Charles Marie René Leconte de Lisle
Poèmes de Charles Marie René Leconte de Lisle (35)
Classés par titre (A–Z).
-
À un poète mortToi dont les yeux erraient, altérés de lumière, De la couleur divine au contour immortel Et de la chair vivante à la splendeur du ciel, Dors en paix dans la nuit qui scelle ta paupière. Voir,…
-
À Victor HugoDors, Maître, dans la paix de ta gloire ! Repose, Cerveau prodigieux, d'où, pendant soixante ans, Jaillit l'éruption des concerts éclatants ! Va ! la mort vénérable est ton apothéose : Ton Esprit…
-
Dans le ciel clairDans le ciel clair rayé par l'hirondelle alerte, Le matin qui fleurit comme un divin rosier Parfume la feuillée étincelante et verte Où les nids amoureux, palpitants, l'aile ouverte, A la cime des…
-
ÉglogueGallus Chanteurs mélodieux, habitants des buissons, Le ciel pâlit, Vénus à l'horizon s'éveille ; Cynthia vous écoute, enivrez son oreille ; Versez-lui le flot d'or de vos belles chansons. Cynthia La…
-
ÉpiphanieElle passe, tranquille, en un rêve divin, Sur le bord du plus frais de tes lacs, ô Norvège ! Le sang rose et subtil qui dore son col fin Est doux comme un rayon de l'aube sur la neige. Au murmure…
-
Hèraklès solaireDompteur à peine né, qui tuais dans tes langes Les Dragons de la Nuit ! Cœur-de-Lion ! Guerrier, Qui perças l'Hydre antique au souffle meurtrier Dans la livide horreur des brumes et des fanges, Et…
-
KléaristaKléarista s'en vient par les blés onduleux Avec ses noirs sourcils arqués sur ses yeux bleus, Son front étroit coupé de fines bandelettes, Et, sur son cou flexible et blanc comme le lait, Ses tresses…
-
La chasse de l'aigleL'aigle noir aux yeux d'or, prince du ciel mongol, Ouvre, dès le premier rayon de l'aube claire, Ses ailes comme un large et sombre parasol. Un instant immobile, il plane, épie et flaire. Là-bas, au…
-
La fatalitéSur un groupe du Statuaire E. Christophe. L'épée en main, le pied sur la roue immortelle, Douce à l'homme futur, terrible au dieu dompté, Elle vole, les yeux dardés droit devant elle, Dans sa grâce,…
-
L'aigu bruissementL'aigu bruissement des ruches naturelles, Parmi les tamarins et les manguiers épais, Se mêlait, tournoyant dans l'air subtil et frais, À la vibration lente des bambous grêles Où le matin joyeux…
-
La lampe du cielPar la chaîne d'or des étoiles vives La Lampe du ciel pend du sombre azur Sur l'immense mer, les monts et les rives. Dans la molle paix de l'air tiède et pur. Bercée au soupir des houles pensives, La…
-
L'apothéose de Mouça-al-KébyrLa royale Damas, sous les cieux clairs et calmes, Dans la plaine embaumée et qui sommeille encor, Parmi les caroubiers, les jasmins et les palmes, Monte comme un grand lys empli de gouttes d'or.…
-
La prairieDans l'immense Prairie, océan sans rivages, Houles d'herbes qui vont et n'ont pas d'horizons, Cent rouges cavaliers, sur les mustangs sauvages, Pourchassent le torrent farouche des bisons. La plume…
-
La résurrection d'AdonisL'aurore désirée, ô filles de Byblos, A déployé les plis de son riche péplos ! Ses yeux étincelants versent des pierreries Sur la pente des monts et les molles prairies, Et, dans l'azur céleste où…
-
La sourceUne eau vive étincelle en la forêt muette, Dérobée aux ardeurs du jour ; Et le roseau s'y ploie, et fleurissent autour L'hyacinthe et la violette. Ni les chèvres paissant les cytises amers Aux pentes…
-
L'astre rougeSur les continents morts, les houles léthargiques Où le dernier frisson d'un monde a palpité S'enflent dans le silence et dans l'immensité ; Et le rouge Sahil, du fond des nuits tragiques, Seul…
-
La tête de Kenwarc'hLoin du cap de Penn'hor, où hurlait la mêlée Sombre comme le rire amer des grandes eaux, Bonds sur bonds, queue au vent, crinière échevelée, Va ! Cours, mon bon cheval, en ronflant des naseaux. Qu'il…
-
Le baiser suprêmeSur un groupe du Statuaire E. Christophe. Heureux qui, possédant la Chimère éternelle, Livre au Monstre divin un cœur ensanglanté, Et savoure, pour mieux s'anéantir en elle, L'extase de la mort et de…
-
Le chapelet des MavromikhalisLes Mavromikhalis, les aigles du vieux Magne, Ont traqué trois cents Turks dans le défilé noir, Et, de l'aube à midi, font siffler et pleuvoir Balles et rocs du faîte ardu de la montagne. L'amorce…
-
Le dernier DieuBien au delà des jours, des Ans multipliés, Du vertige des Temps dont la fuite est sans trêve, Voici ce que j'ai vu, dans l'immuable rêve Qui me hante, depuis les songes oubliés. J'errais, seul, sur…
-
Le lacC'est une mer, un Lac blême, maculé d'îles Sombres, et pullulant de vastes crocodiles Qui troublent l'eau sinistre et qui claquent des dents. Quand la nuit morne exhale et déroule sa brume, Un…
-
Le retour d'AdonisMaîtresse de la haute Éryx, toi qui te joues Dans Golgos, sous les myrtes verts, Ô blanche Aphrodita, charme de l'univers, Dionaiade aux belles joues ! Après douze longs mois Adonis t'est rendu, Et,…
-
Les raisons du Saint-PèreLa nuit enveloppait les sept Monts et la Plaine. Dans l'oratoire clos, le Pape Innocent trois. Mains jointes, méditait, vêtu de blanche laine Ou se détachait l'or pectoral de la Croix. Du dôme…
-
Les roses d'IspahanLes roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse, Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l'oranger Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce, Ô blanche Leïlah ! que ton souffle léger. Ta lèvre…
-
Les siècles mauditsHideux siècles de foi, de lèpre et de famine, Que le reflet sanglant des bûchers illumine ! Siècles de désespoir, de peste et de haut-mal, Où le Jacque en haillons, plus vil que l'animal, Geint…
-
Le TalionAi-je dormi ? Quel songe horrible m'a hanté ? Oh ! Ces spectres, ces morts, un blême rire aux bouches, Surgis par millions du sol ensanglanté, Et qui dardaient, dans une ardente fixité, Leurs…
-
L'holocausteC'est l'an de grâce mil six cent dix-neuf, le seize De juillet, en un vaste et riche diocèse Primatial. Le ciel est pur et rayonnant. Bourdons et cloches vont sonnant et bourdonnant. La ville en fête…
-
L'illusion suprêmeQuand l'homme approche enfin des sommets où la vie Va plonger dans votre ombre inerte, ô mornes cieux ! Debout sur la hauteur aveuglément gravie, Les premiers jours vécus éblouissent ses yeux. Tandis…
-
L'orbe d'orL'orbe d'or du soleil tombé des cieux sans bornes S'enfonce avec lenteur dans l'immobile mer, Et pour suprême adieu baigne d'un rose éclair Le givre qui pétille à la cime des mornes. En un…
-
Pantouns MalaisI. L'éclair vibre sa flèche torse À l'horizon mouvant des flots. Sur ta natte de fine écorce Tu rêves, les yeux demi-clos. À l'horizon mouvant des flots La foudre luit sur les écumes. Tu rêves, les…
-
PaysageÀ travers les massifs des pâles oliviers L'Archer resplendissant darde ses belles flèches Qui, par endroits, plongeant au fond des sources fraîches, Brisent leurs pointes d'or contre les durs…
-
Sous l'épais sycomoreSous l'épais sycomore, ô vierge, où tu sommeilles, Dans le jardin fleuri, tiède et silencieux, Pour goûter la saveur de tes lèvres vermeilles Un papillon d'azur vers toi descend des cieux. C'est…
-
SymphonieÔ chevrier ! ce bois est cher aux Piérides. Point de houx épineux ni de ronces arides ; À travers l'hyacinthe et le souchet épais Une source sacrée y germe et coule en paix. Midi brûle là-bas où, sur…
-
Toi par qui j'ai sentiToi par qui j'ai senti, pour des heures trop brèves, Ma jeunesse renaître et mon cœur refleurir, Sois bénie à jamais ! J'aime, je puis mourir ; J'ai vécu le meilleur et le plus beau des rêves ! Et…
-
VillanelleUne nuit noire, par un calme, sous l'Équateur. Le Temps, l'Étendue et le Nombre Sont tombés du noir firmament Dans la mer immobile et sombre. Suaire de silence et d'ombre, La nuit efface absolument…
Affichage de 1 à 20 sur 35 poèmes