Germain Nouveau
Poèmes de Germain Nouveau (94)
Classés par titre (A–Z).
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AmourJe ne crains pas les coups du sort, Je ne crains rien, ni les supplices, Ni la dent du serpent qui mord, Ni le poison dans les calices, Ni les voleurs qui fuient le jour, Ni les sbires ni leurs…
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AphorismesAimer la Vérité, C'est aimer dans son cœur une Naïade blanche. Le peintre la demande aux rires des couleurs. * Sans la beauté de Dieu, le cœur de l'homme est sombre. * Quelquefois le génie est le mot…
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AthéeLe monde attend un nouveau Dieu. Joseph de Maistre. Je m'adresse à tout l'Univers, Après David, le roi psalmiste. Oui, Madame, en ces quelques vers, Je m'adresse à tout l'Univers. Sur les continents…
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Aux femmesEt vous, l'ancienne esclave à la caresse amère, Vous le bétail des temps antiques et charnels, Vous, femmes, dont Jésus fit la Vierge et la Mère, D'après Celle qui porte en ses yeux maternels Le…
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Cantique à la ReineI. Douce Vierge Marie, humble mère de Dieu Que tout le ciel contemple, Vous qui fûtes un lys debout dans l'encens bleu Sur les marches du temple ; Épouse agenouillée à qui l'ange parla ; Ô divine…
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Cas de divorceAdam était fort amoureux. Maigre comme un clou, les yeux creux ; Son Ève était donc bien heureuse D'être sa belle Ève amoureuse, Mais... fiez-vous donc à demain ! Un soir, en promenant sa main Sur le…
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ChansonPuisque de Sisteron à Nantes, Au cabaret, tout français chante, Puisque je suis ton échanson, Je veux, ô Française charmante, Pour toi d'abord, et mes amis, En buvant gaiement dans mon verre À la…
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CharitéNourrissez votre cœur du feu des charités, Filles du Fils de l'homme, aux yeux pleins de clartés. Aimez celle qu'un peuple appelle politesse. Avant Notre-Seigneur, savoir vivre, qu'était-ce ? Quelque…
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ChastetéLouez la chasteté, la plus grande douceur, Qui fait les yeux divins et la lèvre fleurie, Et de l'humanité tout entière une sœur, C'est par elle que l'âme à l'âme se marie ; Par elle que le cœur du…
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Couples prédestinésPeut-être un jour l'époux selon l'amour, l'épouse Selon l'amour, selon l'ordre d'Emmanuel, Sans que lui soit jaloux, sans qu'elle soit jalouse, Leurs doigts libres pliés au travail manuel, Fervents…
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CruC'est vrai, je suis épileptique, Je peux tomber trois fois par jour D'une fenêtre, d'un portique, Et d'une cloche de l'Amour. Mais... quel est cet air de reproche ? Ça ne fait que trois ? J'ai péché…
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DangereuseVous dangereuse ? mais sans doute ! Très dangereuse, c'est certain ; Comme la peur que l'on écoute, Comme le bois près de la route Vers les six heures du matin ; Comme l'éloquence imagée, Comme un…
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Dans les temps que je voisAlors, si l'homme est juste et si le monde est sage, Offrant tout à Jésus, sa joie et ses douleurs, Ceux-là, dont le poète apporte un doux message, Viendront comme un bel arbre épanouit ses fleurs.…
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DauphinMadame, on dit que les bons comptes Font les bons amis. Soit, comptons... Comme dans les comptes des contes, Par bœufs, par veaux et par moutons ; Pris un jour une cigarette De vous, dois :…
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Dernier madrigalQuand je mourrai, ce soir peut-être, Je n'ai pas de jour préféré, Si je voulais, je suis le maître, Mais... ce serait mal me connaître, N'importe, enfin, quand je mourrai. Mes chers amis, qu'on me…
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DieuDieu, c'est la beauté, Dieu, beauté même, a parlé Dans le buisson de flamme à son peuple assemblé, Aux lèvres de Moïse, aux lèvres des prophètes, Et ses discours profonds sont clairs comme des fêtes.…
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FouQue je sois un fou, qu'on le dise, Je trouve ça tout naturel, Ayant eu ma part de bêtise Et commis plus d'une sottise, Depuis que je suis... temporel. Je suis un fou, quel avantage, Madame ! un fou,…
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FraternitéFrère, ô doux mendiant qui chantes en plein vent, Aime-toi, comme l'air du ciel aime le vent. Frère, poussant les boeufs dans les mottes de terre, Aime-toi, comme aux champs la glèbe aime la terre.…
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GâtéComme une femme, hélas ! vous change ! Ainsi, moi... je fume toujours, Je ris, je dors, je bois, et mange, Mais tu m'as rendu bien étrange, Et de tous les fils, le plus lourd. Un fils qui foule au…
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GrisJe connais un charmant ivrogne, Autant vous le nommer, ma foi ! Dire que vous avez la trogne, Ce serait mentir sans vergogne. Pourtant, un soir, écoutez-moi ! Vous aviez bu trop de champagne, Ça se…
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HumilitéI. L'esprit des sages te contemple, Porte étroite et basse du temple Auguste de la vérité ! Vertu que Dieu place à la tête Des vertus que l'ange au ciel fête ; Car elle est la perle parfaite Dans…
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HymneAmour qui voles dans les nues, Baisers blancs, fuyant sur l'azur, Et qui palpites dans les mues, Au nid sourd des forêts émues ; Qui cours aux fentes des vieux murs, Dans la mer qui de joie écume, Au…
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IdiotNous lisons dans Legrand du Saulle Que le crétin a du goût pour L'arithmétique... tiens ! c'est drôle ! Et la musique... du tambour. Qu'il a du goût pour la peinture ; J'en ai fait... pas...…
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IdylleDieu sait bien que la femme est maîtresse de l'homme, Mais l'époux généreux, chez l'épouse économe, S'ils sont deux bons chrétiens en un cœur bien fondus, Libre, vit dans la paix, loin des jougs…
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IgnorantJe suis bien ignorant, Madame : Je ne sais si j'ai quatre mains, Si je n'ai qu'un corps ou qu'une âme, Ou quatre pieds sur les chemins. Je ne sais pas si j'ai deux queues, Et deux têtes, il se…
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ImmensitéVoyez le ciel, la terre et toute la nature ; C'est le livre de Dieu, c'est sa grande écriture ; L'homme le lit sans cesse et ne l'achève point. Splendeur de la virgule, immensité du point ! Comètes…
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InvocationÔ mon Seigneur Jésus, enfance vénérable, Je vous aime et vous crains petit et misérable, Car vous êtes le fils de l'amour adorable. Ô mon Seigneur Jésus, adolescent fêté, Mon âme vous contemple avec…
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J'ai du goût pour la flâneDixain. J'ai du goût pour la flâne, et j'aime, par les rues, Les réclames des murs fardés de couleurs crues, La Redingote Grise, et Monsieur Gallopau ; L'Hérissé qui rayonne au-dessous d'un chapeau ;…
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JalouxEn été dans ta chambre claire, Vers le temps des premiers aveux, (Ce jeu-là paraissait Te plaire) On ouvrait parfois Baudelaire, Avec ton épingle à cheveux, Comme un croyant ouvre sa Bible, En…
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JuifQuelqu'un qui jamais ne se trompe, M'appelle juif... Moi, juif ? Pourquoi ? Je suis chrétien, sans que je rompe Le pain bénit à son de trompe, Bien qu'en mon trou... je reste coi. Je sais juif, ah !…
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La courJe connais, Madame, un bonhomme Qui serait bien mal à la Cour. Je ne sais comment il se nomme, Sa femme n'est pas laide, en somme, Non..., elle est très digne d'amour. Elle a de l'œil et de la…
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La DéesseJ'adore la Mythologie, Sa science en fleurs, sa magie, Ses Dieux... souvent si singuliers, Et ses Femmes surnaturelles Qui mêlent leurs noms aux querelles Des peuples et des écoliers. Cachés parfois…
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La devisePuisque Vous vîntes en ce monde, Sur la Normandie au sol fier, Dans une ville gaie et blonde, Entre les pommiers et la mer ; Puisqu'il est certain que vous, Femme, Vous pouvez tout, grâce à l'Amour,…
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La féeIl en est encore une au monde, Je la rencontre quelquefois, Je dois vous dire qu'elle est blonde Et qu'elle habite au fond des bois. N'était que Vous, Vous êtes brune Et que Vous habitez Paris, Vous…
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L'agonisantCe doit être bon de mourir, D'expirer, oui, de rendre l'âme, De voir enfin les cieux s'ouvrir ; Oui, bon de rejeter sa flamme Hors d'un corps las qui va pourrir ; Oui, ce doit être bon, Madame, Ce…
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La maximeLa Rochefoucauld dit, Madame, Qu'on ne doit pas parler de soi, Ni ?.. ni ?.. de ?.. de ?.. sa ?.. sa ?.. sa femme. Alors, ma conduite est infâme, Voyez, je ne fais que ça, moi. Je me moque de sa…
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L'âmeComme un exilé du vieux thème, J'ai descendu ton escalier ; Mais ce qu'a lié l'Amour même, Le temps ne peut le délier. Chaque soir quand ton corps se couche Dans ton lit qui n'est plus à moi, Tes…
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L'Amour de l'AmourI. Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ; C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève, Lui dont reste un parfum quand vos ans se…
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La poudreEt vos cheveux, alors, de sombres Deviennent gris, et de gris, blancs, Comme un peuple aux ailes sans nombres De colombes aux vols tremblants. Suis-je sur terre ou bien rêvè-je ? Quoi, c'est vous,…
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La rencontreVous mîtes votre bras adroit, Un soir d'été, sur mon bras... gauche. J'aimerai toujours cet endroit, Un café de la Rive-Gauche ; Au bord de la Seine, à Paris : Un homme y chante la Romance Comme au…
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La robeVous portez une robe grise, M'a dit Suzanne l'autre jour ; Or, vous aurai-je bien comprise ? Ça veut-il dire qu'elle est grise, Qu'elle est toute grise d'amour ? Qu'elle est grise comme la mine De…
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La statueParmi les marbres qu'on renomme Sous le ciel d'Athène ou de Rome, Je prends le plus pur, le plus blanc, Je le taille et puis je l'étale Dans ta pose d'Horizontale Soulevée... un peu... sur le…
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La visiteMoi mouchard ?... oui, madame Phaïlle, Comme on Vous nomme dans l'endroit, Que Tu ravis avec ta taille, Où tu prends du bout d'une paille, Au temps chaud, ton sorbet... très froid. À l'Ictinus ! près…
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Le baiser (I)N'êtes-vous pas toute petite Dans votre vaste appartement, Où comme un oiseau qui palpite Voltige votre pied normand ? N'est-elle pas toute mignonne, Blanche dans l'ombre où tu souris, Votre taille…
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Le baiser (II)Comme une ville qui s'allume Et que le vent achève d'embraser, Tout mon cœur brûle et se consume, J'ai soif, oh ! j'ai soif d'un baiser. Baiser de la bouche et des lèvres Où notre amour vient se…
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Le baiser (III)« Tout fait l'amour. » Et moi, j'ajoute, Lorsque tu dis : « Tout fait l'amour » : Même le pas avec la route, La baguette avec le tambour. Même le doigt avec la bague, Même la rime et la raison, Même…
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Le baiser (IV)Le Baiser de ton rêve Est celui de l'Amour ! Le jour, le jour se lève, Clairons, voici le jour ! Le Baiser de mon rêve Est celui de l'Amour ! Enfin, le jour se lève ! Clairons, voici le jour ! La…
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Le cidreJe veux en vider un grand litre. C'est très chic le cidre, et d'abord C'est le tien ! je l'aime à ce titre. Il est clair, derrière sa vitre, Comme une aube des Ciels du Nord. C'était le cidre de…
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Le corps et l'âmeDieu fit votre corps noble et votre âme charmante. Le corps sort de la terre et l'âme aspire aux cieux ; L'un est un amoureux et l'autre est une amante. Dans la paix d'un jardin vaste et délicieux,…
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Le DieuN'est pas athée qui veut. Napoléon. Je vous dis un soir une chose Dont vous fûtes peut-être cause : J'ai découvert un nouveau Dieu. « Nous irons le prêcher ensemble », Me répondîtes-vous ; j'en…
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Le LivreDe vous le dire je m'empresse... Oh ! la fâcheuse inversion ! D'ailleurs la seule qui paraisse Être échappée à ma paresse, Au cours de cette édition. Je m'empresse de vous le dire, Allons ! voilà qui…
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Le mendiantL'être que j'adore en ce monde, Eût-il les pieds noirs et des poux, Le cœur d'une extase profonde ; Je lui baiserais les genoux. D'abord il convient de vous dire Que si je ne l'adorais pas, Ça ferait…
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L'enfant pâleC'est la triste feuille morte Que le vent d'octobre emporte, C'est la lune, au front du jour, Que nulle étoile n'escorte, Au soleil, c'est mon amour, L'enfant plus pâle que blanche : Beau fruit…
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Le nomJe porte un nom assez... bizarre, Tu diras : « Ton cas n'est pas rare. » Oh !... je ne pose pas pour ça, Du tout... mais... permettez, Madame, Je découvre en son anagramme : Amour ingénue, et puis :…
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Le peigneLa serviette est une servante, Le savon est un serviteur, Et l'éponge est une savante ; Mais le peigne est un grand seigneur. Oui, c'est un grand seigneur, Madame, Des plus nobles par la hauteur Et…
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Le portraitDepuis longtemps, je voudrais faire Son portrait, en pied, suis-moi bien : Quand elle prend son air sévère, Elle ne bouge et ne dit rien. Ne croyez pas qu'Elle ne rie Assez souvent ; alors, je vois…
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Le refusJe suis pédéraste dans l'âme, Je le dis tout haut et debout. Assis, je changerais de gamme, Et, couché sur un lit, Madame, Je ne le dirais plus du tout. La pédérastie est un vice : C'est l'avis de…
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Les baisersSonnez, sonnez haut sur la joue, Baisers de la franche amitié, Comme un fils de neuf ans qui joue, Petit tapageur sans pitié. Baiser du respect qui s'imprime À la porte du cœur humain, Comme avec…
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Les cartesC'était en octobre, un dimanche, Je revenais de déjeuner ; Vous jouiez au lit, toute blanche, Vos cartes dans votre main... franche, Qui commence à les retourner. Vous faisiez une réussite ; Est-ce…
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Les cathédralesMais gloire aux cathédrales ! Pleines d'ombre et de feux, de silence et de râles, Avec leur forêt d'énormes piliers Et leur peuple de saints, moines et chevaliers, Ce sont des cités au-dessus des…
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Les colombesNi tout noirs, ni tout verts, couleur D'espérances jamais en fleur, Les ifs balancent des colombes, Et cela réjouit les tombes. Elles éclatent, dans les ifs, Ainsi que des fruits excessifs,…
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Les lettresJe ne veux plus lire de lettre, Sauf les lettres que le facteur Sera chargé de me remettre, Comme après tout on est le maître De lire tel ou tel auteur. Écoutez bien, gens de la ville : Montrer, avec…
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Les mainsAimez vos mains afin qu'un jour vos mains soient belles, Il n'est pas de parfum trop précieux pour elles, Soignez-les. Taillez bien les ongles douloureux, Il n'est pas d'instruments trop délicats…
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Les muséesEntrez dans les palais grands ouverts à la foule ; Un jour limpide y luit, l'heure paisible y coule, Le pied rit au miroir des parquets précieux, Et loin, dans le plafonds aussi hauts que les cieux,…
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Le teintVous êtes brune et pourtant blonde, Vous êtes blonde et pourtant brune... Aurais-je l'air, aux yeux du monde, D'arriver tout droit de la lune ? Et cependant, on peut m'en croire, Vous êtes l'une et…
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Le verreMadame, on m'a dit l'autre jour Que j'imitais... qui donc ? devine ; Que j'imitais Musset : le tour N'en est pas nouveau, j'imagine. Musset a répondu pour nous : « C'est imiter quelqu'un, que diantre…
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L'hommeHomme dont la tristesse est écrite d'un bout Du monde à l'autre, et même aux murs de la campagne, Forçat de l'hôpital et malade du bagne ; Dormeur maussade, à qui chaque aube dit : « Debout ! »…
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L'idéalL'honneur permet la galanterie quand elle est unie à L'idée de sentiments du cœur, ou à l'idée de conquête. Montesquieu. Mon idéal n'est pas : mon ange, À qui l'on dit : mon ange, mange ; Tu ne bois…
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MarseilleC'est à Rouen, votre Rouen, Madame, Qu'on brûla... (je fais un impair !) Mais Marseille ! c'est une femme Qui se lève, au bord de la mer ! Le Havre a votre amour, et d'une ; Son port, et de deux ;…
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Mors et vitaSouvenez-vous des humbles cimetières Que voile aux villages voisins Le pli d'un coteau pâle où pendent les raisins, Qu'éveille, au point du jour, l'air du casseur de pierres. Seuls, les vieux…
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Muses, souvenez-vousDixain. Muses, souvenez-vous du guerrier, — de l'ancien Qui ne fut général ni polytechnicien, Mais qui charma dix ans les mânes du grand Hômme ! Cet invalide était la gaîté de son dôme. Mon cœur est…
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PauvretéQui donc fera fleurir toute la pauvreté ? Quand Jésus a quitté le ciel, il l'a quitté Pour une étable ; il est charpentier, il travaille ; Né sur l'or, mais sur l'or mystique de la paille, Entre…
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Poison perduDes nuits du blond et de la brune Pas un souvenir n'est resté Pas une dentelle d'été, Pas une cravate commune ; Et sur le balcon où le thé Se prend aux heures de la lune Il n'est resté de trace,…
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Sonnet d'étéNous habiterons un discret boudoir, Toujours saturé d'une odeur divine, Ne laissant entrer, comme on le devine, Qu'un jour faible et doux ressemblant au soir. Une blonde frêle en mignon peignoir…
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Sonnet - KhatoumOh ! peindre tes cheveux du bleu de la fumée, Ta peau dorée et d'un ton tel qu'on croit y voir presque Une rose brûlée ! et ta chair embaumée, Dans les grands linges d'ange, ainsi qu'en une fresque,…
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Sonnet - MusulmanesÀ Camille de Sainte-Croix. Vous cachez vos cheveux, la toison impudique, Vous cachez vos sourcils, ces moustaches des yeux, Et vous cachez vos yeux, ces globes soucieux, Miroirs plein d'ombre où…
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Sonnet - Set OhaëdatJe vous fus présenté Madame, dans la salle De marbre frais et sombre où vous passiez les jours Au bruit de ces jets d'eau monotones des cours Damasquinés ; l'or blanc cerclait votre bras pâle. Assise…
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Sonnet - SmalaLe soleil verse aux toits des chambres mal fermées Ses urnes enflammées ; En attendant le kief, toutes sont là, pâmées, Sur les divans brodés de chimères armées ; Annès, Nazlès, Assims, Bourbaras,…
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SphinxToutes les femmes sont des fêtes, Toutes les femmes sont parfaites, Et dignes d'adoration, Sous les fichus ou sous les mantes Toutes les femmes sont charmantes, Oui, toutes, sans exception ; Toutes…
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SupérieureJ'entendais parler tout à l'heure Ce n'est, ma Mignonne... pas Toi... Car... que sais-tu faire en ce monde, Petite reine toute ronde Faite au tour pour le bal du roi ? Oui, raconte-nous tes affaires…
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TartarinDe Marseille, moi ? de Marseille ? Tu veux que j'en sois, c'est trop fort ! M'entends-tu dire qu'il « soleille » ? Je ne suis pas né dans le Nord, Je dois en convenir sans honte ; Mais on peut venir…
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Toute nueIl y a plus de faiblesse que de raison À être humiliés de ce qui nous manque. Vauvenargues. Or, je suppose que nous sommes, Madame, dans votre salon : On parle chiffres, rentes, sommes : « Je suis le…
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Un peu de musiqueUne musique amoureuse Sous les doigts d'un guitariste S'est éveillée, un peu triste, Avec la brise peureuse ; Et sous la feuillée ombreuse Où le jour mourant résiste, Tourne, se lasse, et persiste…
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VilainJ'ai connu, Madame, une Dame, Aussi grande de cœur et d'âme Que... la plus grande et... fine lame Et... pleine d'esprit... jugez-en. Un soir, mon âme était complète, Comme dit, après avoir bu, Le…
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VoluptéPlaisir, bourreau des cœurs, vendeur juré des âmes, Ah ! trop longtemps tu pris le masque de l'amour Au vestiaire impur des romans et des drames ! Voyageant sous son nom et suivi par ta cour De…
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Premiers vers, de Germain NouveauComposée entre 1872 et 1878, Premiers vers est une œuvre poétique de Germain Nouveau .
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CielsLe Ciel a de jeunes pâturages Tendres, vers un palais triste et vermeil : Un Essaim d’Heures sauvages Guide Pasiphaé, petite-fille du Soleil. Des troupeaux silencieux du ciel, Un nuage, un doux…
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Au musée des antiquesElle veille en sa chaise étroite ; Quelque roi d’Egypte a sculpté Dans l’extase et la gravité Le corps droit et la tête droite. Moitié coiffe et moitié bandeau, Fond pur à des lignes vermeilles, Un…
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Aux saintsSi, tous les matins de nos fêtes, Nous chantions tous avec amour Sur les harpes des saints prophètes Nos prières qui sont parfaites, Je ne serais pas dans la cour. Si nous récitions nos prières Dans…
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ÉpitapheDe l’égoïsme froid de ce siècle mortel, Seul, sans larmes de femme et sans bruit de prière, Sans une main d’ami pour clore sa paupière, De La Billette est mort dans sa chambre d’hôtel. Pour lui l’on…
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En forêtDans la forêt étrange, c’est la nuit ; C’est comme un noir silence qui bruit ; Dans la forêt, ici blanche et là brune, En pleurs de lait filtre le clair de lune. Un vent d’été, qui souffle on ne sait…
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Le baiserComme une ville qui s’allume Et que le vent achève d’embraser, Tout mon cœur brûle et se consume, J’ai soif, oh ! j’ai soif d’un baiser. Baiser de la bouche et des lèvres Où notre amour vient se…
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PrièreAu plus haut point de la montagne la plus pure, Au plus beau jour de nos époques favorites Où le désert se fleurissait de nouveaux rites, A l’heure d’or la plus sévère à la nature ; Blanche et les…
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Rêve claustralJe vous connais comme elle, ô murs, travail des nonnes, Préaux fleuris d’amours furtifs, silencieux Parloirs, où, par la nuit, l’âme des lunes bonnes Se distille, rosée errante de leurs yeux ; Cour…
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