garçons, Est…
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Chandelier toujours sans chandelleMais qu'il y faudrait trop de suif, Atricaille à revendre au Juif Et qui fais peur à l'hirondelle : Qu'Eiffel ait trouvé ton schéma Dans les marais de Panama Ça vaut-il à jamais qu'en France, Sous…
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Chevaux de boisContrerime XXXII. À Pau, les foires Saint-Martin, C'est à la Haute Plante. Des poulains, crinière volante, Virent dans le crottin. Là-bas, c'est une autre entreprise. Les chevaux sont en bois,…
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Comme à ce roi laconienContrerime XXXI. Près de sa dernière heure, D'une source à l'ombre, et qui pleure, Fauste, il me souvient ; De la nymphe limpide et noire Qui frémissait tout bas - Avec mon coeur - quand tu courbas…
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Comme les dieux gavant leur panseContrerime XXVI. Les Prétendants aussi. Télémaque en est tout ranci : Il pense à la dépense. Neptune soupe à Djibouti, (Près de la mer salée). Pénélope s'est en allée. Tout le monde est parti. Un…
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Dans la rue-des-Deux-DécadisContrerime LVII. Brillait en devanture Un citron plus beau que nature Ou même au Paradis ; Et tel qu'en mûrissait la terre Où mes premiers printemps Ombrageaient leurs jours inconstants Sous ton…
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Dans le lit vaste et dévastéContrerime V. J'ouvre les yeux près d'elle ; Je l'effleure : un songe infidèle L'embrasse à mon côté. Une lueur tranchante et mince Echancre mon plafond. Très loin, sur le pavé profond, J'entends un…
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Dans le silencieux automneContrerime VIII. D'un jour mol et soyeux, Je t'écoute en fermant les yeux, Voisine monotone. Ces gammes de tes doigts hardis, C'était déjà des gammes Quand n'étaient pas encor des dames Mes cousines,…
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Dessous la courtine mouilléeContrerime LIX. Du matin soucieux, Tu balances, harmonieux, Ta branche dépouillée, Beau peuplier qui de l'été Fais voir encor la grâce Pourquoi l'âge a-t-il sur ma face Aboli ma fierté ?
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De tout ce gala de provinceContrerime XXXII. Où l'on donnait Manon, Je ne revois plus rien sinon Ta forme étrange, et mince ; Et lorsqu'à ce duo troublant Tes yeux me firent signe, Frissonner le frimas d'un cygne Sur ton bel…
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Douce plage où naquit mon âmeContrerime XLVI. Et toi, savane en fleurs Que l'Océan trempe de pleurs Et le soleil de flamme ; Douce aux ramiers, douce aux amants, Toi de qui la ramure Nous charmait d'ombre, et de murmure, Et de…
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D'un noir éclair mêlés, il sembleContrerime XVII. Que l'on n'est plus qu'un seul. Soudain, dans le même linceul, On se voit deux ensemble Près des flots aux chantants adieux Dinard tient sa boutique... Ne pleure pas : d'être…
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Église de Saint-AugustinAu porche maigre, à l'ample dôme Dont les cloches seraient à Rome Beaucoup mieux qu'ici, le matin, Si ta circonspecte opulence Ignore cette violence Qui nous abyme en oraison, C'est que Dieu même est…
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Éléphant de ParisContrerime XXIV. Ah, Curnonsky, non plus que l'aube, N'était bien rigolo Il regardait le fil de l'eau. C'était avant les Taube. Et moi j'apercevais - pourtant Qu'on fût loin de Cythère - Un objet…
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Embrassez-moi, petite filleContrerime XXIX. Là, bien. Quoi de nouveau ? As-tu retrouvé le cerveau Qui manque à ta famille ? Dis-moi, c'est vrai que le curé Est mal avec la poste ? Et comment va Chose... Lacoste, L'ami de…
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En ArlesDans Arle, où sont les Aliscams, Quand l'ombre est rouge, sous les roses, Et clair le temps, Prends garde à la douceur des choses. Lorsque tu sens battre sans cause Ton coeur trop lourd ; Et que se…
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Enfin, puisque c'est Sa demeureContrerime LIII. Le bon Dieu, où est-Y ? " - " Chut, me dit-elle : Il est sorti, On ne sait à quelle heure. " " Et de nous tous le plus calé Je dis : Satan lui-même, Ne sait en ce désordre extrême Où…
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En l'an 801 de RomeCésar Claudius convint De quelques mesures, afin D'aider au bonheur des hommes. Un aqueduc fut parfait, Une loi réprima l'usure ; Et trois caractères furent Ajoutés à l'alphabet : Savoir (ainsi nous…
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En souvenir des grandes IndesContrerime XV. Harmonieux décor, La Rafette nourrit d'accord Un paon et quatre dindes. Et l'on croirait - tous ces échos Gloussants, l'autre qui grince - D'un préfet d'or, dans sa province, Borné de…
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ÉpitapheContrerime LXV. I. M. N. Plus souple à dénouer mes plis Que le serpent n'ondule, Ayant tous, ô Vénus Pendule, Tes rites accomplis ; Quand vint l'heure où le coeur se navre, Et des fatals ciseaux, Je…
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Fô a ditContrerime X. " Ce tapis que nous tissons comme " Le ver dans son linceul " Dont on ne voit que l'envers seul " C'est le destin de l'homme. " Mais peut-être qu'à d'autres yeux, " L'autre côté déploie…
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Géronte d'une autre IsabelleContrerime XVIII. A quoi t'occupes-tu D'user un reste de vertu Contre cette rebelle ? La perfide se rit de toi, Plus elle t'encourage. Sa lèvre même est un outrage. Viens, gagnons notre toit. Temps…
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Il pleuvait. Les tristes étoilesContrerime VI. Semblaient pleurer d'ennui. Comme une épée, à la minuit, Tu sautas hors des toiles. - Minuit ! Trouverai-je une auto, Par ce temps ? Et le pire, C'est mon mari. Que va-t-il dire, Lui…
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In memoriam J. G. MContrerime LXVIII. M. C. M. III. Dormez, ami ; demain votre âme Prendra son vol plus haut. Dormez, mais comme le gerfaut, Ou la couverte flamme. Tandis que dans le couchant roux Passent les…
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Iris, à son brillant mouchoirContrerime III. De sept feux illumine La molle averse qui chemine, Harmonieuse à choir. Ah, sur les roses de l'été, Sois la mouvante robe, Molle averse, qui me dérobe Leur aride beauté. Et vous, dont…
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J'ai beau trouver bien sympathiqueContrerime XLIX. Feu Loufoquadio, Ses Japs en sucre candiot, Son Bouddha de boutique ; Faime mieux le subtil schéma, Sur l'hiver d'un ciel morne, De ton aérien bicorne, Noble Foujiyama, Et tes cèdres…
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J'ai vu le Diable, l'autre nuitContrerime L. Et, dessous sa pelure, Il n'est pas aisé de conclure S'il faut dire : Elle, ou : Lui. Sa gorge, - avait l'air sous la faille, De trembler de désir : Tel, aux mains prés de le saisir, Un…
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La cigaleContrerime XXX. Quand nous fûmes hors des chemins Où la poussière est rose, Aline, qui riait sans cause En me touchant les mains ; - L'Écho du bois riait. La terre Sonna creux au talon. Aline se tut…
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L'AlchimisteSatan, notre meg, a dit Aux rupins embrassés des rombières : " Icicaille est le vrai paradis " Dont les sources nous désaltèrent. " La vallace couleur du ciel " Y lèche le long des allées " Le pavot…
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La première foisContrerime XXI. - " Maman !... Je voudrais qu'on en meure. " Fit-elle à pleine voix. - " C'est que c'est la première fois, Madame, et la meilleure. " Mais elle, d'un coude ingénu Remontant sa…
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La vie est plus vaine une imageContrerime LXX. Que l'ombre sur le mur. Pourtant l'hiéroglyphe obscur Qu'y trace ton passage M'enchante, et ton rire pareil Au vif éclat des armes ; Et jusqu'à ces menteuses larmes Qui miraient le…
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Le coucou chanteContrerime XIV. L'aurore est rouge encore, Et le vieux paon qu'Iris décore Jette au loin son cri d'or. Les colombes de ma cousine Pleurent comme une enfant. Le dindon roue en s'esclaffant : Il court…
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Le GarnoContrerime XII. L'hiver bat la vitre et le toit. Il fait bon dans la chambre, A part cette sale odeur d'ambre Et de plaisir. Mais toi, Les roses naissent sur ta face Quand tu ris près du feu... Ce…
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Le microbe : BotulinusContrerime VII. Fut, dans ses exercices, Découvert au sein des saucisses Par un Alboche en us. Je voudrais, non moins découverte, Floryse, que ce fût Vous que je trouve, au bois touffu, Dormante à…
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Le sonneur se suspend, s'élanceContrerime XXVIII. Perd pied contre le mur, Et monte : on dirait un fruit mûr Que la branche balance. Une fille passe. Elle rit De tout son frais visage : L'hiver de ce noir paysage A-t-il soudain…
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Les trois dames d'AlbiFilippa, Faïs, Esclarmonde, Les plus rares, que l'on put voir, Beautés du monde ; Mais toi si pâle encor d'avoir Couru la lune l'autre soir Aux quatre rues, Écoute : au bruit noir des chansons Satan…
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Le temps d'AdonisDans la saison qu'Adonis fut blessé, Mon coeur aussi de l'atteinte soudaine D'un regard lancé. Hors de l'abyme où le temps nous entraîne, T'évoquerai-je, ô belle, en vain - ô vaines Ombres,…
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Le Tremble est blancLe temps irrévocable a fui. L'heure s'achève. Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve, Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève, Tes yeux plus clairs. A travers le passé ma mémoire…
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L'immortelle, et l'œillet de merContrerime XL. L'immortelle, et l'oeillet de mer Qui pousse dans le sable, La pervenche trop périssable, Ou ce fenouil amer Qui craquait sous la dent des chèvres Ne vous en souvient-il, Ni de la…
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L'ingénueContrerime XXXIII. D'une amitié passionnée Vous me parlez encor, Azur, aérien décor, Montagne Pyrénée, Où me trompa si tendrement Cette ardente ingénue Qui mentait, fût-ce toute nue, Sans rougir…
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Longtemps si j'ai demeuré seulAh ! qu'une nuit je te revoie. Perce l'oubli, fille de joie, Sors du linceul. D'une figure trop aimée, Est-ce toi, spectre gracieux, Et ton éclat, cette fumée Devant mes yeux ? Ta pâleur, tes sombres…
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L'un vainqueur ou l'autre battuCes beaux soldats qui vous ont faite Gardaient jusque dans la défaite Le sourire de leur vertu. Vous, pour avoir rendu les armes, Je vous trouve fondue en larmes Et qui m'insultez entre tant. Que si…
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Me rendras-tu, rivage basqueContrerime LXII. Avec l'heur envolé Et tes danses dans l'air salé, Deux yeux, clairs sous le masque.
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Molle rive dont le dessinContrerime XLV. Est d'un bras qui se plie, Colline de brume embellie Comme se voile un sein, Filaos au chantant ramage - Que je meure et, demain, Vous ne serez plus, si ma main N'a fixé votre image.
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Nane, as-tu gardé souvenirDu Panthéon-Place Courcelle Qui roulait à cris de crécelle, Sans au but jamais parvenir ; Du jour où te sculptait la brise Sous ta jupe noire et cerise ; De l'impériale au banc haut, Où se scandait…
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NocturneContrerime IX. Ô mer, toi que je sens frémir A travers la nuit creuse, Comme le sein d'une amoureuse Qui ne peut pas dormir ; Le vent lourd frappe la falaise... Quoi ! si le chant moqueur D'une…
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Nous jetâmes l'ancre, MadameContrerime XLVII. Devant l'île Bourbon A l'heure où la nuit sent si bon Qu'elle vous troublait l'âme. (Ô monts, ô barques balancées Sur la lueur des eaux, Lointains appels, plaintes d'oiseaux…
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Ô jour qui meurs à songer d'elleContrerime LXVII. Un songe sans raison, Entre les plis du noir gazon Et la rouge asphodèle ; N'est-ce pas, aux feux du plaisir Inclinée et rebelle, Elle encor, mais cent fois plus belle, Et de flamme…
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On descendrait, si vous l'osiezContrerime LI. D'en haut de la terrasse, Jusques au seuil, où s'embarrasse Le pas dans les rosiers. D'un martin pêcheur qui s'élance L'éclair n'a que passé ; Et la source ; à son pleur glacé, Alterne…
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Ô poète, à quoi bon chercherContrerime XXV. Des mots pour son délire ? Il n'y a qu'au bois de ta lyre Que tu l'as su toucher. Plus haut que toi, dans sa morphine, Chante un noir séraphin. Ma nourrice disait qu'Enfin Est le mari…
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Pâle matin de FévrierContrerime LXI. Couleur de tourterelle Viens, apaise notre querelle, Je suis las de crier ; Las d'avoir fait saigner pour elle Plus d'un noir encrier... Couleur de tourterelle.
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Plus oultreAu mois d'aimer, au mois de Mai, Quand Zo' va cherchant sous les branches Le bien-aimé, Son jupon, tendu sur les hanches ; Me fait songer à l'aile blanche Du voilier Mers qui battez au pied des…
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Pour une dame imaginaireContrerime LX. Aux yeux couleur du temps, J'ai rimé longtemps, bien longtemps : J'en étais poitrinaire. Quand vint un jour où, tout à coup, Nous rimâmes ensemble. Rien que d'y penser, il me semble…
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Princes de la ChineContrerime XIII. a) Les trois princes Pou, Lou et You, Ornement de la Chine, Voyagent. Deux vont à machine, Mais You, c'est en youyou. Il va voir l'Alboche au crin jaune Qui lui dit : " I love you. "…
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Quand l'âge, à me fondre en débrisContrerime LXIX. Vous-même aura glacée Qui n'avez su de ma pensée Me sacrer les abris ; Qui, du saut des boucs profanée, Pareille sécherez A l'herbe dont tous les attraits, C'est une matinée ; Quand…
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Quel pas sur le pavé boueuxContrerime XXXIII. Sonne à travers la brume ? Deux boutiquiers, crachant le rhume, S'en retournent chez eux. - " C'est ce cocu de Lagnabère. - Oui, Faustine. - Ah, mon Dieu, En çà de Cogomble, quel…
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Quelquefois après des ébats polisQuelquefois, après des ébats polis, J'agitai si bien, sur la couche en déroute, Le crincrin de la blague et le sistre du doute Que les bras t'en tombaient du lit. Après ça, tu marchais, tu marchais…
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RéveilSi tu savais encor te lever de bonne heure, On irait jusqu'au bois, où, dans cette eau qui pleure Poursuivant la rainette, un jour, dans le cresson Tremblante, tes pieds nus ont leur nacre baignée.…
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Rêves d'enfantContrerime XIX. Circé des bois et d'un rivage Qu'il me semblait revoir, Dont je me rappelle d'avoir Bu l'ombre et le breuvage ; Les tambours du Morne Maudit Battant sous les étoiles Et la flamme où…
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Saigon : entre un ciel d'escarboucleContrerime XLVIII. Et les flots incertains, Du bruit, des gens de fièvre teints ; Sur le sanglant carboucle. Et, seule où l'oeil se recréât, Pendait au toit d'un bouge L'améthyste, dans tout ce…
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Si ta grande ombre, ô MoréasRevient aux cabarets des Halles Parmi les filles de trois balles Et leurs gitons complets à l'as, Puissé-je au soir d'un beau Dimanche, Près de l'homme à la souris blanche, À l'Ange ou dans l'affreux…
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Soir de MontmartreDécor d'encre. Sur le ciel terne Court un fil de fer : Mansarde où l'on aima, vanterne Sans carreaux, où l'on a souffert. Une enfant fait le pied de grue Le long du trottoir. Le bistro, du bout de la…
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Sur l'océan couleur de ferContrerime LXVI. Pleurait un choeur immense Et ces longs cris dont la démence Semble percer l'enfer. Et pais la mort, et le silence Montant comme un mur noir. ... Parfois au loin se laissait voir Un…
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Tandis qu'à l'argile au flanc vertContrerime XXXI. Dessus ton front haussée, Perlait le pleur d'une eau glacée, Les dailleurs, à couvert : " Enfant, riait leur voix lointaine, Voilà temps que tu bois. Si Monsieur Paul est dans le…
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Tel variait au jour changeantContrerime XXIX. - Avec l'or de tes boucles, Le sang d'un collier d'escarboucles Dans ma tasse d'argent Qui, tout de roses couronnée, - Sur la ligne où se joint L'ombre au soleil - jetait au loin Une…
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Toi pour qui les dieux du mystèreContrerime LXIV. Toi, pour qui les dieux du mystère Sont restés étrangers, J'ai vu ta mâne aux pieds légers, Descendre sous la terre, Comme en un songe où tu te vois A toi-même inconnue, Tu n'étais…
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Toi qu'empourprait l'âtre d'hiverContrerime II. Comme une rouge nue Où déjà te dessinait nue L'arôme de ta chair ; Ni vous, dont l'image ancienne Captive encor mon coeur, Ile voilée, ombres en fleurs, Nuit océanienne ; Non plus ton…
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Toi qui fais rêver, ô bruneSi pâle, de clair de lune ; Des heures blanches et lentes Où les colombes lamentent ; Le jour efface la lune, Les blondes se rient des brunes. Je t'ai onze jours aimée : L'amour, n'est-ce pas fumée ?
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Tout ainsi que ces pommesContrerime LIV. De pourpre et d'or Qui mûrissent aux bords Où fut Sodome ; Comme ces fruits encore Que Tantalus, Dans les sombres palus, Crache, et dévore ; Mon coeur, si doux à prendre Entre tes…
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Toute allégresse a son défautContrerime LXIII. Et se brise elle-même. Si vous voulez que je vous aime ; Ne riez pas trop haut. C'est à voix basse qu'on enchante Sous la cendre d'hiver Ce coeur, pareil au feu couvert, Qui se…
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Trottoir de l'Élysé'-PalaceContrerime XVI. Dans la nuit en velours Où nos coeurs nous semblaient si lourds Et notre chair si lasse ; Dôme d'étoiles, noble toit, Sur nos âmes brisées, Taxautos des Champs-Élysées, Soyez témoins…
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Un Jurançon 93Contrerime XXXV. Aux couleurs du maïs, Et ma mie, et l'air du pays : Que mon coeur était aise. Ah, les vignes de Jurançon, Se sont-elles fanées, Comme ont fait mes belles années, Et mon bel échanson…
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Vêtue à l'envi d'un beau soirD'une liquette d'écarlate Et d'un seul bas noir, délicate À voir, Telles, divin marquis, les seules Couleurs peignant à ton désir La mort de sable, et du plaisir Les gueules.
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Vous me reprochez entre tantVous me reprochez, entre tant, D'être chipé pour la boniche. Mais vous donner mon cœur, autant Porter des cerises à Guiche. Ne prenez pas cet air pointu En parlant d'amour ancillaire. Achille a taxé…
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Vous qui retournez du CathaiContrerime XLIV. Par les Messageries, Quand vous berçaient à leurs féeries L'opium ou le thé, Dans un palais d'aventurine Où se mourait le jour, Avez-vous vu Boudroulboudour, Princesse de la Chine,…
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Vous souvient-il de l'aubergeEt combien j'y fus galant ? Vous étiez en piqué blanc : On eût dit la Sainte Vierge. Un chemineau navarrais Nous joua de la guitare. Ah ! que j'aimais la Navarre, Et l'amour, et le vin frais. De…
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Non, ce taxi, quelle charrette» – Non, ce taxi, quelle charrette. C’est sous les toits, votre entresol ? Je t’aime… Oui c’est un tournesol… Si tu savais comme il me traite : Des claques voilà mes cadeaux ! Je croyais n’être…
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