Émile Verhaeren
Poèmes de Émile Verhaeren (80)
Classés par titre (A–Z).
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À la BelgiqueHélas, depuis les jours des suprêmes combats, Tes compagnes sont la frayeur et l'infortune ; Tu n'as plus pour pays que des lambeaux de dunes Et des plaines en feu sur l'horizon, là-bas. Anvers et…
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À la gloire des cieuxL'infini tout entier transparaît sous les voiles Que lui tissent les doigts des hivers radieux Et la forêt obscure et profonde des cieux Laisse tomber vers nous son feuillage d'étoiles. La mer ailée,…
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À la gloire du vent- Toi qui t'en vas là-bas, Par toutes les routes de la terre, Homme tenace et solitaire, Vers où vas-tu, toi qui t'en vas ? - J'aime le vent, l'air et l'espace ; Et je m'en vais sans savoir où, Avec…
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À PâquesFrère Jacques, frère Jacques, Réveille-toi de ton sommeil d'hiver Les fins taillis sont déjà verts Et nous voici au temps de Pâques, Frère Jacques. Au coin du bois morne et blêmi Où ton grand corps…
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ÂprementLe jour Ils se croisaient dans leur étable et dans leur cour, Leurs durs regards obstinément fixés à terre ; Et tous les deux, ils s'acharnaient à soigner mieux, Elle, ses porcs, et lui, ses boeufs,…
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Ardeur des sens, ardeur des coeursVains mots créés par ceux qui diminuent l'amour ; Soleil, tu ne distingues pas d'entre tes flammes Celles du soir, de l'aube ou du midi des jours. Tu marches aveuglé par ta propre lumière, Dans le…
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Asseyons-nous tous deux près du cheminSur le vieux banc rongé de moisissures, Et que je laisse, entre tes deux mains sûres, Longtemps s'abandonner ma main. Avec ma main qui longtemps s'abandonne A la douceur de se sentir sur tes genoux,…
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Au bord du quaiEt qu'importe d'où sont venus ceux qui s'en vont, S'ils entendent toujours un cri profond Au carrefour des doutes ! Mon corps est lourd, mon corps est las, Je veux rester, je ne peux pas ; L'âpre…
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Au clos de notre amourAu clos de notre amour, l'été se continue : Un paon d'or, là-bas, traverse une avenue ; Des pétales pavoisent - Perles, émeraudes, turquoises - L'uniforme sommeil des gazons verts Nos étangs bleus…
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Au loinAncres abandonnées sous des hangars maussades, Porches de suie et d'ombre où s'engouffrent des voix, Pignons crasseux, greniers obscurs, mornes façades Et gouttières régulières, au long des toits ;…
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Au NordDeux vieux marins des mer & du Nord S'en revenaient, un soir d'automne, De la Sicile et de ses îles souveraines, Avec un peuple de Sirènes, A bord. Joyeux d'orgueil, ils regagnaient leur fiord, Parmi…
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Au passant d'un soirDites, quel est le pas Des mille pas qui vont et passent Sur les grand'routes de l'espace, Dites, quel est le pas Qui doucement, un soir, devant ma porte basse S'arrêtera ? Elle est humble, ma porte,…
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Au ReichstagOn m'affirmait : " Partout où les cités de vapeurs s'enveloppent, Où l'homme dans l'effort s'exalte et se complaît, Bat le coeur fraternel d'une plus haute Europe. De la Sambre à la Ruhr, de la Ruhr…
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Au temps où longuement j'avais souffertOù les heures m'étaient des pièges, Tu m'apparus l'accueillante lumière Qui luit aux fenêtres, l'hiver, Au fond des soirs, sur de la neige. Ta clarté d'âme hospitalière Frôla, sans le blesser, mon…
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Autour de ma maisonPour vivre clair, ferme et juste, Avec mon coeur, j'admire tout Ce qui vibre, travaille et bout Dans la tendresse humaine et sur la terre auguste. L'hiver s'en va et voici mars et puis avril Et puis…
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Aux moinesMoines venus vers nous des horizons gothiques, Mais dont l'âme, mais dont l'esprit meurt de demain, Qui reléguez l'amour dans vos jardins mystiques Pour l'y purifier de tout orgueil humain, Fermes,…
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Avec le même amourAvec le même amour que tu me fus jadis Un jardin de splendeur dont les mouvants taillis Ombraient les longs gazons et les roses dociles, Tu m'es en ces temps noirs un calme et sûr asile. Tout s'y…
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Avec mes sensAvec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau, Avec mon être entier tendu comme un flambeau Vers ta bonté et vers ta charité Sans cesse inassouvies, Je t'aime et te louange et je te remercie D'être…
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Avec mes vieilles mainsAvec mes vieilles mains de ton front rapprochées J'écarte tes cheveux et je baise, ce soir, Pendant ton bref sommeil au bord de l'âtre noir La ferveur de tes yeux, sous tes longs cils cachée. Oh ! la…
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Bien que déjà, ce soirL'automne Laisse aux sentes et aux orées, Comme des mains dorées, Lentes, les feuilles choir, Bien que déjà l'automne, Ce soir, avec ses bras de vent, Moissonne, Sur les rosiers fervents Les pétales…
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CantiquesI. Je voudrais posséder pour dire tes splendeurs, Le plain-chant triomphal des vagues sur les sables, Ou les poumons géants des vents intarissables ; Je voudrais dominer les lourds échos grondeurs,…
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Celle du jardinJe vis l'Ange gardienne en tel jardin s'asseoir Sous des nimbes de fleurs irradiantes Et des vignes comme en voussoir ; Auprès d'elle montaient des héliantes. Ses doigts, dont les bagues humbles et…
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Celui de la fatigueCe soir, l'homme de la fatigue A regarder s'illimiter la mer, Sous le règne du vent despote et des éclairs, Les bras tombants, là-bas, s'est assis sur ma digue. Le vêtement des plus beaux rêves,…
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Celui de l'horizonJ'ai regardé, par la lucarne ouverte, au flanc D'un phare abandonné que flagellait la pluie : Des trains tumultueux, sous des tunnels de suie, Sifflaient, toisés de loin par des fanaux de sang. Le…
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Celui du rienJe suis celui des pourritures grandioses Qui s'en revient du pays mou des morts ; Celui des Ouests noirs du sort Qui te montre, là-bas, comme une apothéose, Son île immense, où des guirlandes, De…
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C'est la bonne heureC'est la bonne heure où la lampe s'allume : Tout est si calme et consolant, ce soir, Et le silence est tel, que l'on entendrait choir Des plumes. S'en vient la bien-aimée, Comme la brise ou la fumée,…
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C'était en juin, dans le jardinC'était notre heure et notre jour ; Et nos yeux regardaient, avec un tel amour, Les choses, Qu'il nous semblait que doucement s'ouvraient Et nous voyaient et nous aimaient Les roses. Le ciel était…
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Ceux de LiégeDût la guerre mortelle et sacrilège Broyer notre pays de combats en combats, Jamais, sous le soleil, une âme n'oubliera Ceux qui sont morts pour le monde, là-bas A Liége. Ainsi qu'une montagne Qui…
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Chanson de fou (I)Le crapaud noir sur le sol blanc Me fixe indubitablement Avec des yeux plus grands que n'est grande sa tête ; Ce sont les yeux qu'on m'a volés Quand mes regards s'en sont allés, Un soir, que je…
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Chanson de fou (II)Je les ai vus, je les ai vus, Ils passaient, par les sentes, Avec leurs yeux, comme des fentes, Et leurs barbes, comme du chanvre. Deux bras de paille, Un dos de foin, Blessés, troués, disjoints, Ils…
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Chanson de fou (III)Brisez-leur pattes et vertèbres, Chassez les rats, les rats. Et puis versez du froment noir, Le soir, Dans les ténèbres. Jadis, lorsque mon coeur cassa, Une femme le ramassa Pour le donner aux rats.…
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Combien elle est facilement ravieAvec ses yeux d'extase ignée ; Elle, la douce et résignée Si simplement devant la vie. Ce soir, comme un regard la surprenait fervente Et comme un mot la transportait Au pur jardin de joie, où elle…
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Comme aux âges naïfsComme aux âges naïfs, je t'ai donné mon coeur, Ainsi qu'une ample fleur, Qui s'ouvre pure et belle aux heures de rosée ; Entre ses plis mouillés ma bouche s'est posée. La fleur, je la cueillis avec…
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Comme tous les soirsLe vieux crapaud de la nuit glauque Vers la lune de fiel et d'or, C'est lui, là-bas, dans les roseaux, La morne bouche à fleur des eaux, Qui rauque. Là-bas, dans les roseaux, Ces yeux immensément…
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Conseil absurdeAutant que moi malade et veule, as-tu goûté Quand ton être ployait sous les fièvres brandies, Quand tu mâchais l'orviétan des maladies, Le coupable conseil de l'inutilité ? Et doux soleil qui baise…
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Croquis de cloître (I)Dans un pesant repos d'après-midi vermeil, Les stalles en vieux chêne éteint sont alignées, Et le jour traversant les fenêtres ignées Etale, au fond du choeur, des nattes de soleil. Et les moines…
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Croquis de cloître (II)A pleine voix - midi s'exaltant au dehors Et les champs reposant - les nones sont chantées, Dans un balancement de phrases répétées Et hantantes, comme un rappel de grands remords. Et peu à peu les…
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Croquis de cloître (III)En automne, dans la douceur des mois pâlis, Quand les heures d'après-midi tissent leurs mailles, Au vestiaire, où les moines, en blancs surplis, Rentrent se dévêtir pour aller aux semailles, Les…
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Croquis de cloître (IV)Le choeur, alors qu'il est sombre et dévotieux, Et qu'un recueillement sur les choses s'embrume, Conserve encor dans l'air que l'encens bleu parfume Comme un frisson épars des hymnes spacieux. La…
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Cuisson du painLes servantes faisaient le pain pour les dimanches, Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain, Le front courbé, le coude en pointe hors des manches, La sueur les mouillant et coulant au pétrin.…
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Décembre(Les hôtes) - Ouvrez, les gens, ouvrez la porte, Je frappe au seuil et à l'auvent, Ouvrez, les gens, je suis le vent, Qui s'habille de feuilles mortes. - Entrez, monsieur, entrez, le vent, Voici pour…
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DépartLa mer choque ses blocs de flots, contre les rocs Et les granits du quai, la mer démente, Tonnante et gémissante, en la tourmente De ses houles montantes. Les baraques et les hangars comme arrachés,…
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Des fleurs finesDes fleurs fines et mousseuses comme l'écume Poussaient au bord de nos chemins Le vent tombait et l'air semblait frôler tes mains Et tes cheveux avec des plumes. L'ombre était bienveillante à nos pas…
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Des soirsSous les vitres du hall nitreux que le froid fore Et vrille et que de mats brouillards baignent de vair, Un soir, en tout à coup de gel, s'ouvre l'hiver, Dans le foyer, fourbi de naphte et de…
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DialogueSois ton bourreau toi-même ; N'abandonne le soin de te martyriser A personne, jamais. Donne ton seul baiser Au désespoir ; déchaîne en toi l'âpre blasphème ; Force ton âme, éreinte-la contre l'écueil…
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Dimanche matinOh ! les éveils des bourgades sous l'or des branches, Où courent la lumière et l'ombre - et les roseaux Et les aiguilles d'or des insectes des eaux Et les barres des ponts de bois et leurs croix…
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En hiverLe sol trempé se gerce aux froidures premières, La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs, Et met, au bord des toits et des chaumes branlants, Des coussinets de laine irisés de lumières.…
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EperdumentBien que flasque et geignant et si pauvre ! si morne ! Si las! Redresse-toi, de toi-même vainqueur ; Lève ta volonté qui choit contre la borne Et sursaute, debout, rosse à terre, mon cœur ! Exaspère…
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EpilogueOh ! les heures du soir sous ces climats légers, La lumière en est belle et la lune y est douce, Et l'ombre souple et claire y répand sur les mousses Les mobiles dessins d'un feuillage étranger.…
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Fin d'annéeSous des cieux faits de filasse et de suie, D'où choit morne et longue la pluie, Voici pourrir Au vent tenace et monotone, Les ors d'automne ; Voici les ors et les pourpres mourir. Ô vous qui…
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Fleur fataleL'absurdité grandit comme une fleur fatale Dans le terreau des sens, des coeurs et des cerveaux ; En vain tonnent, là-bas, les prodiges nouveaux ; Nous, nous restons croupir dans la raison natale. Je…
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HommageI. Pour y tasser le poids de tes belles lourdeurs, Tes doubles seins frugaux et savoureux qu'arrose Ton sang, tes bras bombés que lustre la peau rose, Ton ventre où les poils roux toisonnent leurs…
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Il fait novembre en mon âmeRayures d'eau, longues feuilles couleur de brique, Par mes plaines d'éternité comme il en tombe ! Et de la pluie et de la pluie - et la réplique D'un gros vent boursouflé qui gonfle et qui se bombe…
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InconscienceL'âme et le coeur si las des jours, si las des voix, Si las de rien, si las de tout, l'âme salie ; Quand je suis seul, le soir, soudainement, parfois, Je sens pleurer sur moi l'oeil blanc de la…
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InsatiablementLe soir, plein des dégoûts du journalier mirage, Avec des dents, brutal, de folie et de feu, Je mords en moi mon propre coeur et je l'outrage Et ricane, s'il tord son martyre vers Dieu. Là-bas, un…
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J'ai cru à tout jamais notre joie engourdieComme un soleil fané avant qu'il ne fût nuit, Le jour qu'avec ses bras de plomb, la maladie M'a lourdement traîné vers son fauteuil d'ennui. Les fleurs et le jardin m'étaient crainte ou fallace ; Mes…
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Je dédie à tes pleurs, à ton sourireMes plus douces pensées, Celles que je te dis, celles aussi Qui demeurent imprécisées Et trop profondes pour les dire. A toute ton âme, mon âme, Avec ses pleurs et ses sourires Et son baiser.…
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Je noie en tes deux yeux mon âmeEt l'élan fou de cette âme éperdue, Pour que, plongée en leur douceur et leur prière, Plus claire et mieux trempée, elle me soit rendue. S'unir pour épurer son être Comme deux vitraux d'or en une…
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Je songe à ta bontéSi simplement profonde, Je me confonds en prières vers toi. Je suis venu si tard Vers la douceur de ton regard, Et de si loin vers tes deux mains tendues, Tranquillement, par à travers les étendues !…
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Je t'apporte ma joieJe t'apporte, ce soir, comme offrande, ma joie D'avoir plongé mon corps dans l'or et dans la soie Du vent joyeux et franc et du soleil superbe ; Mes pieds sont clairs d'avoir marché parmi les herbes,…
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KatoAprès avoir lavé les puissants mufles roux De ses vaches, curé l'égout et la litière, Troussé son jupon lâche à hauteur des genoux, Ouvert, au jour levant, une porte à chatière, Kato, la grasse…
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L'abreuvoirEn un creux de terrain aussi profond qu'un antre, Les étangs s'étalaient dans leur sommeil moiré, Et servaient d'abreuvoir au bétail bigarré, Qui s'y baignait, le corps dans l'eau jusqu'à mi-ventre.…
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L'actionLassé des mots, lassé des livres, Qui tiédissent la volonté, Je cherche, au fond de ma fierté, L'acte qui sauve et qui délivre. La vie, elle est là-bas, violente et féconde, Qui mord, à galops fous,…
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L'âge est venuL'âge est venu, pas à pas, jour à jour, Poser ses mains sur le front nu de notre amour Et, de ses yeux moins vifs, l'a regardé. Et, dans le beau jardin que Juillet a ridé, Les fleurs, les bosquets et…
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La joieOh ces larges beaux jours dont les matins flamboient ! La terre ardente et fière est plus superbe encor Et la vie éveillée est d'un parfum si fort Que tout l'être s'en grise et bondit vers la joie.…
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L'amanteMon rêve est embarqué sur une île flottante, Les fils dorés des vents captent, en leurs réseaux, Son aventure au loin sur la mer éclatante ; Mon rêve est embarqué, sur une île flottante, Avec de…
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L'âme de la villeLes toits semblent perdus Et les clochers et les pignons fondus, Dans ces matins fuligineux et rouges, Où, feu à feu, des signaux bougent. Une courbe de viaduc énorme Longe les quais mornes et…
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L'ancienne gloireDans le silence et la grandeur des cathédrales, La cité, riche avait jadis, dressé vers Dieu De merveilleux autels,, tordus comme des feux Cuivres, bronzes, argents, cartels, rinceaux, spirales. Les…
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L'arbreTout seul, Que le berce l'été, que l'agite l'hiver, Que son tronc soit givré ou son branchage vert, Toujours, au long des jours de tendresse ou de haine, Il impose sa vie énorme et souveraine Aux…
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L'éternelle lueurDites, les gens, les vieilles gens, Que s'exaltent les coeurs dans vos hameaux ; Dites, les gens, les vieilles gens, Que la clarté s'éveille en vos carreaux Qui regardent la route, Car les mages avec…
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Le ventSur la bruyère longue infiniment, Voici le vent cornant Novembre ; Sur la bruyère, infiniment, Qui se déchire et se démembre, En souffles lourds, battant les bourgs ; Le vent sauvage de Novembre. Aux…
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L'heure et l'humeurComme à d'autres, l'heure et l'humeur : L'heure morose ou l'humeur malévole Nous ont, de leurs sceaux noirs, marqué le coeur, Mais, néanmoins, jamais, Même les soirs des jours mauvais Nos coeurs ne…
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L'orgueilNon plus parce qu'il vit d'angoisse et de souffrance, Mais parce qu'à chaque heure il crée une espérance, L'âpre univers est plein de foi. Il n'importe que sous les toits, Dans les demeures, Quand le…
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Ma tranquille amieDis-moi, ma simple et ma tranquille amie, Dis, combien l'absence, même d'un jour, Attriste et attise l'amour , Et le réveille, en ses brûlures endormies ? Je m'en vais au-devant de ceux Qui…
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MourirUn soir plein de pourpres et de fleuves vermeils Pourrit, par au-delà des plaines diminuées, Et fortement, avec les poings de ses nuées, Sur l'horizon verdâtre, écrase des soleils. Saison massive !…
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Oh ! ce bonheurSi rare et si frêle parfois Qu'il nous fait peur. Nous avons beau taire nos voix Et nous faire comme une tente, Avec toute ta chevelure, Pour nous créer un abri sûr, Souvent l'angoisse en nos âmes…
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Où notre amour a voulu naîtreAvec les meubles chers peuplant l'ombre et les coins, Où nous vivons à deux, ayant pour seuls témoins Les roses qui nous regardent par les fenêtres. Il est des jours choisis, d'un si doux réconfort,…
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Si nos coeurs ont brûléSi nos coeurs ont brûlé en des jours exaltants D'une amour claire autant que haute, L'âge aujourd'hui nous fait lâches et indulgents Et paisibles devant nos fautes. Tu ne nous grandis plus, ô jeune…
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Vous m'avez dit, tel soirVous m'avez dit, tel soir, des paroles si belles Que sans doute les fleurs, qui se penchaient vers nous, Soudain nous ont aimés et que l'une d'entre elles, Pour nous toucher tous deux, tomba sur nos…
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Vers le futurÔ race humaine aux destins d'or vouée, As-tu senti de quel travail formidable et battant, Soudainement, depuis cent ans, Ta force immense est secouée ? L'acharnement à mieux chercher, à mieux savoir,…
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