Charles d'Orléans
Poèmes de Charles d'Orléans (47)
Classés par titre (A–Z).
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Bien moustrez, Printemps gracieuxDe quel mestier savez servir, Car Yver fait cueurs ennuieux, Et vous les faictes resjouir. Si tost comme il vous voit venir, Lui et sa meschant retenue Sont contrains et prestz de fuir A vostre…
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Dedans mon Livre de PenséeJ'ai trouvé écrivant mon cœur La vraie histoire de douleur, De larmes toute enluminée, En effaçant la très aimée Image de plaisante douceur, J'ai trouvé écrivant mon cœur. Hélas ! où l'a mon cœur…
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Dieu, qu'il la fait bon regarderLa gracieuse, bonne et belle ! Pour les grans biens qui sont en elle, Chacun est prest de la louer. Qui se pourroit d'elle lasser ? Toujours sa beauté renouvelle, La gracieuse, bonne et belle ! Par…
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En acquittant nostre temps vers jeunesseLe nouvel an et la saison jolie, Plains de plaisir et de toute liesse Qui chascun d'eulx chierement nous en prie, Venuz sommes en ceste mommerie (1), Belles, bonnes, plaisans et gracieuses, Prestz de…
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En faictes vous doubteQue vostre ne soye ? Se Dieu me doint joye Au cueur, si suis toute. Rien ne m'en deboute, Pour chose que j'oye. Que vostre ne soye ? Dangier et sa route S'en voisent leur voye (1), Sans que plus les…
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En hiver, du feu, du feuEn yver, du feu, du feu ! Et en esté, boire, boire ! C'est de quoy on fait memoire, Quant on vient en aucun lieu. Ce n'est ne bourde, ne jeu, Qui mon conseil vouldra croire : En yver, du feu, du feu…
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En la forest d'Ennuyeuse TristesseUn jour m'avint qu'a par moy cheminoye, Si rencontray l'Amoureuse Deesse Qui m'appella, demandant ou j'aloye. Je respondy que, par Fortune, estoye Mis en exil en ce bois, long temps a, Et qu'a bon…
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En la forêt de Longue AttenteChevauchant par divers sentiers M'en vais, cette année présente, Au voyage de Desiriers. Devant sont allés mes fourriers Pour appareiller mon logis En la cité de Destinée ; Et pour mon coeur et moi…
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En la nef de bonne nouvelleEspoir a chargié Reconfort Pour l'amener, de par la belle, Vers mon cueur qui l'ayme si fort. A joye puist venir au port De desir et, pour tost passer La mer de Fortune, trouver Un plaisant vent…
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En regardant vers le païs de FranceUn jour m'avint, a Dovre sur la mer, Qu'il me souvint de la doulce plaisance Que souloye oudit pays trouver ; Si commençay de cueur a souspirer, Combien certes que grant bien me faisoit De voir…
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En songe, souhait et penséeVous vois chaque jour de semaine ; Combien qu'êtes de moi lointaine, Belle, très loyalement aimée. Pour ce qu'êtes le mieux parée De toute plaisance mondaine, Vous vois chaque jour de semaine. De…
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En verrai-je jamais la finEn verrai ge jamais la fin, De voz oeuvres, Merancolie ? Quand au soir de vous me deslie Vous me ratachez au matin. J'aimasse mieulx autre voisin Que vous qui sy fort me guerrie ; En verrai ge jamais…
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Escollier de MerencolieA l'estude je suis venu, Lettres de mondaine clergie (1) Espelant a tout ung festu, Et moult fort m'y treuve esperdu. Lire n'escripre ne sçay mye, Dez verges de Soussy batu, Es derreniers jours de ma…
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Fiez-vous-yFiés vous y ! A qui ? En quoy ? Comme je voy, Riens n'est sans sy. Ce monde cy A sy Peu foy. Fiés vous y ! Plus je n'en dy, N'escry, Pour quoy ? Chascun j'en croy S'il est ainsy ; Fiés vous y !
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Hiver, vous n'êtes qu'un vilainYver, vous n'estes qu'un villain ! Esté est plaisant et gentil, En tesmoing de May et d'Avril Qui l'acompaignent soir et main (1). Esté revest champs, bois et fleurs, De sa livree de verdure Et de…
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J'aime qui m'aimeEt non pourtant, je ne hais rien, Mais voudrait que tout fut bien, À l'ordonnance de Raison. Je parle trop, las ! se fait mon ! Au fort, en ce propos me tient : Et non pourtant je ne hais rien. De…
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J'ay fait l'obseque de ma dameDedens le moustier amoureux, Et le service pour son ame A chanté Penser doloreux. Mains cierges de soupirs piteux Ont esté en son luminaire ; Aussi j'ay fait la tombe faire De regrez, tous de larmes…
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Je fu en fleur ou temps passé d'enfanceEt puis après devins fruit en jeunesse ; Lors m'abaty de l'arbre de plaisance, Vert et non meur (1), Folie ma maistresse. Et pour cela Raison, qui tout redresse A son plaisir, sans tort ou mesprison…
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Je meurs de soif en couste la fontaineTremblant de froit ou feu des amoureux ; Aveugle suis, et si les autres maine ; Povre de sens, entre saichans l'un d'eulx ; Trop negligent, en vain souvent songneux ; C'est de mon fait une chose…
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Je n'ay plus soif, tairie est la fontaineBien eschauffé, sans le feu amoureux ; Je voy bien cler, ja ne fault qu'on me maine ; Folie et Sens me gouvernent tous deux ; En Nonchaloir resveille sommeilleux ; C'est de mon fait une chose meslee,…
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Jeunes amoureux nouveauxEn la nouvelle saison, Par les rues, sans raison Chevauchent faisant les sauts. Et font saillir des carreaux Le feu, comme de charbon : En la nouvelle saison. Je ne sais si leurs travaux Ils…
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La complainte de FranceFrance, jadis on te souloit (1) nommer, En tous pays, le trésor de noblesse, Car un chacun pouvait en toi trouver Bonté, honneur, loyauté, gentillesse, Clergie, sens, courtoisie, prouesse ; Tous…
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Laissez-moi penser à mon aiseHélas ! donnez m'en le loisir. Je devise (1) avecques plaisir, Combien que ma bouche se taise. Quand Mélancolie mauvaise, Me vient maintes fois assaillir ; Hélas ! donnez m'en le loisir. Car afin que…
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Las ! Mort, qui t'a fait si hardieDe prendre la noble Princesse Qui était mon confort, ma vie, Mon bien, mon plaisir, ma richesse ! Puisque tu as pris ma maîtresse, Prends-moi aussi son serviteur, Car j'aime mieux prochainement…
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Le beau soleil, le jour saint ValentinQui apportoit sa chandelle alumee, N'a pas longtemps entra un bien matin Priveement en ma chambre fermee. Celle clarté qu'il avoit apportee, Si m'esveilla du somme de soussy Ou j'avoye toute la nuit…
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Ma seule amourMa seule amour, ma joye et ma maistresse, Puisqu'il me fault loing de vous demorer, Je n'ay plus riens, à me reconforter, Qu'un souvenir pour retenir lyesse. En allegant, par Espoir, ma destresse, Me…
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Ma seule amour que tant désireMon réconfort, mon doux penser, Belle nonpareille, sans per, Il me déplaît de vous écrire. Car j'aimasse mieux à le dire De bouche, sans le vous mander, Mon réconfort, mon doux penser ! Las ! or n'y…
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Le lendemain du premier jour de maiLe lendemain du premier jour de may, Dedens mon lit ainsi que je dormoye, Au point du jour m'avint que je songay Que devant moy une fleur je veoye, Qui me disoit : « Amy, je me souloye (1) En toy…
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Les fourriers d'Amours m'ont logéEn ung lieu bien à ma plaisance, Dont les mercy de ma puissance, Et m'en tiens à eux obligé. Afin que tost soit abregé Le mal qui me porte grevance, En ung lieu bien à ma plaisance. Desja je me sens…
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Les fourriers d'Eté sont venusPour appareiller son logis, Et ont fait tendre ses tapis, De fleurs et verdure tissus. En étendant tapis velus, De vert herbe par le pays, Pour appareiller son logis. Coeurs d'ennui piéça morfondus,…
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Le temps a laissé son manteauLe temps a laissié son manteau De vent, de froidure et de pluye, Et s'est vestu de brouderie, De soleil luyant, cler et beau. Il n'y a beste, ne oyseau, Qu'en son jargon ne chante ou crie Le temps a…
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Mon cœur, estouppe tes oreillesMon cueur, estouppe tes oreilles, Pour le vent de Merencolie ; S'il y entre, ne doubte mye, Il est dangereux à merveilles ; Soit que tu dormes ou tu veilles, Fays ainsi que dy, je t'en prie. Mon…
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Mon cœur m'a fait commandementMon cueur m'a fait commandement De venir vers vostre jeunesse, Belle que j'ayme loyaument (1), Comme doy faire ma princesse. Se vous demandés Pourquoi esse ? C'est pour savoir quant vous plaira…
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Ne hurtez plus a l'uis de ma penseeSoing et Soussi, sans tant vous traveiller ! Car elle dort et ne veult s'esveiller ; Toute la nuyt en paine a despensee. En dangier est, s'elle n'est bien pensee. Cessez ! cessez ! Laissez la…
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N'est-elle de tous biens garnieN'est elle de tous biens garnie ? Celle que j'aime loyalement ; Il m'est advis, par mon serment, Que sa pareille n'a en vie. Qu'en dites-vous ? je vous en prie, Que vous en semble vraiment ? N'est…
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Ou puis parfont de ma merencolieL'eaue d'Espoir que ne cesse tirer, Soif de Confort la me fait desirer, Quoy que souvent je la trouve tarie. Necte la voy ung temps et esclercie, Et puis après troubler et empirer, L'eaue d'Espoir…
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Petit mercier, petit panierPourtant si je n'ai marchandise Qui soit du tout à votre guise, Ne blâmez, pour ce, mon métier. Je gagne denier à denier, C'est loin du trésor de Venise, Pourtant si je n'ai marchandise... Et tandis…
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Pourquoi m'as tu vendu, JeunessePourquoy m'as tu vendu, Jeunesse, A grant marchié, comme pour rien, Es mains de ma dame Viellesse Qui ne me fait gueres de bien ? A elle peu tenu me tien, Mais il convient que je l'endure, Puis que…
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Puis ça, puis làPuis ça, puis la, Et sus et jus, De plus en plus, Tout vient et va. Tous on verra, Grands et menus, Puis ça, puis la, Et sus et jus. Vieuls temps desja S'en sont courus, Et neufs venus, Que dea ! que…
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Quant vint a la prochaine festeQu'Amours tenoit son parlement, Je lui presentay ma requeste Laquelle leut tresdoulcement, Et puis me dist : « Je suy dolent (1) Du mal qui vous est avenu, Mais il n'a nul recouvrement, Quant la mort…
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Quelque chose que je dis d'amourQuelque chose que je dis D'amour, non de son pouvoir. Toutefois, pour dire voir, J'ai une Dame choisie, La mieux en bien accomplie Que l'on puisse jamais voir. Quelque chose que je dis D'amour, non…
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Que me conseillez-vous, mon coeurIrai-je par devers la belle Lui dire la peine mortelle Que souffrez pour elle en douleur ? Pour votre bien et son honneur, C'est droit que votre conseil celle. Irai-je par devers la belle ? Si pleine…
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Que nous en faisons de telles manièresQue nous en faisons De telles manières, Et douces et fières, Selon les saisons ! En champs ou maisons, Par bois et rivières, Que nous en faisons De telles manières ! Un temps nous taisons, Tenant…
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Qui a toutes ses hontesIl ne lui chault que l'en lui die, Il laisse passer mocquerie Devant ses yeulx, comme les nues. S'on le hue par my les rues, La teste hoche a chiere lie. Il ne lui chault que l'en lui die. Truffes…
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Qui ? quoi ? comment ? a qui ? pourquoiQui ? quoy ? comment ? a qui ? pourquoy ? Passez, presens ou avenir, Quant me viennent en souvenir, Mon cueur en penser n'est pas coy. Au fort, plus avant que ne doy Jamais je ne pense enquerir : Qui…
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Votre bouche dit : Baisez-moiVostre bouche dit : Baisiez moy, Ce m'est avis quant la regarde ; Mais Dangier de trop prés la garde, Dont mainte doleur je reçoy. Laissiez m'avoir, par vostre foy, Un doulx baisier, sans que plus…
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Ballades, de Charles d'OrléansCe recueil de poésies vous propose 18 ballades de Charles d'Orléans , poète français né à Paris le 24 novembre 1394 et mort à Amboise, dans l'Indre-et-Loire, le 5 janvier 1465.
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