André Lemoyne
Poèmes de André Lemoyne (61)
Classés par titre (A–Z).
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À Auguste PointelinDans un siècle de fer, de houille et de vapeur, La vie est rude, hélas ! pour le paysagiste. Si la gloire est souvent un mirage trompeur, La foi ne s'éteint pas dans un vrai cœur d'artiste. Par…
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Amours d'oiseauxÀ Philippe Gille. I. Deux ramiers voyageurs, emperlés de rosée, Ont abattu leur vol au bord de ma croisée Ouverte à l'orient... Je les ai reconnus, Car chez moi, l'an passé, tous deux étaient venus.…
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AprèsÀ Joseph Bertrand. Quand un ardent soleil s'éleva de la plaine, Tous les glorieux morts n'étaient pas enterrés : Habits galonnés d'or et capotes de laine S'étalaient par lambeaux richement éclairés.…
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Aquarelle d'éventailÀ madame Hector Calot. I. À mi-juin, quand les fruits rougissent dans nos bois, Pour le bec des oiseaux quand la cerise est mûre, Le beau loriot chante — on reconnaît sa voix — Comme un ruisseau…
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À Saint-Georges-sur-MerÀ Gabriel Audiat. Pourquoi donc m'en irais-je aux pays transalpins, Quand tout charme les yeux dans ma forêt de pins ? Pourquoi fuir en ingrat cet heureux coin du monde Où le vieil Océan épouse la…
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À Sully PrudhommeCombien connaissez-vous d'hommes vraiment heureux Sur le globe terrestre ? — A part moi, quand je songe Aux élus qui du ciel ont tout reçu pour eux, Je n'en trouve qu'un seul... Il vivait en…
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Au bord de la forêtÀ Madame Sureau-Bellet. I. L'hirondelle frileuse au loin s'était enfuie. Sous les dernières fleurs, les papillons mouraient. Près des étangs voilés où crépitait la pluie, Sur des eaux sans miroir les…
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À un chanteur italienBonne étoile et bon vent, fortuné voyageur, Qui t'en vas sous le ciel des îles Borromées, Où de grands orangers, aux bords du lac Majeur, Se mirent dans le bleu profond des eaux charmées. Tu…
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À une chanteuse des ruesPetite zingarelle à voix d'or, tu nous charmes, Et nous ouvrons l'oreille à tes enchantements. Ton accent pur va droit à la source des larmes Et réveille en nos cœurs de longs échos dormants. Sous…
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Aux Champs ÉlyséensÀ Henri Brisson. Quand l'astre de la nuit sur nos forêts se lève. Endormi sur la mousse, au parfum des fraisiers, Je fis, au clair de lune, un paisible et long rêve, Tandis qu'un rossignol chantait…
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À Victor HugoÔ grand charmeur du siècle et des peuples nouveaux, Pourquoi te reléguer dans ces pâles ténèbres, Sous l'oblique faux jour de ces étroits caveaux, Pour les morts d'autrefois classiquement funèbres ?…
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BaigneuseSi je suis reine au bal dans ma robe traînante, Noyant mon petit pied dans un flot de velours, Je suis belle en sortant de mes grands cerceaux lourds : Je n'ai rien à gagner dans leur prison gênante.…
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BerceuseSein maternel au pur contour, Veiné d'azur, gonflé d'amour, Ton lait s'échappe d'une fraise Où la soif de vivre s'apaise, Où l'enfant boit, souriant d'aise. Sein maternel, doux oreiller, Où,…
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Causerie d'atelierÀ Georges Lafenestre. LE PEINTRE. À quoi donc penses-tu, mon pauvre statuaire, D'une rêveuse main tenant ton ébauchoir ? Reviens-tu de pétrir un masque mortuaire ? As-tu l'esprit hanté par un…
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ChansonÀ Francis Magnard. Le présent, le passé, l'avenir d'une femme, Des gens fort sérieux prétendent tout avoir. Ils prendraient volontiers son image au miroir, Au papillon son aile, au diamant sa flamme.…
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Chanson marineNous revenions d'un long voyage, Las de la mer et las du ciel. Le banc d'azur du cap Fréhel Fut salué par l'équipage. Bientôt nous vîmes s'élargir Les blanches courbes de nos grèves ; Puis, au cher…
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Cœur de soldatÀ Léo Hector Claretie. Tu dois venir de loin, pauvre petit troupier, Mince, pâle, amaigri, traînant ta jambe lasse ? — Je viens de Ploërmel (la route est longue à pied) Et ma dernière étape est au…
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Côtes de SaintongeÀ Etienne Clais. Comme un orgue lointain sur une immense grève, Bruit du flot qui recouvre un lit de sable fin, Et toujours recommence et jamais ne s'achève, La mer, la vaste mer se déroulait sans…
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Crépuscule d'hiverÀ Madame François Wells. En se couchant au fond de la grande avenue, Le soleil disparaît dans un ciel pourpre et noir ; Et, de la tête aux pieds, la haute forêt nue Profondément tressaille au premier…
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DormeuseÀ Gustave Godard. Le soleil du matin tombe en bruine d'or À travers les rideaux de blanche mousseline : C'est comme un fin brouillard de lumière en sourdine Éclairant l'oreiller d'une blonde qui…
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Échos forestiersÀ Léonce Bénédite. Dans ma vieille forêt, au canton des fougères, Sur un chêne tombé je m'arrête souvent ; Le regard se complaît à ces frondes légères Dont la pâle verdure oscille au moindre vent.…
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Fin d'avrilÀ Joseph Boulmier. Le rossignol n'est pas un froid et vain artiste Qui s'écoute chanter d'une oreille égoïste, Émerveillé du timbre et de l'ampleur des sons : Virtuose d'amour, pour charmer sa…
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Fleurs d'avrilÀ André Theuriet. Le bouvreuil a sifflé dans l'aubépine blanche ; Les ramiers, deux à deux, ont au loin roucoulé, Et les petits muguets, qui sous bois ont perlé, Embaument les ravins où bleuit la…
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Fleur solitaireÀ Madame de Bertha. Par un soir ténébreux de l'arrière-saison. Dans un coup de rafale une graine emportée, Tombant contre les murs d'une haute prison, Entre de vieux pavés mal joints s'est arrêtée.…
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Grandes eauxÀ Charles Deulin. Elle sort de son lit, la Marne aux eaux boueuses. Les saules ébranchés que l'on voit sur deux rangs, Pris dans le tourbillon jaunâtre des courants, Marquent les anciens bords de…
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Jours futursÀ Ernest Benjamin. LE POÈTE. En quel temps vivons- nous, mon pauvre philosophe ? LE PHILOSOPHE. Dans un siècle d'argent qui bientôt doit finir. LE POÈTE. D'une tranquille mort, sans bruit ni…
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La batailleÀ Léo Joubert. Là-bas, vers l'horizon du frais pays herbeux Où la rivière, lente et comme désœuvrée, Laisse boire à son gué de longs troupeaux de bœufs, Une grande bataille autrefois fut livrée.…
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La cigale et la fourmiSUR UN TABLEAU DE H. BACON. À Félix Jeantet. Au mois d'août, vers la fin d'une claire vesprée, L'ombre des grands ormeaux s'allonge dans la prée, Et le dernier adieu des chauds soleils couchants…
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L'avenirÀ Cyprien Girerd. LE POÈTE. Philosophe aussi pur que les sages antiques, Si tu daignes m'entendre, écoute et réponds-moi Les poètes n'ont plus les accents prophétiques De leurs divins aïeux ; Maître,…
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La veuveÀ Armand Silvestre. I. Le sourire est en fleur sur les lèvres des belles, Dans la saison d'avril et des robes nouvelles. — Salut, ô rubans clairs, guimpes et cols brodés, Bonnets aériens !... toute…
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Le chemin des pleursÀ Madame Cousinery. Lorsque, portant sa croix, Jésus de Nazareth, Traîné sur le Calvaire, en gravissait la côte, Trébuchant dans sa robe écarlate, il pleurait Sur la route pierreuse... Elle était…
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Le retourÀ Leconte de Lisle. I. Quand on vieillit, on aime à lire l'Odyssée, Comme on aimait, enfant, Robinson Crusoé, Le berceau de Moïse et l'arche de Noé Achevant sur les monts sa haute traversée. Et quand…
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Les charmeusesÀ Jules Claretie. LES NAGEURS. Ô filles de la mer, loin des bords égarées, Quand les flots s'empourpraient aux lueurs du couchant, Nous avons entendu votre merveilleux chant Épanouir en chœur ses…
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Les gardiens du feuÀ Saint-René Taillandier. I. En décembre les jours sont de courte durée, Notre zone brumeuse est à peine éclairée : À la pointe du Raz, dès quatre heures du soir, Le soleil tombe en mer, la nuit…
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L'étoile du bergerÀ Sainte-Beuve. LE BERGER. Étoile du berger, si tu voulais m'entendre, Toi qui brilles là-haut comme un pur diamant ; Où mon œil n'atteint pas, ton regard peut descendre. Par cette belle nuit tu…
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LiliaÀ Théodore de Banville. Le char s'en va, conduit par quatre chevaux blancs, Sans taches, deux de front, tous quatre ressemblants. L'hiver a déroulé son grand tapis de neige, Où des vierges sans bruit…
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MarineÀ L. G. de Bellée. Au fond d'un lointain souvenir, Je revois, comme dans un rêve, Entre deux rocs, sur une grève, Une langue de mer bleuir. Ce pauvre coin de paysage Vu de très loin apparaît mieux,…
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Matin d'hiverÀ Mademoiselle Marguerite Coutanseau. La neige tombe en paix sur Paris qui sommeille, De sa robe d'hiver à minuit s'affublant. Quand la ville surprise au grand jour se réveille, Fins clochers, dômes…
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Matin d'octobreÀ Jules Breton. Le soleil s'est levé rouge comme une sorbe Sur un étang des bois : — il arrondit son orbe Dans le ciel embrumé, comme un astre qui dort ; Mais le voilà qui monte en éclairant la…
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NocturneÀ Madame Fernand Barthe. LA CÉTOINE-EMERAUDE. Quand la lune apparaît, silencieuse amie, Dans le cœur embaumé d'une rose endormie Je me blottis sans crainte et jusqu'au lendemain. LE CRIOCÈRE. Moi,…
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Nuit tombanteÀ Jules de Blanzay. Dans les eaux sans reflet d'une boueuse mare, Le froid soleil d'hiver, brusquement descendu, Comme un astre honteux de sa lumière avare. Sous un tas de roseaux frissonnants s'est…
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Paix aux mortsVous qui dormiez en paix dans le sein de la terre, Au vaste champ des morts, heureux d'être oubliés, On fouille vos cercueils dans leur profond mystère : Les secrets de vos cœurs vont être publiés.…
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PastoraleÀ Henri Boutet. Deux grands bœufs vendéens à robe jaune pâle, Traînant un lourd charroi d'arbres mal équarris, Que mène un fier garçon tout bronzé par le haie Et les soleils marins, sont entrés dans…
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Paysage de nuitÀ Jules Berge. C'est un dimanche soir. — Un large clair de lune Étale son argent sur la grève et la dune. La mer baisse... On entend comme un orgue lointain Dans la rumeur du flot qui jamais ne…
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Paysage normandÀ Ernest Chesneau. J'aime à suivre le bord des petites rivières Qui cheminent sans bruit dans les bas-fonds herbeux. À leur fil d'argent clair viennent boire les bœufs, Et tournoyer le vol des jaunes…
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PrintempsÀ Adolphe Magu. Les amoureux ne vont pas loin : On perd du temps aux longs voyages. Les bords de l'Yvette ou du Loing Pour eux ont de frais paysages. Ils marchent à pas cadencés Dont le cœur règle…
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PromenadeLace tes brodequins, ma belle, et partons vite. Noue en un seul bouquet tes cheveux châtain-clair. Nous irons par les bois. — Le ciel bleu nous invite. C'est déjà le printemps qu'on respire dans…
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Propos aériensÀ madame Ernest Courbet. LE PAPILLON. Où t'endors-tu, le soir, pauvre petite abeille, Butineuse des fleurs, qui t'en vas picorant Dès la pointe du jour, quand l'aube se réveille, Jusqu'au dernier…
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RetourÀ Alex de Bertha. L'absent qu'on n'osait plus attendre est revenu. Sans bruit il a poussé la porte. Son chien, aveugle et sourd, au flair l'a reconnu, Et par la grande cour l'escorte. L'enfant blond…
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Rêve d'oiseauÀ Mademoiselle Bertbe Wells. Sous les fleurs d'églantier nouvellement écloses, Près d'un nid embaumé dans le parfum des roses, Quand la forêt dormait immobile et sans bruit, Le rossignol avait chanté…
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Rosaire d'amourJ'aime tes belles mains longues et paresseuses, Qui, pareilles au lis, n'ont jamais travaillé, Mais savent le secret des musiques berceuses Qui parlent à voix lente au cœur émerveillé. — J'aime tes…
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Sara la chanteuseÀ Gustave Droz. La petite Sara, la brune guitariste, Qui se recueille au bruit de sa robe en marchant, Possède une vois d'or dans un gosier d'artiste Et m'accepte parfois comme écuyer tranchant. Elle…
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Soirée d'hiverÀ Édouard Leconte. Au coucher du soleil, toute la forêt semble Dans le recueillement : touffes de chênes roux, Petits genévriers, maigres buissons de houx, N'ont pas dans la lumière une feuille qui…
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Sous les hêtresÀ Francis Blin. Las du rail continu, du sifflet des machines, Conduit par mes deux pieds, comme un simple marcheur, J'aime à vivre en plein bois dans l'herbe des ravines, Enveloppé d'oubli, de calme…
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Symphonie équestreÀ Henri Chantavoine. Au printemps de la jeune et belle Antiquité, Quand le maître des Dieux laissait le jour éclore, Aux bords de l'Orient, d'où jaillit la Clarté, Les chevaux d'Apollon hennissaient…
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Trois vieillesI. Le prêtre avait béni l'enfant qu'on enterrait... — Trois vieilles sœurs buvaient au fond d'un cabaret. Depuis dix ans les sœurs ne s'étaient rencontrées Qu'une fois ; les soleils de Paris sont…
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Une page de l'enferÀ François Coppèe. I. Lorsque Dante, égaré dans un âpre chemin, Marchait, sans le savoir, aux ténébreux abîmes, Virgile, comme un frère, y vint prendre la main Du sombre évocateur qui parle en…
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Vains regretsÀ Adolphe Brisson. Je mourrai sans avoir la petite maison Qui voit sa claire image aux bords d'une eau courante Sous l'abri de la haute et large feuillaison D'un vieux saule trempant son pied dans la…
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Vieux logisÀ D.-U.-N. Maillart. Dans un cher souvenir de vos jeunes années, Ne regrettez-vous pas ces hautes cheminées Où l'âtre, réjoui par un grand feu de bois, Réchauffait, en flambant, nos maisons…
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Vieux moulinsÀ Alfred Barthe. En pays de Saintonge, où nos meilleures vignes Sont, comme au champ d'honneur, mortes en droites lignes, Sous le fléau terrible, on voit encor souvent, Dominant les hauteurs, un…
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Vol d'oiseauxÀ David Sauvageot. I. Les cygnes migrateurs qui passent dans les airs, Pèlerins de haut vol, fiers de leurs ailes grandes, Sont tout surpris de voir tant d'espaces déserts : Des steppes, des marais,…
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