Nicolas Boileau
Poèmes de Nicolas Boileau (46)
Classés par titre (A–Z).
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À ClimèneTout me fait peine, Et depuis un jour Je crois, Climène, Que j'ai de l'amour. Cette nouvelle Vous met en courroux. Tout beau, cruelle, Ce n'est pas pour vous !
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À Jean RacineRacine, plains ma destinée. C'est demain la triste journée, Où le prophète Desmarets, Armé de cette même foudre Qui mit le Port-Royal en poudre, Va me percer de mille traits. C'en est fait, mon heure…
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À Madame la présidente De Lamoignon(Sur le portrait du P. Bourdaloue qu'elle lui envoya.) Du plus grand orateur dont la chaire se vante, M'envoyer le portrait, illustre présidente, C'est me faire un présent qui vaut mille présents.…
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À M. Arnauld(Sur la fausse honte ou le respect humain.) Oui, sans peine, au travers des sophismes de Claude, Arnauld, des novateurs tu découvres la fraude, Et romps de leurs erreurs les filets captieux : Mais…
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À M. De GuilleraguesDe la connaissance de soi-même. Esprit né pour la cour, et maître en l'art de plaire, Guilleragues, qui sais et parler et te taire, Apprends-moi si je dois ou me taire ou parler. Faut-il dans la…
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À M. De LamoignonLes plaisirs de la campagne. Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville, Et contre eux la campagne est mon unique asile. Du lieu qui m'y retient veux-tu voir le tableau ? C'est un petit…
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À mes vers(Sur leur impatience à paraître.) J'ai beau vous arrêter, ma remontrance est vaine ; Allez, partez, mes Vers, dernier fruit de ma veine. C'est trop languir chez moi dans un obscur séjour : La prison…
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À M. de MolièreRare et fameux esprit, dont la fertile veine Ignore en écrivant le travail et la peine ; Pour qui tient Apollon tous ses trésors ouverts, Et qui sais à quel coin se marquent les bons vers : Dans les…
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Amitié fidèle(Sur la mort d'Iris en 1654.) Parmi les doux transports d'une amitié fidèle, Je voyais près d'Iris couler mes heureux jours : Iris que j'aime encore, et que j'aimerai toujours, Brûlait des mêmes feux…
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À M. Jean RacineDe l'utilité des ennemis. Que tu sais bien, Racine, à l'aide d'un acteur, Emouvoir, étonner, ravir un spectateur ! Jamais Iphigénie, en Aulide immolée, N'a coûté tant de pleurs à la Grèce assemblée,…
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À M. L'abbé Des Roches(Sur les inconvénients des procès.) À quoi bon réveiller mes muses endormies, Pour tracer aux auteurs des règles ennemies ? Penses-tu qu'aucun d'eux veuille subir mes lois, Ni suivre une raison qui…
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À M. L'abbé Le Vayer(Sur les folies humaines.) D'où vient, cher Le Vayer, que l'homme le moins sage Croit toujours seul avoir la sagesse en partage, Et qu'il n'est point de fou, qui, par belles raisons, Ne loge son…
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À M. L'abbé Renaudot(Sur l'amour de Dieu.) Docte abbé, tu dis vrai ; l'homme, au crime attaché, En vain, sans aimer Dieu, croit sortir du péché. Toutefois, n'en déplaise aux transports frénétiques Du fougueux moine…
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À M. Le marquis de SeignelayRien n'est plus beau que le vrai. Dangereux ennemi de tout mauvais flatteur, Seignelay, c'est en vain qu'un ridicule auteur, Prêt à porter ton nom de l'Èbre jusqu'au Gange, Croit te prendre aux…
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À M. Le marquis de Dangeau(Sur la noblesse dépourvue de vertu.) La noblesse, Dangeau, n'est pas une chimère, Quand, sous l'étroite loi d'une vertu sévère, Un homme issu d'un sang fécond en demi-dieux, Suit, comme toi, la…
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À mon jardinierLaborieux valet du plus commode maître Qui pour te rendre heureux ici-bas pouvait naître, Antoine, gouverneur de mon jardin d'Auteuil, Qui diriges chez moi l'if et le chèvrefeuil, Et sur mes…
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Au RoiGrand roi, c'est vainement qu'abjurant la satire Pour toi seul désormais j'avais fait vœu d'écrire. Dès que je prends la plume, Apollon éperdu Semble me dire : Arrête, insensé ; que fais-tu ? Sais-tu…
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Au Roi (I)Le passage du Rhin. En vain, pour te louer, ma muse toujours prête, Vingt fois de la Hollande a tenté la conquête : Ce pays, où cent murs n'ont pu te résister, Grand roi, n'est pas en vers si facile…
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Au Roi (II)Grand roi, cesse de vaincre, ou je cesse d'écrire. Tu sais bien que mon style est né pour la satire ; Mais mon esprit, contraint de la désavouer, Sous ton règne étonnant ne veut plus que louer.…
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Chanson à boire(Écrite à l'âge de dix-sept ans.) Philosophes rêveurs, qui pensez tout savoir, Ennemis de Bacchus, rentrez dans le devoir : Vos esprits s'en font trop accroire. Allez, vieux fous, allez apprendre à…
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Chanson à boire (I)Soupirez jour et nuit sans manger et sans boire ; Ne songez qu'à souffrir ; Aimez, aimez vos maux, et mettez votre gloire À n'en jamais guérir. Cependant nous rirons Avecque la bouteille, Et dessous…
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Chanson à boire (II)(Écrite à Bâville où était le P. Bardaloue, 1672.) Que Bâville me semble aimable, Quand des magistrats le plus grand Permet que Bacchus à sa table Soit notre premier président ! Trois muses, en habit…
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Contre Saint SorlinDans le palais, hier Bilain Voulait gager contre Ménage Qu'il était faux que Saint Sorlin Contre Arnauld eût fait un ouvrage. Il en a fait, j'en sais le temps, Dit un des plus fameux libraires.…
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ÉnigmeDu repos des humains implacable ennemie, J'ai rendu mille amants envieux de mon sort. Je me repais de sang, et je trouve ma vie Dans les bras de celui qui recherche ma mort.
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Épitaphe de M. Arnauld(En mémoire à Arnauld.) Au pied de cet autel de structure grossière, Gît sans pompe, enfermé dans une vile bière, Le plus savant mortel qui jamais ait écrit ; Arnauld, qui, sur la grâce instruit par…
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Épitaphe(Épitaphe de la mère de l'auteur.) Épouse d'un mari doux, simple, officieux, Par la même douceur je sus plaire à ses yeux : Nous ne sûmes jamais ni railler ni médire. Passant, ne t'enquiers point si…
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L'amateur d'horlogesSans cesse autour de six pendules, De deux montres, de trois cadrans, Lutin, depuis trente et quatre ans, Occupe ses soins ridicules. Mais à ce métier, s'il vous plaît, A-t-il acquis quelque science…
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L'art poétique (Chant I)C'est en vain qu'au Parnasse un téméraire auteur Pense de l'art des vers atteindre la hauteur. S'il ne sent point du Ciel l'influence secrète, Si son astre en naissant ne l'a formé poète, Dans son…
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L'art poétique (Chant II)Telle qu'une bergère, au plus beau jour de fête, De superbes rubis ne charge point sa tête, Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamants, Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements Telle,…
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L'art poétique (Chant III)Il n'est point de serpent, ni de monstre odieux, Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux ; D'un pinceau délicat l'artifice agréable Du plus affreux objet fait un objet aimable. Ainsi, pour…
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L'art poétique (Chant IV)Dans Florence, jadis, vivait un médecin, Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin. Lui seul y fit longtemps la publique misère : Là, le fils orphelin lui redemande un père ; Ici, le frère pleure…
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Le bûcheron et la mortLe dos chargé de bois, et le corps tout en eau, Un pauvre bûcheron, dans l'extrême vieillesse, Marchait en haletant de peine et de détresse. Enfin, las de souffrir, jetant là son fardeau, Plutôt que…
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Les embarras de ParisQui frappe l'air, bon Dieu ! de ces lugubres cris ? Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ? Et quel fâcheux démon, durant les nuits entières, Rassemble ici les chats de toutes les…
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Nourri dès le berceau(Sonnet sur une de ses parentes qui mourût toute jeune entre les mains d'un charlatan.) Nourri dès le berceau près de la jeune Orante, Et non moins par le cœur que par le sang lié, A ses jeux…
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Plaintes contre les TuileriesAgréables jardins où les Zéphyrs et Flore Se trouvent tous les jours au lever de l'Aurore ; Lieux charmants qui pouvez dans vos sombres réduits, Des plus tristes amants adoucir les ennuis, Cessez de…
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Stances à Molière(Sur sa comédie L'école des femmes.) En vain mille jaloux esprits, Molière, osent avec mépris Censurer ton plus bel ouvrage : Sa charmante naïveté S'en va pour jamais, d'âge en âge, Divertir la…
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Sur HomèreQuand, la dernière fois, dans le sacré vallon, La troupe des neuf sœurs, par l'ordre d'Apollon, Lut l'Iliade et l'Odyssée ; Chacune à le louer se montrant empressée : Apprenez un secret qu'ignore…
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Vers pour Mademoiselle Lamoignon(Vers pour mettre en bas du portait de M lle de Lamoignon.) Aux sublimes vertus nourrie en sa famille, Cette admirable et sainte fille En tous lieux signala son humble piété ; Jusqu'aux climats où…
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Vers pour mon père(Vers pour mettre en bas du portrait de son père.) Ce greffier doux et pacifique De ses enfants au sang critique N'eut point le talent redouté : Mais, fameux par sa probité, Reste de l'or du siècle…
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Vers pour Tavernier(Vers pour mettre en bas du portrait de Tavernier.) De Paris à Dehli, du couchant à l'aurore, Ce fameux voyageur courut plus d'une fois : De l'Inde et de l'Hydaspe il fréquenta les rois ; Et sur les…
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Vers sur Marie Poncher de Brétouville(Mis en musique par Lambert en 1671.) Voici les lieux charmants où mon âme ravie Passait à contempler Silvie Les tranquilles moments si doucement perdus. Que je l'aimais alors ! Que je la trouvais…
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Au royGrand roy, c’est vainement qu’abjurant la satire, Pour toy seul desormais j’avois fait voeu d’écrire. Dès que je prens la plume, Apollon éperdu Semble me dire: arreste, insensé, que fais-tu? Sçais-tu…
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Épitaphe d’ArnauldAu pied de cet autel de structure grossière Gît sans pompe, enfermé dans une vile bière, Le plus savant mortel qui jamais ait écrit; Arnauld, qui, sur la grâce instruit par Jésus-Christ, Combattant…
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Chanson A Boire III(Écrite à Bâville où était le P. Bardaloue, 1672.) Que Bâville me semble aimable, Quand des magistrats le plus grand Permet que Bacchus à sa table Soit notre premier président! Trois muses, en habit…
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Odesur un bruit qui courut en 1656Ode Sur Un Bruit Qui Courut, En 1656, Que Cromwell Et Les Anglais Allaient Faire La Guerre A La France. Quoi! ce peuple aveugle en son crime, Qui, prenant son roi pour victime, Fit du trône un…
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Vers à mettre en chantVoici les lieux charmants où mon âme ravie Passait à contempler Silvie Les tranquilles moments si doucement perdus. Que je l’aimais alors, que je la trouvais belle! Mon coeur, vous soupirez au nom de…
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